LEMONDE.FR | 29.06.09 | 21h13  •  Mis à jour le 29.06.09 | 22h15

e projet de loi Loppsi 2, qui sera débattu dans les prochaines semaines, devrait s’imposer comme le super-outil de filtrage et de traçage du Net. Au coeur de ce dispositif de lutte contre la criminalité, Périclès, un plateforme névralgique pour les données personnelles.

Apparue et adoptée en 2002, la première loi Loppsi prévoyait un arsenal juridique destiné à endiguer l’accroissement de la délinquance et de la criminalité. Sa première mise en application, la loi sur la sécurité intérieure, votée en 2003, concernait plus spécifiquement la criminalité “classique”. Depuis, il fallait prendre en compte la formidable montée en puissance des réseaux – et la montée, liée, de la cyberdélinquance – mais aussi les avantages d’une quasi-totale informatisation des données concernant les citoyens. La Loppsi, 2e du nom, et ses “super-fichiers” croisés ont alors été pensés.

Selon les informations obtenues par le Figaro, le fonctionnement et le champ de recoupement de Périclès, devenu récemment AJDRCDS (Application judiciaire dédiée à la révélation des crimes et délits en série), a été précisé. Seuls les magistrats et gendarmes ou policiers habilités judiciairement et formés à Périclès auront la possiblité de travailler sur la plate-forme, qui ne sera accessible que par une combinaison de code et mot de passe nominatifs. Une fois identifié, l’utilisateur pourra à loisir taper sa requête en précisant le ou les fichiers à interroger.

RECOUPEMENTS À LA CARTE

A la palette des quarante-cinq fichiers (référencés dans le nouveau rapport Bauer – décembre 2008, voir ci-dessous) d’ores et déjà disponibles au ministère de l’intérieur, tels les fichiers d’antécédents judiciaires et traitement des infractions constatées (STIC, Judex) ou bases de permis de conduire ou cartes grises, pourront s’ajouter – sur demande des enquêteurs et par réquisition accélérée – certains autres fichiers administratifs comme ceux des douanes, du fisc ou de la Sécurité sociale par exemple. A noter au passage que de 34 en 2006, ces fichiers sont passés à 45 en 2008, et seront bientôt augmentés d’une douzaine supplémentaire “en cours de préparation” selon le rapport Bauer, vraisemblablement pour 2010.

Dernière nouveauté en date, l’adjonction dans les possibilités de croisement des éléments visibles sur la Toile – dits “sources ouvertes” – que chaque internaute peut laisser – parfois sans s’en rendre compte – sur les sites de socialisation (tels Facebook ou MySpace), mais aussi pages personnelles ou blogs (accessibles par simples requêtes sur moteurs de recherche classiques comme Google). A l’image de l’expérimentation du fichier Herisson (Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées) par la Direction générale de l’armement, une masse non négligeable d’informations peut être collectée légalement par ce moteur de recherche “super-renifleur” qui dresse un portrait-robot numérique de chaque individu.

FACEBOOK ET GOOGLE EN COMPLÉMENT

Et les recoupements ne s’arrêteraient pas là. Toujours sur demande et pour les besoins de l’enquête, il sera alors possible – ce qui est déjà le cas pour certaines affaires – de demander aux opérateurs de téléphonie les numéros d’identification des portables se trouvant dans une zone précise et ayant passé une communication à un moment donné. Idem pour le GIE Cartes bancaires, qui fournirait les listes de retraits d’argent par Carte bleue dans un périmètre déterminé. Ces demandes ne sont pas nouvelles, mais la possibilité de recoupements d’identités grâce à Périclès l’est. La convergence des données augmente les chances de réussite d’une identification.

Une seule limite à tout ce futur arsenal, son utilisation qui serait limitée aux délits passibles d’au moins 5 ans d’emprisonnement, le tout afin “d’étendre l’utilisation des fichiers de police judiciaire à la lutte contre la délinquance la plus nombreuse et la plus répétée pour permettre aux officiers de police judiciaire de bénéficier des nouvelles capacités de rapprochement et de traitement de la sérialité“, comme le décrit le projet en préambule. Et déjà, ça et là, quelques initiatives tentent de résister à ce fichage massif.

Olivier Dumons

Liste des principaux fichiers nationaux de police et gendarmerie
AGADIR (Direction générale des finances publiques, contrôle fiscal)
AGDREF (application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France)
AGRIPPA (Application nationale de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d’armes)
ANACRIM (logiciel d’analyse criminelle)
ARAMIS (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes)
BB2000 (Bureautique Brigade 2000)
CIBLE (comparaison et d’identification balistique par localisation des empreintes)
COG-RENS (centres opérationnels et de renseignement de la gendarmerie)
DELPHINE (premier traitement de données biométriques à visée administrative en France)
FAC (automatisé des casinos et salles de jeux)
FAED (empreintes digitales)
FAR (alphabétique des renseignements)
FBS (brigades spécialisées)
FCA (central des automobiles)
FDST (direction de la surveillance du territoire, christina)
FICOBA (Comptes Bancaires et Assimilés)
FICP (national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers)
FIJAIS (judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles)
FIP (centre national d’analyse d’images pédopornographiques)
FIT (informatisé du terrorisme)
FNAEG (empreintes génétiques)
FNCI (national des cartes d’identité)
FNFM (faux monnayage)
FNI (national des immatriculations)
FNPC (national des permis de conduire)
FNPE (personnes nées à l’étranger)
FNT (national trans-frontières)
FOS (objets signalés)
FPIS (personnes interdites de stade)
FPR (personnes recherchées)
FRG (renseignements généraux, EDVIRSP, ex-Edvige)
FS-PORA (suivi des personnes faisant l’objet d’une rétention administrative)
FSCP (Service Centrale des Prélèvements biologiques)
FTIVV (traitement des images des véhicules volés)
FTPJ (travail de la police judiciaire)
FVVS (véhicules volés et signalés)
GERFAUT (Gestion électronique des reconduites à la frontière audiencées en urgence par les tribunaux)
HOPSY (internements psychiatriques)
INSEE (Répertoire national d’identification des personnes physiques)
JUDEX (Système de traitement des infractions constatées de la gendarmerie nationale)
PULS@R (projet Andromede gendarmerie)
RMV 2 (réseau mondial des visas 2)
SALVAC (système d’analyse des liens de la violence associée aux crimes)
SCPPB (service central de préservation des prélèvements biologiques)
SDRF (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes sans domicile ni résidence fixe)
SIS (système d’information Schengen, France)
STIC (système de traitement des infractions constatées de la police nationale)
RAPACE (Répertoire Automatisé Pour l’Analyse des Contrefaçons de l’Euro)

Lors de réunions, certains collaborateurs ont l’art de semer la pagaille que ce soit en bavardant avec leur voisin ou en tapotant sur le clavier de leur laptop. Voici comment garder la main quoi qu’il arrive.

Insistez dès le début sur l’importance de la présence de chacun. Quelques jours avant la réunion, envoyez les points qui seront à l’ordre du jour et précisez ce que vous attendez ce chaque collaborateur.

Donnez la parole aux auditeurs dissipés. N’hésitez pas à interrompre la réunion et à réclamer un peu d’attention. Exigez par exemple que tous les portables soient éteints. Mobilisez les turbulents et les rêveurs en sollicitant leur avis sur ce qui vient d’être dit.

Recadrez les contestataires. Donnez la parole à votre opposant et proposez-lui de s’expliquer brièvement. Quelle est la cause de sa mauvaise humeur ? Par quoi est-il gêné ? Si les griefs que la personne formule à votre encontre sont partagés par l’équipe, donnez la parole aux autres de manière à engager un dialogue. En revanche, lorsque les reproches relèvent davantage d’une vindicte personnelle, dites tranquillement au contestataire que vous discuterez avec lui plus tard en tête à tête.

Des conflits de personnes ? Reportez la réunion. Lorsqu’une forte opposition s’exprime entre deux collègues, ne prenez pas fait et cause pour l’un ou l’autre. Ramenez la discussion sur un terrain concret, cela devrait suffire à calmer le jeu. En cas d’échec, mettez carrément un terme à la réunion. Et, à l’avenir, anticipez. Idéalement, les points très sensibles doivent faire l’objet d’une rencontre préalable.

Tout savoir sur le cancer colorectal

L’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC) publie une sur le cancer colorectal. Avec 38 000 nouveaux cas chaque année en France, c’est le troisième cancer le plus fréquent après ceux de la prostate et du sein.

Quels en sont les facteurs de risque et les symptômes ?

En quoi consiste le dépistage ?

Sur quels examens repose le diagnostic ?

Quels sont les traitements et leurs effets secondaires, les espoirs de la recherche ?

Extrêmement complet, ce guide répond à toutes vos questions. Vous y apprendrez notamment que d’importants progrès ont été réalisés ces dernières années, tant sur le plan diagnostique que thérapeutique.

Comme le souligne l’ARC, « ce cancer se soigne bien à condition d’être détecté précocement. En effet lorsqu’il est dépisté tôt, il peut être guéri neuf fois sur dix ». C’est pourquoi l’Association a souhaité avec cette brochure, sensibiliser le grand public au dépistage.

Cette dernière est également disponible sur www.arc.asso.fr à la rubrique « Mieux nous connaître » ou sur simple demande à l’ARC par téléphone au 01 45 59 59 09.

A en croire le succès rencontré par les Journées portes ouvertes organisées sur le même sujet par la Fondation ARCAD (Aide et Recherche en Cancérologie digestive), cette information répond à une demande réelle du public.

Source : ARC, 3 juin 2009

Un ethnologue new-yorkais reçoit un jour à Manhattan un de ses vieux amis sioux. Et comme à grand-peine ils cheminent dans la cohue des gens, des voitures hurlantes, des gyrophares policiers, bref dans l’ordinaire boucan d’une avenue crépusculaire, à l’heure de pointe, le Sioux s’arrête soudain au coin d’une rue, tend l’oreille et dit :

- Tiens, j’entends un grillon.

Son ami s’étonne.

- Un grillon ? Laisse tomber, mon vieux, tu rêves. Entendre un grillon, à New York, dans ce vacarme ?

- Attends, dit l’autre.

Il va droit à l’angle d’un mur. Dans une fente de béton poussent des touffes d’herbe grise. Il se penche, puis s’en revient. Au creux de sa main, un grillon.

- Alors ça, bafouille l’ami, abasourdi, c’est incroyable. Une ouïe fine à ce point-là, c’est un truc de sorcier, ou quoi ?

- Pas du tout, répond le Sioux. Chacun entend ce qui l’habite et ce qui importe dans sa vie. Facile à démontrer.

Regarde.

Il sort quelques sous de sa poche et les jette sur le trottoir. Tintements brefs, légers, fugaces. Dans la bousculade autour d’eux, tandis que les voitures, au feu du carrefour, klaxonnent, démarrent, rugissent, dix, quinze têtes se retournent et cherchent de l’oeil, un instant, ces pièces de monnaie qui viennent de tomber.

- Voilà, c’est tout, dit le Sioux.


Source : Henri Gougaud

La clé pour arriver à mieux se comprendre mutuellement, c’est de bien communiquer. Donc de faire des efforts pour vous mettre à la place de votre compagnon.

Première règle : lorsque vous êtes en pleine dispute ou que vous essayez d’aborder un sujet qui fâche, préférez le “je” au “tu”. C’est franchement moins agressif. Et l’effet immédiat, c’est que votre compagnon ne se sentira pas en position défensive, il sera plus enclin à vous écouter et donc éventuellement à accepter vos reproches.

Seconde règle : bannissez de votre vocabulaire les “jamais”, les “toujours”, les “rien”, les “tout le temps”, etc. Bref, faites des efforts pour être moins extrême dans vos propos. Là aussi, un peu de nuance aidera à coup sûr votre homme à entendre et peut-être à accepter votre demande.

Petits exercices pratiques

Avant vous disiez “tu ne m’écoutes jamais” (c’est faux et il ne manquera pas de vous le faire remarquer, ce qui évitera d’aborder le problème), maintenant vous direz “quand on parle, j’ai parfois l’impression que tu es ailleurs”.

Avant vous disiez “tu ne m’achètes jamais de fleurs” (ce qui est encore faux, donc quand même très démotivant pour lui), maintenant vous direz “ça me ferait plaisir si tu m’offrais plus souvent des fleurs”.

Encore deux autres petits exercices pratiques…

La prochaine fois que vous vous disputerez, essayez la tactique suivante : plutôt que de le mettre dans une position de fautif et de chercher absolument un responsable, essayez de vous placer au même niveau que lui et d’admettre que vous avez tous les deux votre part de responsabilité.

La prochaine fois qu’il fera un effort, ne vous dites pas intérieurement “c’est pas trop tôt” ou “c’est un début”, dites-lui que vous êtes contente et que vous appréciez qu’il fasse des efforts pour vous. Vous n’imaginez pas comme vous gonflerez son ego. Il sentira que ses efforts sont utiles et il sera fier de vous satisfaire. Bref, ça l’encouragera !

Non seulement le laboratoire Eli Lilly & Co a-t-il fait la promotion de son médicament antipsychotique Zyprexa (olanzapine) pour un usage non approuvé (”off-label use”), celui du traitement de symptômes liés à la démence chez les personnes âgées, mais il l’a fait malgré sa connaissance d’au moins 7 études qui montraient que le médicament était inefficace dans cette utilisation.

Pire, ces études montraient aussi un nombre de décès nettement plus élevé chez les personnes qui prenaient le médicament que chez celles qui prenaient un placebo.

Rappelons que la prescription “off-label” de médicaments pour des indications pour lesquelles ils n’ont pas été approuvés (”off-label”) par les médecins est légale mais que le marketing de telles utilisations par les compagnies pharmaceutiques n’est pas légal parce que les bénéfices par rapport aux risques n’ont pas été démontrés.

Eli Lilly a plaidé coupable en janvier dernier d’avoir fait le marketing du Zyprexa pour des utilisations “off-label” chez des Américains âgés entre 1999 et 2001.

D’autres révélations ont été faites dans le cadre d’un procès se déroulant dans le district de New York contre Eli Lilly dans lequel des régimes de retraite et des compagnies d’assurance de soins de santé cherchent à récupérer les sommes dépensées pour l’achat de Zyprexa pour leurs clients.

Eli Lilly prétend que le marketing “off-label” pour la démence chez les personnes âgées a pris fin en 2001. Mais les groupes qui poursuivent affirment que, selon les propres emails et documents internes de la compagnie, le Zyprexa a continué à être promu auprès des médecins qui traitaient des personnes âgées après 2001, rapporte l’agence de nouvelles Bloomberg.

Des notes des représentants des ventes en 2003, notamment, témoignent d’efforts pour encourager les médecins à prescrire le Zyprexa pour des symptômes de l’humeur, l’irritabilité, l’hostilité, la pensée confuse et l’insomnie chez les personnes âgées sans toutefois continuer à mentionner la démence.

“Les assureurs et les autres tiers payeurs considèrent que Lilly devrait payer jusqu’à $6.8 milliards de dollars en dommages pour avoir minimisé les risques pour la santé du Zyprexa, incluant la prise de poids excessive et le risque de développer le diabète ainsi que pour la promotion d’usage non approuvé afin de gonfler les profits”, indique Bloomberg.

Des documents internes montrent une minimisation des effets secondaires : “Reconnaissez le gain de poids mais présentez-le comme un effet secondaire gérable”, conseillait Lilly à ses vendeurs. “Avec la plupart des consommateurs, nous ne continuerons à parler de la préoccupation au sujet du diabète que lorsque le sujet sera soulevé”.

Enfin, des documents soumis à la cour montreraient aussi que les employés de Lilly ont écrit un certain nombre d’études médicales qui démontraient l’efficacité du Zyprexa. Les études étaient ensuite soumises à des revues médicales et publiées sous le nom de médecins qui acceptaient de signer ces études.

Les 7 études qui ne montraient pas d’efficacité du Zyprexa pour la démence n’ont pas été publiées dans des journaux médicaux.

Lilly fait face à des poursuites concernant le marketing du Zyprexa dans une douzaine d’États.

Le Zyprexa est le médicament le plus rentable de Eli Lilly, représentant des ventes internationales de $4,7 milliards de dollars en 2008 et 30% de toutes les ventes d’antipsychotiques aux États-Unis. Ce médicament a d’abord été approuvé en 1996 pour le traitement de la schizophrénie puis en 2000 pour le traitement de la phase de manie du trouble bipolaire.

Sources : Psychomédia, Blomberg, Boston Globe

La folie, c’est de faire tout le temps la même chose
et de s’attendre à un résultat différent″


Albert Einstein

l est rare que le Conseil constitutionnel censure les dispositions centrales d’une loi, au point de la vider de sa substance. Il ne le fait que lorsque les libertés fondamentales, dont il est le garant ultime, sont en jeu. C’est le sens de sa décision du 9 juin à l’encontre du projet de loi “Création et Internet”.

Objet de controverses infinies et de débats parlementaires laborieux, ce texte visait à endiguer le développement massif des échanges illégaux, sur Internet, de films et de titres musicaux, afin de protéger le droit des auteurs. Une surveillance étroite de la Toile était donc prévue pour repérer les “pirates”, ainsi qu’un système de “riposte graduée” : après deux avertissements, le téléchargeur pourrait se voir couper son abonnement à Internet, sanction prononcée par une nouvelle autorité administrative, la Haute Autorité de protection des droits sur Internet (Hadopi).

C’est ce dispositif de sanction par l’Hadopi que les juges constitutionnels ont censuré, au terme d’un réquisitoire sans appel. Invoquant, d’une part, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, qui fait de “la libre communication des pensées et des opinions un des droits les plus précieux” et soulignant, d’autre part, “l’importance prise par les services en ligne pour la participation à la vie démocratique et l’expression des idées et des opinions”, ils ont en effet jugé que ce droit “implique la liberté d’accès” à Internet.

A leurs yeux, porter atteinte à cette liberté est une prérogative trop grave pour être confiée à une autorité administrative, et non à la justice.

C’est donc la philosophie même de la loi – dépénaliser la chasse aux “pirates” pour la faciliter et la généraliser – qui est récusée. En outre, le Conseil a jugé qu’en obligeant l’internaute à prouver qu’il n’est pas responsable d’un éventuel téléchargement illégal, la loi renverse la charge de la preuve et introduit une “présomption de culpabilité”, contraire au principe fondamental de la présomption d’innocence.

Sans même se préoccuper des risques techniques de contournement de la loi, qui rendaient déjà improbable son application effective, le Conseil a tranché sur la base de principes fondamentaux. Et incontestables.

Pour Internet, c’est la reconnaissance de son rôle désormais essentiel dans l’espace démocratique.

Pour le président de la République, qui en avait fait une cause personnelle, c’est un camouflet cinglant.

Pour les créateurs et les auteurs, c’est une Berezina.

Pour tous, le casse-tête reste entier : comment rémunérer et protéger les artistes à l’âge d’Internet.


Article paru dans l’édition du Monde du 12.06.09

Mardi le 9 juin à 20h35, France 5 a diffusé le documentaire Les Médicamenteurs (rediffusion dimanche le 21 juin à 21 h 30).

Alors que la France

détient le record du monde de consommation de médicaments,

ce documentaire enquête sur

les pratiques douteuses de l’industrie pharmaceutique

Le documentaire de 52 minutes, réalisé par Brigitte Rossigneux, journaliste au Canard enchaîné, et coréalisé par Stéphane Horel et Annick Redolfi, constitue un sévère réquisitoire contre les rouages de cette industrie.

Il démarre avec l’exemple du Vioxx. “Si ce scandale a marqué les esprits, il n’a pas pour autant mis fin aux pratiques douteuses des géants pharmaceutiques. Essais cliniques tronqués, publications médicales biaisées, experts rétribués, marketing forcené, médecins harcelés… Tout est bon pour vendre un médicament.

Les enquêteurs mettent notamment au jour les défaillances des divers organismes de contrôle qui “loin d’assurer leur rôle de garde-fous, (…) participent à alimenter les appétits des labos”.

“Illustration avec l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Cette autorité délivre entre autres les autorisations de mise sur le marché (AMM). Sa « première priorité est la régulation du marché et de la santé des firmes pharmaceutiques, et non la santé des hommes », affirme le rédacteur en chef de Prescrire, seule revue médicale à pouvoir se targuer d’être indépendante. Et pour cause : le budget de la commission d’AMM est alimenté à 80 % par les laboratoires. Quant à ses experts, (…) ils collectionneraient des contrats avec les entreprises dont ils sont censés évaluer les produits.

Autre exemple : la Haute Autorité de santé (HAS), l’organisme qui évalue l’intérêt médical des médicaments. Si 75 % d’entre eux décrochent leur AMM, qu’en est-il de leur efficacité ? De la bouche du président de la HAS, on apprend que « ceux qui représentent une réelle avancée thérapeutique se comptent sur les doigts d’une main ». Ce qui n’empêchera pas les géants pharmaceutiques de commercialiser, à grand renfort de publicité, un produit aux effets peu innovants. Ainsi, le Plavix est devenu l’anticoagulant le plus prescrit au monde, alors qu’il présente « la même efficacité que l’aspirine »Pour un prix vingt-sept fois supérieur !

Le président du Formindep (pour une formation et une information médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients) est l’invité de l’émission pour introduire et commenter le film.

Source:
France 5

Le trouble de la personnalité limite (borderline) pourrait être sous-diagnostiqué selon une étude de l’École de médecine du Mont Sinai (New York) présentée au congrès annuel de l’American Psychiatric Association. L’étude portait sur les antécédents de diagnostics et de traitements chez 70 personnes rencontrant les critères de ce trouble.

“Le diagnostic de trouble de la personnalité limite peut être difficile à poser parce que les symptômes de ce trouble chevauchent ceux d’autres troubles, explique David Meyerson de l’Université DePaul (Chicago) qui a dirigé l’étude.

Une autre difficulté est “qu’en théorie, deux personnes rencontrant les critères du diagnostic pourraient ne présenter qu’un seul symptôme en commun”, note-t-il.

Le diagnostic est posé si une personne rencontre au moins 5 des critères suivants:

  • efforts pour éviter un abandon réel ou imaginé
  • relations interpersonnelles instables et intenses
  • perturbation de l’identité
  • impulsivité
  • tendance suicidaire
  • instabilité de l’humeur
  • sentiment de vide chronique
  • colère intense inappropriée
  • survenue transitoire, dans des situations de stress aigu, d’idéations paranoïdes ou dissociation

Parmi les participants, 34% avaient déjà reçu un ou plusieurs diagnostics psychiatriques erronés.

Les plus fréquents étaient le trouble bipolaire, aussi appelé psychose maniaco-dépressive ou maniaco-dépression (17%), la dépression (13%), les troubles anxieux (10%) et les troubles alimentaires (1%).

Par ailleurs, 74% de ceux qui rencontraient les critères du trouble n’ont jamais reçu ce diagnostic dans le passé, malgré qu’ils consultaient en psychiatrie depuis 10.4 ans en moyenne. Pour le 26% qui avaient reçu le diagnostic, il s’était écoulé en moyenne 4.68 ans entre le premier contact avec un professionnel de la santé et le diagnostic.

Le traitement le plus efficace pour ce trouble est la psychothérapie comportementale (ou cognitivo-comportementale), les médicaments ne soulageant que des symptômes spécifiques”, note Meyerson.

“Parmi ceux dont le trouble n’avait pas été identifié, 69% avaient déjà été traités avec des médicaments pour d’autres diagnostics. Et, 78% de ceux qui avaient reçu un diagnostic de personnalité limite avaient reçu des médicaments alors qu’il ne s’agit pas du traitement le plus efficace pour ce trouble”, dit-il. “Ceux qui avaient reçu un autre diagnostic avaient reçu la médication la plus lourde”.

Un diagnostic exact est plus probable quand les psychiatres utilisent au moins un interview clinique semi-structuré, insiste-t-il. Un autre indice pour le diagnostic différentiel est la différence qualitative de l’impulsivité dans le trouble de personnalité limite (difficulté de planifier et de penser aux conséquences) comparativement avec l’impulsivité du trouble bipolaire (les idées qui se bousculent).

“Un facteur de diagnostic inexact est la compensation financière”, note-il. Les patients reçoivent souvent un autre diagnostic officiellement, tel que le trouble bipolaire, si leurs compagnies d’assurance ne remboursent pas pour le trouble de personnalité limite.

Source: Medpage Today

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