Voici les cinq étapes psychologiques que traverse mes patients à l’annonce de leur cancer.

1) La stupeur : elle laisse sans voix, ni force ni réaction

- "J’en ai eu le souffle coupé"

- "C’est comme si le ciel me tombait sur la tête"

- "… un gouffre s’ouvrait sous mes pieds"

- "… je me suis sentie flageoler sur mes jambes, j’ai dû m’asseoir"

- "Je n’entendais rien de ce qui se disait, j’étais dans le brouillard"

Durant cette période, le patient est incapable d’entendre et de comprendre les explications que lui donne son médecin. Ou il n’en retient que ce qui lui est audible, acceptable pour lui.

Attention ! De véritables incompréhensions peuvent surgir de la méconnaissance de cette étape par les soignants : ils estiment qu’ils ont bien tout expliqué aux patients. Eux considèrent au contraire qu’entre le premier et le second entretien, les propos du médecin ont changé.

2) Le refus consiste à nier le diagnostic

- "Non, c’est impossible"

- "ça ne peut pas être vrai"

- "il s’est trompé de dossier"

- "d’ailleurs, je n’ai jamais eu confiance en lui, je vais en consulter un autre"

Espérant, contre toute attente, que le diagnostic ne sera pas confirmé. Voire refusant d’aller plus loin dans les recherches pour éviter la confirmation de leur crainte.

3) La colère est l’une des plus dures à vivre pour l’entourage et les soignants. D’une part, le malade crie sa révolte :

- "Pourquoi moi ?"

- "Qu’est-ce que j’ai bien pu faire au bon Dieu ?"

- "C’est injuste…"

D’autre part, il est vite agacé, mécontent, agressif à propos de tout et de rien. Furieux après lui-même et après le monde entier.

4) La dépression alterne souvent avec la précédente et n’est pas plus facile à passer :

- "Je m’en doutais, se plaint le sujet, je n’ai jamais eu de chance. Les tuiles, ça a toujours été pour moi"

- "Juste au moment où ça commençait à aller mieux… Déjà quand j’étais petit…".

5) Et comme s’il fallait toujours trouver une raison à l’inexplicable, l’acceptation découvre des motifs à la situation, apaise l’angoisse. Avec les :

- "Je le pressentais, je m’en doutais : mes relations avec un tel, un tel, ont toujours été tendues…"

- "C’est à cause du stress au boulot… du chômage… de mon divorce…"

commence l’acceptation de la réalité du cancer.

J’ajouterai que ces étapes ne se succèdent pas toujours dans le même ordre. L’une ou l’autre peut être exacerbée. Mais elles sont toujours là. Elles permettent à votre organisme de mettre en place des mécanismes de défense, de retrouver l’instinct de survie.

Mon expérience de psychothérapeute montre que l’étape de stupeur est propre à l’annonce d’une grave maladie. Dans les autres problèmes, le refus vient en premier et la phase du marchandage est rajoutée.

 

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