malaise



En faisant l’apologie de la maigreur et du "régime à vie" dans le Daily Mail, la Britannique Samantha Brick a suscité la colère des internautes, indignés par son discours. Alors que de nombreux Britanniques souffrent de troubles alimentaires et que ces maladies ne concernent plus uniquement les femmes.

Samantha Brick n’en est pas à son coup d’essai. Celle que les Britanniques "adorent détester" depuis qu’elle a signé un article très sérieux en 2012 intitulé "Il y a des désavantages à être aussi jolie", a récemment remis le couvert en touchant cette fois à un sujet brûlant (lire la note de blog du Financial Times) au Royaume-Uni : celui du poids des femmes.

Plus de 1 600 personnes ont réagi à son article dans lequel elle raconte son expérience de femme mince et belle, la plupart alarmées par le message dangereux véhiculé par cette femme dont l’obsession pour une silhouette parfaite à des conséquences sur sa santé.

"Je me suis évanouie une fois à cause de la faim – un problème mineur éclipsé par le fait que j’avais beaucoup de succès avec les hommes", écrit-elle.

Et de poursuivre : "A la fac, j’ai inventé le régime Polo [bonbons anglais à la menthe]. Je mangeais un paquet de bonbons au petit-déjeuner et un autre au déjeuner (…)", raconte la journaliste indépendante avant de préciser que même si ce régime était efficace, elle a dû l’arrêter à cause des dégâts sur sa dentition.

Les internautes lui reprochent également le jugement qu’elle porte sur les femmes qui ne partagent pas son point de vue ou, tout simplement, qui ne sont pas maigres.

"J’ai 40 ans et je fais un régime depuis 30 ans. La logique est simple et irréfutable : toute femme qui se respecte veut être mince, et pour être mince il faut être au régime toute sa vie", explique la journaliste indépendante pour qui être grosse représente "le plus significatif des échec" pour une femme.

"J’ai été contente de voir Pâques se terminer cette année, alors qu’il m’a semblé que [les fêtes] ont été détourné[es] par des masses de goinfres qui [les] considèrent comme une excuse pour se gaver de chocolat gratuitement", note-t-elle avant d’ajouter : "Pas un seul morceau n’a effleuré mes lèvres. Le chocolat, les gâteaux, les bonbons et autres ‘aliments’ riches en calories et en graisses sont bannis de chez moi."


Diane 35 : l’Europe désavoue la position française.

En janvier 2013, la France a annoncé la suspension de la commercialisation de l’antiacnéique Diane 35.

En cause, une augmentation du risque de phlébite et d’embolie pulmonaire, liée à la composition de ce traitement, très proche des contraceptifs de troisième génération (le produit est d’ailleurs souvent utilisé comme tel).

Saisie de ce dossier, l’Agence européenne du médicament (EMA) n’a cependant pas considéré que l’argumentation de la France légitimait une telle décision de suspension. En l’absence d’éléments nouveaux, « le comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne du médicament a conclu que le rapport bénéfices/risques de Diane 35 et de ses génériques est positif, à condition que certaines mesures soient prises pour minimiser les risques thrombo-emboliques » indique en effet l’institution dans un communiqué rendu public vendredi dernier.

La prescription en deuxième intention en cas d’échec d’une première prise en charge, chez des femmes en âge de procréer présentant préférablement outre une acné modérée à sévère, une hyperandrogénie devrait ainsi être la règle selon l’EMA. Cette dernière souhaite également que soit impossible la prescription parallèle d’un traitement contraceptif hormonal et estime que de nouveaux avertissements devraient être donnés aux patientes et aux professionnels.

Le dernier mot revient désormais au Groupe de coordination pour les procédures de reconnaissance mutuelle et décentralisées dédié aux médicaments à usage humain (CMDh) qui doit se réunir du 27 au 29 mai. Il est fort probable que ce dernier suive les recommandations de l’EMA.

Alors, la France qui maintient aujourd’hui sa décision de suspension (qui prend d’ailleurs pleinement effet ce 21 mai) pourrait être contrainte de réhabiliter Diane 35.

Des déclarations du professeur Dominique Maraninchi, patron de l’ANSM laissent sous entendre que cette éventualité est déjà étudiée. Il souligne en effet que le médicament pourrait être réintroduit « lorsque l’autorisation de mise sur le marché sera claire », avec « des indications précises » et « un conditionnement des boîtes » différent des contraceptifs.

Cette position de l’EMA, qui préfigure sans doute son avis général sur les pilules de troisième génération, permet en tout état de cause d’apprécier sous un jour différent la « crise » de ces derniers mois.

Sources: jim.fr, Commission Européenne, EMA, CMDh, ANSM

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Après le scandale de la découverte de leurs maîtresses, Tiger Woods ou David Duchovny se font soigner pour leur «dépendance au sexe». Cette pathologie complexe ne se résume pourtant pas à l’infidélité.

Qu’ont en commun le golfeur Tiger Woods, le footballeur John Terry, l’acteur David Duchovny ou encore le président italien Silvio Berlusconi?

Ils ont tous, à un moment ou à un autre, été qualifiés de «sexo-dépendants» («sex addicts»).

Suite au scandale de la découverte de leurs aventures extraconjugales, Tiger Woods et David Duchovny ont même officiellement annoncé qu’ils suivaient une thérapie pour se guérir de leur vice.

Souffrent-ils vraiment d’une pathologie ou est-ce plutôt un subterfuge pour tenter de se disculper face aux médias et aux sponsors ?

Dans tous les cas, l’addiction au sexe ne se résume pas à l’infidélité et suppose des symptômes clairement définis par les psychopraticiens.

La suite dans une prochaine chronique…

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Le concept d’addiction sexuelle a été défini pour la première fois en 1975, aux Etats-Unis.

Ce n’est que depuis l’affaire DSK que cette addiction est pris au sérieux en France. Et que les demandes d’informations à mon cabinet par les dépendants eux-mêmes, leurs familles ou les médias, ont augmenté fortement.

californication, Duval-Levesque, thérapeute en psychothérapie, psychopraticien certifié, sophrologue, EMDR & coach, addiction sexuelle, alccolisme, boulimie, hyperphagie, rupture, mal-êtreCette pathologie, qui modifie aussi le fonctionnement de certains neurotransmetteurs dans le cerveau, se situe entre deux formes extrême :

- l’une, proche de l’addiction à l’amour, se caractérise par la répétition forcenée d’aventures sexuelles, le plus souvent avec des prostituées

- l’autre rejoint des pratiques enfermantes (comme la dépendance aux jeux vidéo ou «cyberaddiction», la consultation pendant des heures de sites pornos, le téléchargement) et se termine fréquemment par la masturbation compulsive.

Selon une étude du Sexual Recovery Institute (Californie), l’addiction au sexe toucherait environ 5% de la population. Et dans 8 cas sur 10, des hommes.

Si le nombre de ses patients a augmenté ces dernières années, j’estime que «cette croissance est avant tout due au fait que les gens en parlent davantage et deviennent conscients qu’un comportement d’addiction peut se soigner par une psychothérapie».

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Il y a des palmarès qui ne méritent pas qu’on lève son verre.

Le classement révélé, hier, par l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES), place Midi-Pyrénées au deuxième rang, sur 22, dans « l’Atlas régional » des consommations d’alcool.

Ainsi 26 % des habitants boivent régulièrement de l’alcool, contre 21 % dans le reste de la France. Ici, 58 % des gens ont pris une cuite dans l’année, soit 8,7 % de plus qu’au plan national, et 17 % s’enivrent au moins une fois par mois.

Régionnalisme oblige, le Sud-Ouest a une faiblesse pour le vin. Une préfèrence qui met d’accord la moitié des consommateurs d’alcool hebdomadaire.

alcool, sevrage, F.Duval-Levesque psychopraticien certifié, coach, addiction, dependance, boulimie, depression, cancer1Encore plus inquiétant, l’éthylotest vire au rouge chez les jeunes avec « des niveaux d’usage nettement supérieur à la moyenne », selon l’INPES. Sur 1793 adolescents de 17 ans interrogés, 95 % ont déjà testé l’alcool, 14 % en boivent régulièrement, et 31 % connaissent des états d’ébriété répétés.

Les jeunes boudent le vin de leurs aînés, au profit de spiritueux forts et de la bière.

Paradoxalement, cette tendance générale à lever le coude ne se traduit pas en dégâts sanitaires. Ainsi la région rétrograde au dernier rang, pour le taux de décès par alcoolisme et cirrhose, et celui des consultations en alcoologie. « Cette contradiction n’incite pas les pouvoirs publics à débloquer des crédits de prévention », souligne Jean-Claude Belin, le président du comité départemental de prévention de l’alcoolisme. Son centre suit pourtant un millier de patients. Compter un mois d’attente pour y voir un médecin.

NB: sur cinq ans, la part des tués avec alcool dans des accidents représente 29 % du bilan total des morts sur la route dans le département de Haute-Garonne. En 2007, pour 18 tués sur 61, l’alcoolémie est en cause.

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Un collègue et ami psychologue (il travaille dur en médecine du travail et a beaucoup de mérite) vient de m’envoyer par mail un article, en consultation libre, de l’excellente et impartiale revue  "Prescrire".

Il me dit que cela intéresserait mes lecteurs.

Je vous laisse juge :

 

-> Alcoolodépendance : le baclofène encore au stade expérimental

Quelques médicaments sont modérément efficaces pour le maintien de l’abstinence ou une consommation contrôlée des patients alcoolodépendants.

Considéré parfois comme recours, le baclofène doit encore faire l’objet de plus de recherches.

L’alcoolodépendance est une maladie chronique sévère, parfois mortelle.

Des techniques cognitivo-comportementales, une benzodiazépine lors d’un sevrage, un soutien psychologique et social peuvent aider les patients à s’abstenir ou à consommer l’alcool en faible quantité de manière contrôlée. Quelques médicaments sont parfois utiles pour maintenir l’abstinence : acamprosate (Aotal), naltrexone (Revia ou autre). Mais leur efficacité est modérée et leurs effets indésirables parfois graves.

Alcoolodependance, F.Duval-Levesque psychopraticien certifié, coach, addiction, dependance, boulimie, depression, cancerCommercialisé depuis longtemps dans le traitement de certains troubles musculaires, le baclofène (Lioresal ou autre) est parfois proposé, hors autorisation de mise sur le marché, pour supprimer l’envie de boire de l’alcool et obtenir une maîtrise de la consommation.

Chez des patients ayant une alcoolodépendance de gravité non précisée, quatre essais cliniques à doses modérées (30 mg à 60 mg par jour) ont donné des résultats discordants. Des observations de 300 patients alcoolodépendants en échec thérapeutique ont semblé en faveur d’une efficacité du baclofène à doses croissantes élevées, mais ces données sont de faible niveau de preuves.

Les effets indésirables à doses modérés du baclofène sont bien cernés : somnolences, nausées en début de traitement, troubles neuropsychiques, syndromes de sevrage et dépendances, etc. Les effets indésirables à dose élevée sont moins connus, peut-être graves : confusions, états maniaques, voire risque suicidaire accru.

En raison des nombreuses incertitudes, l’utilisation du baclofène n’est à envisager que par des praticiens expérimentés, chez des patients motivés et en échec thérapeutique, dans le cadre d’une recherche clinique.

Références: Prescrire 01/05/2013, "Baclofène et patients en alcoolodépendance sévère" Rev Prescrire 2013 ; 33 (355) : 353-357. (pdf, réservé aux abonnés)

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La psychothérapie est en première ligne pour prévenir et soigner les troubles liés au travail et au stress.

À l’occasion de la "Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail", ce dimanche 28 avril, qui met à l’honneur cette année le thème de « la prévention des maladies professionnelles », il est utile de rappeler que la psychothérapie comportementale et cognitive, humaniste, de troisième génération etc… est une approche qui permet aussi de prévenir et soulager le mal-être lié aux conditions de travail et au stress.

Quels que soient le métier et le secteur d’activité, avec l’aide d’un psychopraticien, chacun prévenir et soulager les troubles liés au travail et au stress.

Se sentir harcelé, ne pas être à la hauteur, sont des facteurs aggravants.

Le burning out touche toutes les professions quel que soit le secteur d’activité et représentent une  grande part des maladies professionnelles actuellement reconnues.

L’accumulation de stress peut engendrer maux de tête, perte de sommeil, de concentration au travail, des troubles de la digestion et la fatigue morale.

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La fin d’un tabou…

Alors que l’addiction sexuelle sort de l’ombre, on a tendance à croire qu’elle est en augmentation.

Est-ce réellement le cas ou simplement une distorsion médiatique d’un phénomène très singulier ?

Bien qu’il n’existe pas de chiffres sur ce phénomène, les psychopraticiens spécialistes semblent s’accorder sur une recrudescence des consultations pour addiction sexuelle.

Néanmoins, ils n’y voient pas là une sollicitation croissante des stimulis sexuels via la pub, la télé ou le cinéma mais plutôt une levée du tabou et une meilleure connaissance des troubles addictifs.

Malgré cela, tous les interdits ne se sont pas envolés, ainsi les demandes de consultation interviennent généralement après plusieurs années…

…après une atteinte de la vie sociale (insomnie persistante, amaigrissement, désocialisation, perte de travail, problèmes financiers…) ou après la survenue de problèmes d’érection ou d’autres troubles sexuels ne leur permettant plus d’atteindre leur consommation habituelle d’orgasme.

Comme il y a généralement la conjugaison de polyaddictions et d’un syndrome anxiodépressif, je classe l’importance des différentes dépendances et je les traite hiérarchiquement.

La prise en charge des addictions sexuelles peut reposer sur la prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques qui permettront, peut-être, de résoudre le problème pour des addictions récentes (3 à 6 mois), soit de diminuer la dépendance avant d’engager une prise en charge psychologique (thérapie cognitive et comportementale) indispensable, avec une psychothérapie.

Les thérapies de groupe, sur le modèle des alcooliques anonymes, ne sont pas très répandues en France contrairement aux Etats-Unis, ni très efficaces.

Parler de sa sexualité reste encore plus difficile que d’une boulimie alimentaire…

 

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Un salarié de l’usine Renault à Cléon (Seine-Maritime) s’est donné la mort, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 avril, sur son lieu de travail. L’un de ses collègues l’a retrouvé, pendu, vers 5 h 30, dans un secteur de l’établissement où il n’y avait plus aucune activité.

Agé de 35 ans, il était technicien de maintenance de nuit et avait été embauché par le constructeur automobile en 2000.

Il a laissé deux lettres – l’une à l’attention de sa femme et de leurs filles, l’autre destinée à la direction dans laquelle il écrit : "Merci Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève n’existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l’incertitude de l’avenir sont de bonne guerre, parait-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos [Ghosn, le PDG du groupe]. "

Selon Pascal Morel, responsable du syndicat CGT dans l’usine, cet homme avait été très impliqué dans les grèves qui ont éclaté à partir de la fin 2012 pour s’opposer au projet d’accord compétitivité-emploi.

taylorisme, travail a la chaineSigné dans la première quinzaine de mars, ce dispositif prévoit que le personnel fasse des sacrifices (gel des salaires, accroissement du temps de travail…) en contrepartie de l’engagement de la direction d’augmenter les volumes de production.

Après ces conflits, "la hiérarchie a exercé des pressions", explique M. Morel, et a fait comprendre aux grévistes que s’ils jouaient encore aux fortes têtes, ils risquaient de perdre leur poste de nuit, nettement mieux payé que le travail en équipe de jour. La différence peut être de l’ordre de 700 euros par mois, d’après M. Morel.

Pour le syndicaliste, le suicide de cet homme est "en lien avec le travail". Renault a une part de responsabilité, ajoute M. Morel, dans la mesure où un "système", reposant sur le chantage et sur l’intimidation, a été mis en place pour encadrer le personnel.

Une porte-parole de la société rétorque que le salarié avait été favorablement "évalué" par sa hiérarchie et qu’il avait l’assurance de pouvoir continuer à travailler de nuit. Il n’était pas connu des services médicaux de l’entreprise.

"Renault a à cœur de comprendre ce qui s’est passé, insiste-t-on chez le constructeur. La direction est touchée et s’associe au chagrin de la famille et des salariés."

Une cellule psychologique a été mise en place sur le site de Cléon. Le parquet de Rouen a ouvert une enquête. De son côté, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) va essayer d’identifier les facteurs expliquant le passage à l’acte pour éviter que de tels faits ne se reproduisent, affirme M. Morel.

Fin 2006, début 2007, trois salariés du Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines) avaient mis fin à leur jour – dont deux sur leur lieu de travail.

Deux de ces suicides avaient valu à l’industriel d’être condamné pour "faute inexcusable", la justice estimant que la direction n’avait pas pris les mesures nécessaires pour protéger ces collaborateurs.

Références: Bertrand Bissuel, lemonde.fr, CGT

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Le nombre de décès supposés est confirmé.
Le laboratoire est accusé d’avoir dissimulé la véritable nature de son produit.

Le rapport d’experts ordonné par les juges enquêtant sur l’affaire Mediator est accablant.

Commandé en juillet 2011 et remis aux juges vendredi, il confirme de précédentes estimations de mortalité (de 500 à 2.000 décès, selon un rapport de 2010 de l’Agence du médicament, et 1.300 entre 1976 et 2009, selon une étude de 2012 d’un journal spécialisé) et met en avant la volonté de Servier de masquer le caractère anorexigène du médicament.

Les trois experts estiment que le Mediator est bien à l’origine de déformations des valves cardiaques. Ils chiffrent les décès à court terme (deux ans et demi) à 220 à 300 et à long terme de 1.300 à 1.800. Les hospitalisations pour insuffisance valvaire sont quant à elles évaluées de 3.100 à 4.200.

En outre, le Mediator est à l’origine d’un certain nombre de cas - non chiffrés - d’hypertension artérielle pulmonaire. Cette maladie rare se caractérise par une prolifération des cellules de la paroi des petites artères pulmonaires jusqu’à ce que l’obstruction complète de celles-ci entraîne une augmentation de la pression artérielle pulmonaire et finalement la défaillance du coeur.

Les experts estiment que la commercialisation du Mediator, dont les «  propriétés anorexigènes puissantes » sont confirmées, aurait dû être suspendue entre 1998 et 2003 par Servier ou par les autorités, au vu des premiers signalements de maladies, alors qu’il a fallu attendre novembre 2009 pour qu’il soit suspendu et juillet 2010 pour qu’il soit définitivement retiré du marché.

Servier est ensuite accusé d’avoir, pendant la vie commerciale du Mediator, volontairement évité toute référence aux propriétés de coupe-faim du produit, le positionnant comme un traitement du diabète.

Le rôle de la norfenfluramine (molécule résultant de la métabolisation du Mediator) a été occulté, alors même que cette molécule constituait la principale cause à la fois de l’efficacité et de la nuisance du produit.

Enfin, les experts estiment que l’absence d’informations lisibles sur la parenté du Mediator avec deux autres anorexigènes de Servier retirés du marché dans les années 1990 n’a pas permis aux praticiens d’exercer une surveillance adéquate des patients sur le plan cardiovasculaire et pulmonaire.

Inébranlable, Servier estime pour sa part que le rapport n’apporte rien de neuf et ne remet pas en cause « le fait que les Laboratoires Servier ont parfaitement tenu informé les autorités de santé tout au long de la vie du médicament ».

Références: Catherine DUCRUET, lesechos.fr, Agence du médicament

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