mort


 

Quand j’étais gosse, haut comme trois pommes,
J’parlais bien fort pour être un homme
J’disais,
je sais, je sais, je sais, je sais

C’était l’début, c’était l’printemps
Mais quand j’ai eu mes 18 ans
J’ai dit,
je sais, ça y est, cette fois je sais

Et aujourd’hui, les jours où je m’retourne
J’regarde la terre où j’ai quand même fait les 100 pas
Et je n’sais toujours pas comment elle tourne !

Vers 25 ans, j’savais tout : l’amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l’amour ! J’en avais fait tout le tour !

Et heureusement, comme les copains, j’avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j’ai encore appris.
C’que j’ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

“Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau,
j’peux pas mieux dire, il fait très beau !”

C’est encore ce qui m’étonne dans la vie,
Moi qui suis à l’automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse !

Toute ma jeunesse, j’ai voulu dire je sais
Seulement, plus je cherchais, et puis moins j’savais

Il y a 60 coups qui ont sonné à l’horloge
Je suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j’m'interroge ?

Maintenant je sais, je sais qu’on ne sait jamais !

La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C’est tout c’que j’sais ! Mais ça, j’le
sais… !”

Jean Gabin, autographe, portrait

 

Interprété par Jean Gabin, 1974

(entré dans le studio d’enregistrement après avoir appris la mort de son pote Francis Blanche )

 

L‘anorexie mentale est une impossibilité de se nourrir et de pouvoir maintenir son poids à un niveau normal.

C’est une maladie grave qui se caractérise par une perte de poids liée à une restriction alimentaire volontaire.

Certains femmes commencent par exclure de leur régime les aliments qu’elles pensent riches en calories. La plupart finissent par adopter un régime extrêmement restrictif, qui se limite parfois à quelques aliments.

L’appétit est conservé, du moins au début : la patiente lutte contre la faim. Mais si elle se dirige vers un jeûne partiel, prenant alors de très petites quantités de nourriture, l’appétit peut disparaitre au bout de quelques jours. Un gros effort est alors nécessaire pour s’alimenter, même pour manger une pomme.

L’anorexie est niée par la patiente car il y a distorsion de l’image de son corps. C’est ce déni qui est fondamental pour le diagnostic.

Certaines se sentent globalement trop grosses. D’autres ont conscience d’être minces mais continuent de se préoccuper de certaines parties de leur corps, particulièrement le ventre, les fesses et les cuisses qui leur paraissent encore “trop grosses”.

Quels sont les rapports avec l’alimentation ?

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L’aliment est vu comme une salissure de l’intérieur du corps. Les repas normaux sont interdits, mais la pensée est constamment tourné vers la nourriture.

L’estomac vide et réduit, la personne anorexique reste longtemps extraordinairement active et dynamique. C’est pourquoi elle peut maigrir sans que son entourage ne s’inquiète. Cette hyperactivité constitue aussi un bon élément de diagnostic car elle n’est pas habituelle dans la dénutrition.

Ce qui doit vous alerter aussi, c’est l’arrêt des règles qui se produit généralement avant la perte de poids. Cet arrêt peut provoquer, à long terme, des problèmes de croissance osseuses ainsi qu’une ostéoporose précoce.

Quelles en sont les autres conséquences ?

Les carences nutritionnelles, évanouissements, pertes d’équilibre et hypoglycémie sont courants.

Egalement : déshydratation de la peau, cheveux et ongles fragiles et cassants, sensibilité aux températures ambiantes relativement froides, pilosité excessive se développant sur les membres ou le visage. La fonte des muscles engendre aussi un rétrécissement de tous les organes constitués du tissu musculaire (coeur etc…).

“Je maitrise mon corps, ou est le problème ?” m’a t-on encore dit aujourd’hui.

Une jeune femme anorexique, bien que sa vie soit souvent en danger, est rarement en demande de psychothérapie. Elle peut néanmoins consulter son médecin généraliste pour les troubles liés aux conséquences de la sous-nutrition. Poussées par sa famille, ses parents, son mari, elle finit par accepter un soutien psychologique qui se couple parfois d’une thérapie familiale : elle finit par accepter de se remettre en question. Elle ne peut pas tout contrôler et n’est donc pas parfaite.

Les hommes anorexiques sont rares, environ 8 %. Ils sont plutôt dans un état mixte, alternant boulimie et régimes. Dans ce dernier cas, je soupçonne qu’ils sont deux à trois fois plus nombreux.

Enfin, la plupart des anorexiques et des boulimiques présentent des symptômes de dépression.

 

Chère lectrice, avez-vous vraiment déjeuné équilibré à midi ou s’agissait-il plutôt d’un apéritif ?

 

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C‘est un tremblement de terre.

Un choc, un refus, une incompréhension.

Soudain tout se mélange. D’abord en raison du mot “cancer”, synonyme de mort pour la majorité des patientes.

Ce qui est pourtant loin d’être le cas !

Mais les idées reçues et les préjugés sur le cancer sont tenaces, n’est-ce pas ?

Il n’y a pas de bonne façon de faire cette annonce, car chaque cas est unique. Mais il y en a de moins mauvaises que d’autres…

Toujours difficile, cette annonce du cancer s’opère en un face à face dans lequel tous les ingrédients de l’incompréhension sont réunis : côté médecin, la difficulté de trouver les mots pour le dire. Les interruptions, le manque de temps aussi. Côté patiente, le trouble, l’émotion, les larmes, voire la déroute intellectuelle.

Malheureusement, très souvent, le dialogue est raté. Nombre de femmes s’en plaignent, qui se sentent incomprises et terriblement seules en sortant de ce premier entretien qui marque leur entrée dans le monde du cancer. Un monde totalement inconnu tant qu’on est en bonne santé.

Les conséquences de cette révélation sont toujours traumatisantes pour lachoc, remise en cause, choix patiente. La peur déferle. La révolte et l’angoisse aussi. En un instant, la vie est bouleversée, les repères habituels disparaissent. La patiente est submergée par l’inimaginable. Et les autres vous voient comme “malade”.

Le médecin doit prendre tout son temps pour ce moment crucial : le temps de rassurer, d’expliquer, de donner des détails avec des mots simples. On se sent moins vulnérable lorsqu’on comprend son mal.

Et vous avez le droit de poser toutes les questions que vous voulez ! Insistez si nécessaire !

Vous pouvez vous faire accompagner d’une personne en qui vous avez confiance. Vous vous sentirez plus à l’aise lors de cet entretien.

La patiente doit ensuite faire un travail psychique intense. L’attitude de la famille est alors capitale. Il est important que la personne touchée se sente écoutée, comprise, choyée, aidée pour assimiler la mauvaise nouvelle.

Puis on pense au traitement du cancer. Une plongée vers l’inconnu qui créée une anxiété très vive. La qualité de vie devient alors dépendante des ressources morales personnelles de la patiente. De l’écoute que son entourage lui accordera également.

C’est un long travail qui demande beaucoup d’énergie et d’amour.

 

Et vous, cher lecteur, avez-vous déjà ressenti ce dialogue de sourd avec votre médecin ?

 

Il y aura toujours un “avant” et un “après”.A l’unanimité, les malades disent se souvenir “comme si c’était hier” du moment où le médecin a prononcé devant eux et à leur intention le mot redouté.

Et le manque de précaution qui accompagne souvent cette annonce provoque chez eux un profond sentiment d’indignation et de révolte.

Peut-être etait-ce votre cas ?

- “Il ne me regardait pas, il scrutait l’écran de son ordinateur”

- “C’était dans le couloir, au milieu du bruit, des allées et venues”

- “… entre deux portes, et il m’a laissé là sans façon”

- “… dans son bureau, mais il ne m’a pas invitée à m’asseoir”

- “Il a interrompu ses explications pour répondre au téléphone”.

Pourtant, la façon dont le diagnostic est annoncé joue un rôle fondamental pour la suite.

Cette annonce devrait installer la confiance réciproque avec laquelle soignant et soigné parcourront ensemble le chemin de la maladie.

“Le mot cancer, explique le Dr Alain Salimpour, psycho-oncologue au Centre naufrage, cancer, solitudeAntoine-Lacassagne de Nice, provoque dans la vie du sujet une rupture, une cassure, lui rappelant soudainement qu’il est mortel.”

En bonne santé jusque-là, car ne présentant aucun symptôme particulier, la personne devient tout à coup malade, “d’une maladie très chargée dans l’imaginaire et le fantasmatique. Le cancer est une maladie insaisissable, différente des autres. Elle est associée à l’idée de mort, précise encore Alain Salimpour. Soigner la maladie – ce que font bien les cancérologues – sans tenir compte de cette souffrance psychologique et de cette angoisse, c’est passer à côté du malade et des différentes étapes qui l’amèneront à accepter un traitement.”

 

Connaissez-vous ces cinq étapes, cher lecteur ?

 

Une amie d’une grande sagesse, avant sa mort, m’a fait part de ce cadeau.

Dans le fil de notre conversation, je lui avais demandé quel était le sens de la vie.

Elle m’a répondu : “Etre sa propre loi.”

Comme elle avait le don de dire tant en si peu de mots, je lui ai demandé de s’expliquer.

Elle ajouta : “Deviens ton propre maître.”

Rien de plus à ajouter.

 

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