La dimension psychologique est présente en permanence dans l’histoire d’une prise de poids, aussi bien dans son origine que dans ses conséquences.

Le stress, les angoisses

Stress, angoisses, dépression peuvent augmenter l’appétit et provoquer une prise de poids chez certaines personnes. Alors qu’elles peuvent diminuer la sensation de faim chez d’autres. De nombreuses personnes, stressées en permanence, mangent ce qui leur fait plaisir et ce qui les calme.

Le besoin de manger calme ainsi des angoisses. Vous, peut-être ?

Des chercheurs ont montré que le stress est un facteur important d’obésité. En cas de stress, l’hypothalamus, zone du cerveau, produirait une substance qui augmenterait la masse graisseuse.

Adopter une alimentation équilibrée est bien entendu fondamental pour perdre du poids mais avoir une vie moins stressante, apprendre à se détendre et faire du sport sont primordiaux pour que le régime se déroule le mieux possible.

Les autres causes psychologiques

Ne pas comprendre les raisons de sa prise de poids risque de faire échouer le régime.

En effet, dès l’arrêt du régime, les problèmes psychologiques n’étant pas réglés, l’envie de remanger ce qu’on aime reviendra immédiatement. Et bien sûr, les kilos perdus avec.

Situations poussant à trop manger :

  • Colères
  • Frustrations
  • Insatisfaction
  • Inhibition
  • Mal dans sa peau
  • Culpabilité
  • Echecs à répétition (vie professionnelle, vie privée)…

L’histoire personnelle et notre enfance

La façon dont nous avons été nourris au cours de notre enfance peut parfois influer sur notre rapport à l’alimentation.

Ainsi un enfant à qui une maman a beaucoup donné à manger, en pensant qu’il sera "heureux de manger beaucoup", peut avoir plus tard, à l’âge adulte, un rapport compulsif vis à vis de la nourriture. Il mangera de grandes quantités pour se "faire plaisir".

Si cette personne ne décrypte pas ce mécanisme avec un psychopraticien (nouvelle appelation pour psychothérapeute), elle éprouvera des difficultés à manger différement, à perdre ses mauvaises habitudes et à ne pas tolérer la frustration de moins manger. Et les régimes seront inefficaces. L’avis d’un psychopraticien peut alors être envisagé lorsqu’une personne souhaite maigrir.

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L‘Assurance maladie s’inquiète, dans son bilan du Plan national de lutte contre l’obésité 2010-2013 d’un manque de protocole national pour les chirurgies de l’obésité ou chirurgie bariatrique (dont le nombre a doublé en 5 ans en France), rapporte Le Parisien.

Alors que 30 000 chirurgies de l’estomac ont été pratiquées en 2011, les pratiques divergent beaucoup selon les hôpitaux et les régions.

Sur les trois techniques utilisées, deux sont irréversibles. Elles constituent 75% des chirurgies pratiquées. Il s’agit de la gastrectomie (réduction de l’estomac) et du by-pass (contournement de l’estomac). Elles comportent (…) des risques post-opératoires et peuvent nécessiter un suivi à vie, souligne le Pr Hubert Allemand, directeur adjoint de l’Assurance maladie.

L’alternative réversible est la pose d’anneaux gastriques.

En Rhône-Alpes, 58% des opérations consistent à poser un anneau. En Bretagne, la réduction de l’estomac est préférée dans 67% des cas. En Franche-Comté, 86% optent pour le contournement de l’estomac.

Autre anomalie : 30% des femmes et 20% des hommes opérés n’auraient pas dû être opérés,selon les normes.

Enfin, sur 425 hôpitaux et cliniques pratiquant la chirurgie bariatrique, 32 réalisent au moins 200 interventions par an.

Mais 175 établissements cumulent moins de 30 chirurgies par année, ce qui pose la question de leur expertise.

L’Assurance maladie souhaite promouvoir la prise en charge médicale plutôt que chirurgicale, dont le recours est jugé parfois trop systématique. Elle souhaite aussi uniformiser les pratiques en établissant le rapport bénéfice-risque de chaque technique.

La Haute autorité de santé (HAS) a publié, en 2008, des documents d’information sur la chirurgie de l’obésité incluant une brochure d’information destinée aux candidats à la chirurgie, intitulée Ce qu’il faut savoir avant de se décider, qui décrit notamment les types de chirurgie, les conditions d’admissibilité, les risques et le déroulement.

Références: Psychomédia.qc.ca, Le Parisien

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Pourquoi la faim revient plus vite avec une alimentation grasse et sucrée?

Une étude franco-allemande, publiée dans le Journal of Physiology, met à jour un mécanisme par lequel une alimentation riche en graisse et en sucre entraîne une diminution plus rapide des signaux de satiété et amène à remanger plus rapidement.

Une telle alimentation empêche la destruction naturelle des neurones (cellules nerveuses) du système nerveux entérique (qui a été qualifié de second cerveau) et, trop nombreux, ces neurones accélèrent la vidange gastrique, diminuant ainsi les signaux de satiété.

Le système nerveux entérique, situé tout le long du tube digestif, est composé de plus de 100 millions de neurones.

Il joue un rôle central dans le contrôle de fonctions telles que la régulation de la motricité digestive, l’absorption des nutriments et le contrôle de la barrière intestinale qui protège des agents pathogènes extérieurs. Il est impliqué non seulement dans des maladies fonctionnelles digestives ou inflammatoires intestinales mais aussi extra-digestives comme la maladie de Parkinson.

Les travaux, coordonnés par Michel Neunlistm et Raphaël Moriez de l’Inserm, ont mis en évidence qu’une telle alimentation hypercalorique administrée à des jeunes souris prévenait la perte de neurones observée normalement. Cet effet était aussi associé à une augmentation de la production gastrique d’un facteur neuroprotecteur, le GDNF, lui-même induit par la leptine, une hormone qui régule la satiété.

Ce phénomène d’accélération de la vidange gastrique, notent les chercheurs, est aussi observé chez les personnes obèses.

Références: Psychomédia.qc.ca, Inserm

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Chaque année, 130 000 Français sont frappés par un accident vasculaire cérébral (AVC).

Sa fréquence augmente avec l’âge, à mesure que les artères vieillissent. Sous le seul effet du temps donc, ou sous l’influence d’autres facteurs de risques qui n’échappent pas tous, à notre contrôle.

Quels sont-ils ?

Le point avec le Pr Xavier Girerd, cardiologue à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).

« L’AVC est caractérisé par l’obstruction (AVC ischémique) ou la déchirure (AVC hémorragique) d’un vaisseau du cerveau », explique-t-il. « Dans les deux cas, une partie du cerveau n’est plus irriguée. Mais derrière ce même dénouement, l’accident peut avoir des origines diverses ».

Les facteurs de risque de l’AVC en effet, sont très nombreux. Le Pr Girerd cite bien sûr, les « incontournables » liés au mode de vie : tabagisme, sédentarité, surpoids et obésité. Cette « bande des 4 » va augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, elles-mêmes susceptibles d’entraîner un AVC. Un tiercé de tête : l’hypertension artérielle (HTA), l’hypercholestérolémie et le diabète.

« L’HTA est le facteur de risque numéro un », enchaîne le Pr Girerd. « On la retrouve notamment en cause dans les AVC ischémiques, ceux provoqués par l’obstruction d’un petit vaisseau ».

Quand une artère de plus grande taille est concernée en revanche, « la cause la plus souvent retrouvée est une embolie cérébrale. Elle peut être liée à la formation d’une plaque d’athérome dans les artères. Ou encore à une affection du cœur ou du rythme cardiaque ».

Le Pr Girerd cite notamment la fibrillation auriculaire principal facteur de risque d’AVC après 60 ans. Dans ce cas, « l’activité électrique des oreillettes est totalement désorganisée ». Celles-ci se contractent de façon anarchique. A tel point que le sang ne s’écoule plus normalement et stagne avant de former un caillot. Celui-ci migre alors dans la circulation générale et atteint le cerveau, provoquant l’AVC. Dans tous les cas, si vous êtes témoin d’un AVC, appelez le 15. Sans attendre.

Sources : destinationsante.com, Interview du Pr Xavier Girerd, 6 janvier 2011

Obésité de l’enfant :
stabiliser le poids d’abord !
Pourquoi dépister tôt ?

Un enfant obèse a 2 à 6 fois plus de risque qu’un enfant de poids normal de le rester à l’âge adulte. Le risque est d’autant plus grand que le surpoids s’est installé précocement et/ou qu’il persiste tard dans l’enfance.

Ainsi, 30 à 50 % des enfants obèses à huit ans et 70 à 80 % des adolescents obèses le resteront à l’âge adulte (1, 2). L’idéal est ainsi d’agir sur le surpoids avant l’âge de huit ans. Les conséquences de l’obésité de l’enfant sont importantes, les études épidémiologiques montrant, en effet, que l’obésité est associée à une augmentation de 50 à 80 % de la mortalité à l’âge adulte (1).

Y a t-il des enfant à risque de surpoids ?

Il est nécessaire de surveiller attentivement les enfants, en particulier ceux qui présentent un risque de surpoids. Les enfants ayant un poids faible à la naissance < 2,5 kilos souvent lié au tabagisme maternel et ceux ayant un poids de naissance > 4 kilos présentent un risque de surpoids. Un rebond de corpulence (ou rebond d’adiposité) précoce avant l’âge de 6 ans est un facteur de risque de surpoids. Le facteur héréditaire jouant un rôle majeur dans le surpoids, les enfants nés de parents en situation d’obésité sont à risque (4). Tous les déséquilibres psychologiques personnels et familiaux (en particulier les décès) peuvent avoir un retentissement sur l’alimentation et la déséquilibrer. Par ailleurs, les familles migrantes dont les habitudes alimentaires ne sont plus celles du pays d’origine sont à risque de surpoids (Maghreb, Afrique noire notamment), ainsi que les familles ayant un niveau socio-économique bas. En revanche, l’allaitement maternel diminue le risque d’obésité de l’enfant (3). Une étude réalisée sur 134 000 enfants montre très clairement une diminution du risque d’obésité avec la durée de l’allaitement.

Comment détecter le surpoids ?

L’indice de masse corporelle (IMC) est utilisable dès le plus jeune âge et varie en fonction de l’âge. La plupart des obésités s’installent entre l’âge de 2 à 6 ans. Pour détecter tôt un surpoids, il est ainsi indispensable de mesurer et de reporter très régulièrement les valeurs de l’indice de masse corporelle (IMC) de l’enfant depuis la toute petite enfance, en pratique tous les trois mois. Depuis 1995, une courbe d’IMC est intégrée au carnet de santé des enfants. Dès que le poids dépasse le 97e percentile, l’enfant est en surpoids, il faut en parler avec l’enfant et ses parents et instituer un suivi rapproché.

Comment agir ?

L’objectif de la prise en charge d’un surpoids doit être réaliste.

Le temps où la perte de poids était l’objectif à atteindre est révolu.

Les soignants ont compris que stabiliser le poids est déjà un succès qui signifie que les habitudes de vie de l’enfant (et de sa famille) ont évolué.

La perte de poids est un idéal, mais nous savons tous que l’idéal est souvent inaccessible !

• Le traitement consiste à introduire des changements progressifs et durables, chez l’enfant et sa famille tant au plan alimentaire qu’à celui de l’activité physique.

L’élément le plus important consiste à devenir l’allié de l’enfant. Il est indispensable d’établir avec lui une connivence. On ne peut pas agir sur le poids d’un enfant contre lui, mais uniquement avec lui. Ainsi, toutes les interdictions sont… interdites ! Il est indispensable de respecter les goûts de l’enfant, de s’entendre avec lui, de passer des accords successifs avec lui et sa famille pour qu’il modifie certaines habitudes, sans le priver de ce qu’il aime. S’il aime les sodas sucrés, on ne l’en prive pas, on définit avec lui des quantités raisonnables. En quelque sorte, on passe avec l’enfant et ses parents un contrat.

• En pratique, chaque consultation doit poursuivre un objectif principal pour qu’en sortant de celle-ci l’enfant ait retenu cet objectif. Les consultations où l’enfant est vu seul se révèlent ainsi particulièrement importantes pour lui donner la parole, l’écouter, lui donner confiance et établir du lien.

On sait, d’autre part, que les paroles prononcées avec douceur sont intégrées par l’enfant et produisent petit à petit leurs effets.

Faire bouger l’enfant davantage est une priorité. Tous les moyens sont bons. Ainsi, si l’enfant aime l’ordinateur, plutôt que de lui interdire, il est possible pour le faire bouger de lui proposer la Wii Fit. L’activité physique en famille constitue un plus, jouer au football avec le père étant une solution intéressante.

• Le rôle du généraliste est important pour repérer les enfants ayant un problème de surpoids. Cependant, la prise en charge demande du temps et nécessite le plus souvent une prise en charge spécialisée.

Faut-il une psychothérapie ? Oui.

La psychothérapie (personnelle ou familiale) est utile lorsque des conflits psychologiques internes ou externes sont présents. Lorsqu’ils ne sont pas évidents, la baisse des résultats scolaires est un indicateur révélateur (1) et doit retenir l’attention.

Le double en 30 ans
En France, 13 % des enfants et adolescents (de 2 à 17 ans) sont en surpoids ou obèses. Dès 4 ans, plus d’un enfant sur 10 est en surpoids (1).Le nombre d’enfants obèses a doublé en trente ans.

Bibliographie

1– Expertise collective. Obésité. Dépistage et prévention chez l’enfant. Editons de l’Inserm. 2000.

2- Jouret B. et al. Obésité de l’enfant et de l’adulte. Rev. Prat. 2004 ; 54 (9) : 997-1005.

3 – Von Kries R. et al. Breast Feeding and Obesity : Cross Sectional Study. BMJ 1999 ; 319 (7203) : 147-50

4 – Tounian P. Obésité infantile : bousculons les idées reçues. Réalités en nutrition 2007 ; 2 : 31-6.


Plus de poids, plus de dépression ? Plus de dépression, plus de poids ?

L’obésité semble associée à un risque de dépression, et la dépression apparaît également associée à un risque accru d’obésité, selon une analyse publiée dans les Archives of General Psychiatry.

Floriana S. Luppino de l’Université Leiden (Pays-Bas) et ses collègues ont analysé les résultats de 15 études impliquant 58,745 participants.

"Nous avons constaté des associations bidirectionnelles entre la dépression et l’obésité: les personnes obèses ont un risque accru de 55% de développer une dépression avec le temps, alors que les personnes déprimées ont un risque accru de 58% de devenir obèses", écrivent les auteurs.

Des sous-analyses montrent que l’association entre obésité et dépression ultérieure était plus prononcée chez les Américains et que chez les Européens. Elle est aussi lus importante en cas de diagnostic de dépression que de symptômes dépressifs qui ne rencontrent pas les critères diagnostiques.

Plusieurs hypothèses explicatives ont été proposées. L’obésité peut être considérée comme un état inflammatoire, et l’inflammation est associée au risque de dépression. Parce que la minceur est considérée comme un idéal de beauté, être en surpoids ou obèse peut contribuer à une insatisfaction corporelle et une faible estime de soi qui peuvent mettre à risque de dépression. Inversement, la dépression peut augmenter le poids par le biais d’une interférence avec le système endocrinien ou des effets secondaires des médicaments antidépresseurs.

Source : psychomedia, Archives of General Psychhiatry

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Au-delà du poids, de l’indice de masse corporelle et de l’obésité, « se trouver gros » pourrait avoir des conséquences importantes sur la santé en favorisant le stress.

Les méfaits sur la santé de l’obésité ne seraient pas uniquement liés à l’excès de poids mais aussi à la mauvaise image que peuvent avoir d’eux-mêmes les gens en surpoids. C’est ce que montre une nouvelle étude de chercheurs de l’université de Colombia (New York).

Ces derniers ont recruté plus de 170 000 personnes à qui ils ont demandé d’une part leur poids actuel et d’autre poids le poids idéal qu’ils aimeraient atteindre. Par ailleurs, ils ont demandé aux volontaires le nombre de jours au cours desquels ils se sont sentis mal physiquement ou moralement au cours du mois écoulé.

En comparant ces différentes données les auteurs se sont aperçus que plus l’écart entre le poids réel et le poids idéal était important, plus le nombre de « mauvais jours » augmentait.

Pourquoi ? « Le stress lié à la stigmatisation des personnes obèses peut-être un facteur influençant la santé et augmenter le risque d’hypertension et de diabète par exemple », expliquent les auteurs.

« Le surpoids n’est pas forcément synonyme de mauvaise santé, reconnaissent les chercheurs. Pourtant la première réaction des médecins face à un patient qu’ils jugent trop gros et de lui dire de perdre du poids. Ça n’est peut-être pas l’approche la plus efficace en terme de santé… »

Sources : lanutrition.fr et Peter Muennig, Haomiao Jia, Rufina Lee, and Erica Lubetkin, I Think Therefore I Am: Perceived Ideal Weight as a Determinant of Health, Am J Public Health, Jan 2008; doi:10.2105/AJPH.2007.114769


Prévenir l’obésité chez les adolescentes boulimiques est un problème difficile…

Marian Tanofsky-Kraff et son équipe proposent d’aborder la question en s’aidant d’une forme de psychothérapie intitulée « psychothérapie interpersonnelle » (IPT). L’IPT a fait ses preuves pour réduire les troubles des comportements alimentaires chez des adultes et la dépression chez les jeunes.

L’ITP se focalise sur l’amélioration des relations avec les autres en ciblant les difficultés interpersonnelles et sociales sous-jacentes, qui sont à même d’entraîner les adolescentes à perdre le contrôle de leur alimentation.

Selon ces auteurs, la boulimie est liée à un trouble du fonctionnement social de l’individu et aux troubles de l’humeur qui en sont la conséquence. De fait, engager 38 jeunes filles boulimiques dans une ITP pendant un an a eu pour résultat un gain de poids significativement moindre que chez les jeunes filles témoins, qui suivent les cours d’éducation sur la santé dispensés à tout le monde.


Alli, la nouvelle pilule anti-obésité, est un pari risqué…

Premier médicament anti-obésité vendu sans ordonnance, est commercialisé en France depuis mercredi 6 mai.

Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) espère réaliser grâce à lui un chiffre d’affaires de 15 millions à 20 millions d’euros par an, ce qui en ferait l’un des dix produits d’automédication les plus vendus en France.

Lancé aux Etats-Unis en juin 2007, il s’agit d’une version allégée d’un médicament déjà ancien, le Xenical du suisse Roche, qui reste vendu sur ordonnance. Alli est destiné aux personnes obèses (12,4 % de la population française) ou en surpoids (29 %).

Si le timing du lancement du produit – avant les vacances d’été – est idéal, son succès commercial est loin d’être assuré du fait de ses effets secondaires désagréables. Agissant au niveau de l’estomac et de l’intestin, Alli réduit l’assimilation des lipides. Faute de suivre un régime alimentaire pauvre en graisses, le patient risque des diarrhées sévères. Aux Etats-Unis, ces effets indésirables expliquent les difficultés du produit, dont les ventes sont tombées à 84,7 millions d’euros en 2008, alors qu’elles avaient atteint 169,3 millions dans les six mois qui ont suivi son lancement.

alliLe coût du traitement, de 50 à 60 euros par mois, est aussi en cause. Les études montrent que les patients traités avec Alli perdent environ 5 % de leur poids après 16 semaines de régime et de traitement, une diminution 50 % plus importante qu’avec un placebo. Une efficacité jugée insuffisante par les autorités sanitaires françaises, qui ont décidé de ne pas rembourser Alli. "C’est tout sauf une pilule miracle pour perdre deux kilos avant d’aller à la plage, explique Vincent Cotard, président de GSK santé grand public. Pour perdre du poids, il est indispensable de l’associer à un régime alimentaire et de faire du sport."

D’autres redoutent des dérapages, une augmentation des troubles alimentaires (notamment la boulimie…) et une automédication inadaptée. Parmi ses contre-indications, la prise de certains médicaments (ciclosporine, anticoagulants…). Les troubles digestifs (allant jusqu’aux diarrhées graisseuses) peuvent nuire à l’efficacité de la pilule contraceptive, comme le souligne l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

NON REMBOURSÉ

Alli pourrait venir allonger la liste des échecs des laboratoires dans la lutte contre l’obésité. Alors qu’un milliard de personnes dans le monde sont en surpoids ou obèses, l’industrie n’a pas réussi à lancer de nouveau médicament amaigrissant sur le marché depuis le Xenical, en 1998. Les ventes de ce dernier ont chuté de 21 % en 2008, à 332,3 millions d’euros.

Le laboratoire français Servier avait ouvert la voie dès les années 1980 avec un coupe-faim baptisé Isoméride. Mais ce produit a été retiré du marché en 1997, car il provoquait des hypertensions artérielles pulmonaires. Toujours en vente, le Sibutral (Abott) doit être prescrit par un spécialiste depuis 2002 car il peut augmenter les risques d’hypertension, d’arythmie cardiaque, voire d’infarctus.

Alors que le français Sanofi-Aventis fondait d’énormes espoirs sur l’Acomplia, son traitement anti-obésité, l’Agence européenne du médicament a suspendu son autorisation de mise sur le marché en octobre 2008. Il était soupçonné de provoquer des dépressions.

L’américain Merck a arrêté ses recherches sur une molécule similaire. Comment expliquer une telle série d’échecs ? "L’efficacité de ces médicaments n’est pas discutable, répond le professeur Bernard Guy-Grand, spécialiste de la nutrition, mais ils sont chers, non remboursés et, surtout, ils ne peuvent corriger à eux seuls une pathologie aux sources multiples."

Jérôme Porier

Article paru dans LeMonde du 07.05.09
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