Deux chercheurs américains (étude présentée par Science Daily et relayée par Time et le Daily Mail) suggèrent que la fréquentation assidue des cabines de bronzage pourrait être liée à des troubles psychiques.

Lisham Ashrafioun, de l’université de Bowling Green State (Ohio), et Erin Bonar, de l’université du Michigan, ont interrogé plus de 500 étudiants s’exposant régulièrement aux UV.

Les chercheurs ont ainsi mis en lumière que, parmi les personnes interrogées et les plus sujettes à la dépendance, certaines s’étaient exposées aux UV au moins neuf fois en trente jours.

Ils en ont tiré la conclusion suivante : non seulement chez certains individus le bronzage vire à l’addiction pathologique, mais celle-ci pourrait également avoir un lien avec d’autres troubles mentaux.

Pour leur étude, ils ont utilisé les critères de définition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, utilisé pour diagnostiquer les maladies mentales. Ils en ont conclu que 31 % des personnes interrogées pouvaient être considérées comme ayant une addiction pathologique au bronzage.

Une proportion qui augmenterait chez les personnes sujettes à des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou à la dysmorphophobie, (peur pathologique d’être laid).

patricia-krentcil-44-ans-et-maman-de-5-enfants-aime-visiblement-beaucoup-le-bronzageLes chercheurs dressent un parallèle entre ces pathologies et la dépendance au bronzage. « Il est possible que la fréquentation excessive de cabines de bronzage soit lié aux comportements obsessionnels, ou qu’elle les apaise, en permettant de se détendre », explique ainsi Lisham Ashrafioun.

Si le phénomène d’« addiction au bronzage » n’est pas reconnu scientifiquement, ces chercheurs plaident pour qu’il le soit. « Nous ne disons pas que bronzer conduit nécessairement à une conduite addictive », nuance Lisham Ashrafioun. Mais, nous pensons qu’on ne peut pas exclure cette hypothèse, même chez ceux qui ne souffrent ni de TOC ni de dysmorphophobie. »

Un témoignage :

« J’ai moi-même été une addict aux UV, pendant deux ans environ.

Et chaque été, je présente une sorte d’addiction au bronzage, quitte à annuler tous mes plans pour passer une après-midi en maillot de bain au soleil, même par 36°C.

Je pense que les UV et le soleil en général créent une addiction chez les personnes ayant peur de déprimer, étant stressées, mais aussi souffrant de complexes sur leur apparence physique.

Le fait de passer 20 minutes dans une cabine d’UV, en sentant la chaleur « du soleil » sur sa peau, les yeux fermés, en compagnie de musique, crée vraiment une pause dans la journée, un moment de détente complète, dont on ressort en plus « plus beau ».

Il m’arrivait de passer 5 ou 6 heures allongée au soleil sans rien faire d’autre, en m’ennuyant parfois profondément, mais la seule motivation d’être plus bronzée me tenait sur ces transats (parfois même simplement allongée sur une serviette à même les dalles d’une terrasse – très inconfortable !).

Je trouve très intéressant le fait d’étudier ce comportement addictologique, cela pourrait prévenir les plus jeunes contre les dangers que représentent les UV (je parle des dangers mentaux et physiques). »

Des médecins français font part de leur inquiétude face aux cabines UV, qui occasionneraient la mort de 19 à 76 personnes chaque année sur le territoire national.

Ils appellent à une plus grande sensibilisation sur les risques d’une exposition aux UV, certains plaident même pour l’interdiction pure et dure des salons de bronzage. Car :

  • non, les séances d’UV artificiels ne préparent pas la peau au soleil. « C’est une idée fausse », explique Julie Gaillot de Saintignon (Institut national du cancer)
  • non, le bronzage n’est pas forcément synonyme de bonne santé et de réussite sociale. Bien au contraire à long terme, il « accélère l’apparition de signes de vieillissement cutané », poursuit-elle
  • non, cette pratique « ne peut pas être utilisée comme source de vitamine D »
  • non, «  les UV n’exercent pas d’effet protecteur sur l’incidence de certains cancers non cutanés (sein ou côlon) ».

Sources: bigbrowser.blog.lemonde.fr, Science Daily, Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)