Le nalméfène (Selincro), médicament contre l’alcoolodépendance, a été autorisé par l’Agence européenne du médicament (EMA) en février 2013 et en France en décembre 2013.

Il est indiqué pour réduction de la consommation d’alcool chez les patients adultes présentant une dépendance à l’alcool avec une consommation d’alcool à haut risque (plus de 60 g/jour pour un homme, plus de 40 g/jour pour une femme, soit 6 et 4 consommations), ne présentant pas de symptômes physiques de sevrage et ne nécessitant pas un sevrage immédiat.

En décembre 2013, la Haute Autorité de Santé (HAS) proposait de restreindre le remboursement du médicament aux médecins spécialistes en addictologie ou alcoologie.

Le 26 février 2014, la ministre de la Santé Marisol Touraine s’est opposée à cette décision. Elle s’est engagée au remboursement du médicament lorsque prescrit par les médecins généralistes.

Le nalméfène réduit l’envie de boire en agissant comme antagoniste des récepteurs opioïdes dans la structure cérébrale dite de récompense. En s’y fixant, il modifie leur activité, ce qui aide à réduire l’envie de boire chez les personnes habituées à consommer de grandes quantités d’alcool. Il n’altère pas les effets enivrants de l’alcool.

Il est pris au besoin lorsque la personne anticipe de consommer de l’alcool, de préférence 1 à 2 heures avant le début de cette consommation.

Le médicament a été comparé avec un placebo dans deux études principales incluant 1 322 hommes et femmes présentant une dépendance à l’alcool. Les participants recevaient également des conseils pour les aider à réduire leur consommation d’alcool et à observer leur traitement.

Chez ces participants qui consommaient déjà plus de 60 g d’alcool par jour (pour les hommes) ou plus de 40 g d’alcool (pour les femmes) et qui ont pris le médicament, le nombre de jours par mois à consommation élevée a baissé de 23 à 10 dans la première étude et de 23 à 11 dans la seconde. L’absorption quotidienne a baissé de 102 g à 44 g en moyenne dans la première étude et de 113 g à 43 g dans la seconde. Chez ceux qui ont pris le placebo, le nombre de jours à consommation élevée a baissé de 2,7 et 3,7 jours et la consommation a été réduite de 10 et 18 g d’alcool par jour.

Les effets secondaires indésirables les plus couramment observés (chez plus d’une personne sur 10) étaient: nausées (sensation de malaise), vertiges, insomnie et maux de tête, indique l’EMA. La majorité de ces réactions étaient légères ou modérées et de courte durée. Des états confusionnels et hallucinations (rares) et des phénomènes de dissociation ont également été rapportés, indique l’Agence française de médicament (ANSM). Ces effets, d’une durée de quelques heures à quelques jours et d’intensité légère ou modérée, ont disparu au cours du traitement. Ces effets peuvent mimer une psychose alcoolique, un syndrome de sevrage alcoolique ou un trouble psychiatrique co-morbide.

Parmi d’autres contre-indications, le nalméfène ne doit pas être utilisé chez les personnes ayant des antécédents récents de syndrome aigu de sevrage alcoolique (incluant hallucinations, convulsions et tremblements).

Le nalméfène est apparenté à la naltrexone (nom commercial : ReVia, ailleurs: Antaxone, Depade, Nalorex et Vivitrol) qui est déjà sur le marché. La naltrexone est indiquée pour le traitement de soutien dans le maintien de l’abstinence chez les personnes alcoolo-dépendantes. Le traitement ne peut être institué qu’après la phase de sevrage alcoolique, et doit être associé à une prise en charge psychothérapeutique.

Les autres médicaments disponibles contre l’alcoolo-dépendance sont l’acamprosate et le disulfiram.

L’acamprosate (Aotal) est indiqué pour le maintien de l’abstinence. Il doit aussi être associé à une prise en charge psychothérapeutique de type TCC, de même qu’avec tout traitement médicamenteux (y compris le baclofène).

Le disulfiram (Esperal) est un adjuvant dans la prévention des rechutes.

Selincro ne concerne que les personnes non-abstinentes et n’est pas destiné aux personnes dont l’objectif est une abstinence immédiate.

Sources: psychomédia.qc.ca, EMA, ANSM, Doctissimo.

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