La chambre disciplinaire de l’ordre des médecins d’Ile-de-France a condamné, le 17 mars, les professeurs Philippe Even et Bernard Debré, auteurs du best-seller Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux à un an d’interdiction d’exercer la médecine, dont 6 mois avec sursis.

Le livre, sorti en 2012, s’est vendu à 200 000 exemplaires.

Il leur est reproché leur manque de confraternité : ils ont, estime la chambre disciplinaire, « gravement mis en cause la compétence et l’honnêteté de médecins ».

Il s’agit notamment des allergologues, qualifiés de « gourous, de charlatans ou de marchands d’illusions ». En décriant les traitements prescrits, « les auteurs suscitent chez les patients un sentiment de défiance à l’égard du médecin traitant », est-il précisé.

Qu’est-ce que ce devoir de confraternité ?

L’article 56 du Code de déontologie médicale, stipule que: « Les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité. Un médecin qui a un différend avec un confrère doit rechercher une conciliation, au besoin par l’intermédiaire du conseil départemental de l’Ordre. Les médecins se doivent assistance dans l’adversité. »

L’Ordre commente ainsi cet article:

« Cette confraternité de principe se traduira par des attitudes, des comportements qui soient clairs, en particulier, vis-à-vis des patients ; lorsqu’un médecin croit découvrir une erreur commise par un confrère, la meilleure conduite consiste à entrer en rapport avec lui. Il en est de même en bien d’autres circonstances. Le patient ne doit jamais être ni l’objet ni même le témoin d’affrontements entre praticiens qui se disent confrères. Le médecin ne doit jamais médire d’un confrère dans l’exercice de sa profession, mais plutôt prendre sa défense s’il est injustement attaqué. »

On peut également lire : « Les rapports de bonne confraternité permettent aussi de garantir que les intérêts des patients seront assurés. Comment l’efficacité d’une équipe médicale pourrait-elle se manifester en dehors de ces principes ? » (!)

Le Pr Even a l’intention de faire appel de cette décision auprès du Conseil de l’Ordre des médecins. Si la requête est refusée, il compte saisir les instances européennes « au nom de la liberté d’expression des médecins, dans l’intérêt des patients ».

Un billet de Farfadoc (blog), médecin de famille, illustre avec humour les ambiguïtés du principe de confraternité.

(Farfadoc s’est fait connaître du public à l’été 2012 alors qu’elle a mis en ligne une pétition contre la chemise de nuit ouverte qui a recueilli des milliers de signature en quelques jours.)

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Source: Psychomédia