Un jour, j’ai traversé la Garonne, du côté de Moissac.

Au loin, un passeur manœuvrait son bateau d’une berge à l’autre, avec une grande assurance.

Je lui ai demandé, après avoir atteint la rive opposée, si l’on pouvait apprendre à naviguer comme lui.

– Oui, m’ a-t-il dit. Un bon passeur y parvient tout de suite, même s’il n’avait jamais été sur un bateau de sa vie.

Je lui ai demandé de plus amples explications, mais il n’a rien voulu ajouter.

– Comment cela ? insistais-je.

Il me répondit :

Le bon passeur y parvient tout de suite, parce qu’il oublie l’eau.