«Chaque année, plus de 216.000 femmes sont victimes de violences commises par leur partenaire» alerte le gouvernement, qui a présenté le bilan de son plan d’action.

Les violences faites aux femmes sont-elles plus nombreuses, ou mieux signalées?

Le numéro d’urgence 3919 a vu ses appels bondir de près de 28 % en un an. Soit 60.534 appels reçus entre le 1er janvier et le 31 octobre 2014 (contre 47.380 appels en 2013), selon le gouvernement qui a présenté jeudi matin son bilan sur le plan d’action contre les violences faites aux femmes.

«Nous avons une augmentation importante d’appels depuis le début de l’année car la plateforme est désormais ouverte 7 jours sur 7 avec des horaires élargis, explique Françoise Brié, la vice-présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes qui gère la plate-forme téléphonique. C’est aussi le résultat de toutes les campagnes de communication et d’une union politique sur ce sujet depuis plusieurs années. Les femmes savent maintenant qu’elles peuvent être écoutées, que cette écoute est anonyme et qu’elles ont des solutions pour s’en sortir. Il y a trente ans, les femmes étaient complètement démunies, culpabilisées, enfermées dans le silence.

Aujourd’hui, le tabou de cette violence est en partie tombé même si nous rencontrons dans nos structures encore beaucoup de femmes qui disent avoir eu honte de parler».

INF319bf2ce-70cf-11e4-8b5a-134ccaaaf9f6-767.99x531.08Seulement 10% des victimes de viol ou tentative de viol déposent plainte

Le phénomène de ces violences reste massif, souligne la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Et la période de crise que traverse le pays n’y serait peut-être pas étrangère, selon Françoise Brié. «Nous sommes dans une période économique compliquée et cela peut également être un facteur aggravant de ces violences», estime cette dernière.

«Chaque année, plus de 216.000 femmes sont victimes de violences commises par leur partenaire. 86.000 femmes rapportent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol, et seules 10 % d’entre elles déposent plainte, alertent également la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, et la secrétaire d’État aux Droits des femmes, Pascale Boistard. Ces chiffres soulignent l’ampleur de ces violences inacceptables qui ont de très lourdes conséquences sanitaires, psychologiques, économiques et sociales».

Une étude réactualisée évalue d’ailleurs à 3,6 milliard d’euros le coût économique des violences au sein du couple et leur incidence sur les enfants. Ce calcul prend notamment en compte les aides sociales, les soins de santé, les pertes de production, les frais de police et justice.

Enfin, alors que 600 solutions d’hébergement d’urgence nouvelles ont été créés depuis 2013, le renforcement de l’accès au logement autonome des femmes victimes de violences est une des priorité du gouvernement pour l’année 2015 avec la formation des professionnels pour le repérage et la prise en charge des victimes de violences.

En soulignant l’importance des violences faites aux femmes, n’oublions pas que les hommes, aussi, sont victimes de violences dans leur couple (cf ma chronique du 12/02/2015).

 

Sources : lefigaro.fr, Fédération Nationale Solidarité Femmes, theguardian.com, telegraph.co.uk