Une jeune femme, Bernadette, a une promotion dans son travail.

Les commentaires commencent, et vont bon train.

« Elle a eu le poste parce qu’elle est mignonne. Elle a dû taper dans l’oeil de la hiérarchie. » »Avec le peu d’expérience qu’elle a, elle ne mérite vraiment pas ce poste. » « Saviez-vous qu’un jour, elle s’est trompée… », etc… etc…

Bernadette rend visite à son père antiquaire toulousain, pendant le week-end.

Elle lui raconte sa promotion, son stress, les moqueries des autres, et tous ses doutes après ces attaques sournoises.

« – Mais pourquoi te laisses-tu atteindre par ces collègues ? demande le père
– Ils connaissent bien le travail, ont plus d’ancienneté que moi…
– Ecoute ma chérie, j’ai un service à te demander, et qui va te changer un peu les idées. Pourrais-tu aller au marché de Saint Sernin, demain matin, vendre cette théière en faïence ? Je viens de la récupérer dans une vente et j’aimerais m’en débarrasser. Mets-la en vente, 90€ minimum s’il te plaît.
– 90€, ce n’est pas excessif, comme prix ?
– Ecoute, compte tenu du prix que je l’ai payée, il me faut cela. Ca te fera un petit exercice de vente. »

théièreLe lendemain Bernadette passe sa matinée à essayer de vendre la théière, mais rien à faire. Quelques personnes s’y intéressent, mais aucune ne se décide à l’acheter.

Elle raconte ses mésaventures à son père, qui lui dit :

« Maintenant prend cette théière et visite cinq de mes confrères de la rue Croix-Baragnon. Mais cette fois-ci, demande leur seulement ce qu’ils seraient prêts à payer, mais tu ne vends pas la théière. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le premier antiquaire lui propose 400€, d’autres plus, et l’un va même jusqu’à 1000€!!!

Bernadette n’en revient pas.

Elle raconte cela à son père, qui lui demande :

« Pourquoi n’arrivais-tu pas à la vendre 90€ ce matin ?
– Parce que je me suis adressée à une clientèle de gens qui ne connaissaient pas ce modèle ancien, le « Staffordshire », et ignoraient sa vraie valeur.
– Et selon toi, pourquoi mes confrères antiquaires t’ont proposé autant pour la théière ?

– Parce qu’ils sont des professionnels. Ils ont vu tout de suite que ce pot date de 1760, qu’il a une grande valeur.
– Bien. Maintenant pense à tes collègues. Pourquoi leur confies-tu le droit de juger ta propre valeur? Sont-ils des experts ?
– Non.
– Vois-tu ma chérie, ne te laisse jamais atteindre par les jugements de ceux qui ne sont pas des experts. Ecoute seulement les jugements des professionnels ou des experts en nature humaine. Et tu verras que ta valeur est bien plus grande que tu ne l’imagines. »