Tapie, discrète, l’angoisse peut surgir à chaque instant.

Par sa puissance, elle submerge ou sidère.
Mais l’angoisse constitue aussi un puissant moteur. Dès les premiers moments de l’existence avant même et avec la naissance, jusqu à l’angoisse de mort qui nous saisit au terme de la vie, elle nous accompagne à chaque étape.
Quelle est l’origine de l’angoisse ?
Quels sont ses mécanismes ?
Comment vivre au quotidien avec cette compagne souvent inopportune ?
Comment la surmonter ?

Du trauma aux conduites à risque, de l’angoisse à l’effroi ou la panique, de ses conséquences sur la sexualité à son impact sur les rêves… tout ce qui permet de mieux comprendre l’angoisse est analysé. En se fondant sur les souvenirs, les rêves, les frayeurs inexpliquées, les actes manqués…, cet ouvrage permet de découvrir comment l’accueillir et la transformer.

L'angoisse l'accueillir pour la surmonterL’angoisse est un malaise plus ou moins intense qui surgit souvent de façon inattendue. Elle peut être momentanée ou s’installer durant de longs moments. L’angoisse s’accompagne d’un serrement « au creux de l’estomac ».

Lorsqu’elle est intense, il s’ajoute d’autres réactions physiologiques: difficulté à respirer, transpiration, palpitations, étourdissement, faiblesse, nausée, etc. À cause de cela, la crise d’angoisse est parfois confondue avec un malaise cardiaque.

L’angoisse peut surgir à l’occasion d’une pensée, au contact d’une personne, d’un lieu, d’une odeur… On peut ne pas avoir conscience de ce qui l’a déclenchée et avoir l’impression qu’elle « vient de nulle part ». Mais l’angoisse a toujours un fondement, elle ne vient jamais de « nulle part ». C’est le fait de repousser l’expérience qui tend à apparaître à la conscience qui donne l’angoisse.

Le rejet de ce qui cherche à émerger donne lieu à une bataille intérieure qui prend la forme d’une angoisse. Le grand inconfort qu’on nomme angoisse est en effet le résultat de forces qui s’affrontent en nous: celles qui poussent le sujet à émerger et celles qui repoussent ce sujet de la conscience.

Contrairement à la peur, l’angoisse ne semble, à première vue, reliée à aucun objet. Mais en fait elle apparaît lorsqu’on néglige de faire une place à un sentiment qui émerge ou à un sujet qui nous préoccupe.

On devrait considérer l’angoisse comme un signal. Le signal qu’on repousse une émotion ou une préoccupation.

Mais l’angoisse qui persiste est un signe que l’émotion ou le sujet de préoccupation est repoussé régulièrement: « Je me réveille avec angoisse qui sous-tend une peine ou un mécontentement par rapport à quelque chose de mon existence, peine où mécontentement sur lequel je ne m’arrête jamais. » L’angoisse persistera tant que je ne consentirai pas à « rester avec » le sentiment refusé.

On doit considérer l’angoisse comme un « symptôme », au même titre que l’insomnie, la « migraine de tension », et que d’autres réactions psycho-somatiques comme l’irruption d’eczéma, etc…

On peut comprendre qu’elle surgisse sans qu’on sache pourquoi puisqu’elle remplace l’émotion refusée. On peut comprendre aussi qu’elle surgisse à l’occasion d’une pensée, d’un contact, devant une image, en humant un parfum, etc… Ces situations stimulent le sentiment ou le sujet de préoccupation occulté systématiquement.

Il faut donc voir l’angoisse comme un signal: quelque chose d’important se passe en nous.

Il s’agit d’un vécu qui nous fait peur et devant lequel on a la réaction de fermer les yeux.

Biographie de l’auteur

Gérard Bonnet est psychanalyste (APF), co-créateur du Collège des Hautes Etudes Psychanalytiques. Il a été enseignant de psychopathologie à l’Université Paris VII, secrétaire de rédaction de la Revue Psychanalyse à l’Université. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de psychanalyse. Il dirige l’école de Propédeutique à la Connaissance de l’Inconscient (EPCI), où il dispense un enseignement de psychanalyse destiné à un large public.

Source: « L’angoisse – l’accueillir, la transformer« , de Gérard Bonnet, éditions In Press