Face à la société de surveillance générale…

L’état inquiétant du monde actuel et son rapport au numérique sont peu pensés sous l’angle de leurs liens les plus profonds.

L'Homme post-numériqueAlors que partout les autorités projettent de s’engager dans une « ère du numérique » parée de toutes les vertus, le nouveau livre de François de Bernard lance un pavé dans la mare, en décrivant ce qui est en train de se passer : non pas une simple mutation technologique et économique, mais une révolution anthropologique et sociologique dans laquelle l’homme « humain » (le citoyen), dûment domestiqué et placé sous une surveillance le plus souvent volontaire, laissera place à l’homme « numérisé » (le consommateur-contribuable).

De fait, jamais la colonisation des esprits, des imaginaires et des corps n’a été rendue aussi massive et performante entre les mains d’un tout petit nombre.

C’est que la partition des cerveaux, comme celle des ordinateurs, fonctionne bien : elle permet au projet despotique de se poursuivre avec une vigueur exceptionnelle. Se met ainsi en place à l’échelle planétaire un pouvoir oligarchique alliant « élites » publiques et grands groupes privés, comme Google ou Apple.

L’auteur en appelle à une insurrection civique pour limiter les ravages de cette course à la numérisation généralisée sur la culture, le tissu social et les libertés publiques, d’abord par la création d’outils pédagogiques.

Une étape vers l’avènement d’un homme « post-numérique » qui (re)découvrira les mérites de la lenteur, de la dé-virtualisation des rapports humains, etc. Au service de l’habitabilité de la Terre.

Ce livre s’efforce ainsi de rappeler comment le numérique a pu envahir nos vies : un « virtuel » qui en est venu à évincer le « réel » jusqu’à prendre toute sa place. Il s’intéresse à la nature des changements auxquels nous sommes confrontés, à leurs paradoxes et à leurs outils (les « TIC »).

Il s’attache à la question de la surveillance et du contrôle généralisés, point de bascule de nos sociétés vers le modèle d’une tyrannie numérique déjà effective. Il propose de contourner le piège historique que nous avons forgé, en désignant les voies possibles de la résistance citoyenne et en esquissant le projet d’un homme post-numérique. Il précise enfin ce que pourrait être une mobilisation post-numérique à la hauteur des enjeux et des défis contemporains.

Qui est l’auteur ?

François de Bernard, philosophe et consultant indépendant, anime aussi le réseau transdisciplinaire du GERM. Il est l’auteur de nombreux articles, ouvrages collectifs, fictions et essais, parmi lesquels La Cité du chômage (Verticales, 1997), L’Emblème démocratique (1001 Nuits, 1998), La Pauvreté durable (Félin, 2002), le Dictionnaire critique des mondialisations (2002, Pré aux Clercs), La Fabrique du terrorisme (Yves Michel, 2008).

 

Source: « L’Homme post-numérique« , de François de Bernard, éditions Yves Michel

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