angoisse


Dans son livre « Awaken the Giant Within » (L’éveil de votre puissance intérieure), Anthony Robbins dénombre 10 grandes catégories d’émotions négatives: l’inconfort, la peur, la douleur, la colère, la frustration, la déception, la culpabilité, l’inaptitude, la surcharge, la solitude.

Alors que ces émotions peuvent être douloureuses, elles peuvent aussi être des alliées que nous pouvons utiliser pour changer immédiatement la qualité de notre vie.

Au lieu de se laisser contrôler par ces émotions, nous les reconnaissons comme des signaux pour prendre une action. Cette action peut être soit de changer notre perception d’un événement soit de modifier notre comportement.

Voici ces 5 émotions négatives majeures à maitriser. Quelles sont ls vôtres ?

1. L’INCONFORT

Egalement connu comme l’ennui, le malaise, l’angoisse, ou la gêne légère.

L’inconfort vous envoi un message que quelque chose n’est pas complètement comme vous aimeriez qu’elle soit. Peut-être est-ce votre perception de la chose ou les actions que vous entreprenez qui ne produisent pas les résultats que vous espérez.

Les solutions:

  • Clarifiez ce que vous voulez vraiment.
  • Affinez vos actions. Essayez une approche différente et vérifiez si vous pouvez immédiatement changer la façon dont vous vous sentez dans cette situation.

2. LA PEUR

Surnommée aussi inquiétude intense, anxiété et terreur, la peur a un rôle bien précis. C’est simplement l’anticipation que quelque chose, qui va bientôt arriver, a besoin d’être préparée.

Les solutions:

  • Examinez ce à propos de quoi vous avez peur et évaluez ce que vous devez faire pour vous préparer mentalement. Pensez aux actions que vous devez prendre pour faire face à la situation de la meilleure façon possible.
  • Prenez conscience que vous avez fait tout votre possible pour vous préparer et réalisez que très peu de peurs se concrétisent réellement.

3. LA DOULEUR

Le sentiment de douleur est généralement associé à un sentiment de perte ou d’une attente non satisfaite.

C’est l’émotion qui semble le plus dominer les relations humaines. Ce sentiment apparaît souvent quand nous attendons à ce que quelqu’un respecte sa parole, mais qu’il échoue à tenir sa promesse.

Les solutions:

  • Réalisez qu’en réalité vous n’avez rien perdu. Peut-être que ce que vous avez besoin de perdre est la perception fausse que cette personne essaie de vous blesser.
  • Réévaluez la situation : « Suis-je en train de juger cette situation trop tôt ou trop durement ? »
  • Une troisième manière est de communiquer votre sentiment de perte à la personne concernée. Par exemple, « L’autre jour où cette personne est arrivée, j’ai du mal interpréter ce que vous m’avez dit. Pouvez-vous préciser ?  »

4. LA COLERE

Aussi connu comme ressentiment furieux ou irrité.

Le message que vous envoi le sentiment de colère est qu’une de vos normes ou règles importantes de vie n’a pas été respecté par quelqu’un d’autre ou peut-être par vous-même. Quand vous ressentez de la colère, vous pouvez littéralement changer cette émotion en un instant.

Les solutions:

  • Réalisez que vous avez peut-être complètement mal interprété la situation. Peut-être que la personne, qui a brisée vos règles, n’a pas réalisé combien c’était important pour vous.
  • Sachez que même si une personne viole une de vos normes, ces normes ou valeurs ne sont pas nécessairement les bonnes.
  • Posez des questions plus stimulantes: « Sur le long terme, cette personne se soucie t’elle vraiment de moi ? », « Que puis-je en tirer ? », « Comment puis-je communiquer l’importance de mes normes à cette personne ? »

5. LA FRUSTRATION

C’est un signal plutôt positif qui signifie que votre cerveau croit que vous pourriez faire mieux que ce que vous êtes actuellement en train de faire.

La solution est à votre portée mais ce que vous faites actuellement ne fonctionne pas. Ce signal vous dit d’être plus flexible dans votre approche.

Les solutions:

  • Réalisez que la frustration est votre amie. Réfléchissez à d’autres façons d’obtenir un résultat. Comment pouvez-vous être plus flexible dans votre approche ?
  • Cherchez après un modèle; quelqu’un qui a trouvé un moyen d’obtenir ce que vous voulez.
  • Soyez fasciné par ce que vous pourriez apprendre qui pourrait vous aider à gérer ce défi, non seulement aujourd’hui mais dans le futur.

 

La suite ? Demain…

 

Sources : motive-toi.com/vie, Anthony Robbins

« La plus grande menace qui pèse sur la santé aujourd’hui n’est ni le cancer ni le sida…, mais le stress !»

(Institut américain du stress)

Le stress !

On estime que 75 à 90 % des consultations auprès des médecins généralistes portent sur des problèmes liés au stress.

Pensez-vous que ces affirmations et chiffres soient exagérés ?

Qu’ils sont trop… stressants ?

Ou bien faites-vous partie de cette catégorie, assez utopique, des gens qui ne sont jamais stressés ?

Ce serait tout de même surprenant, même si certains gèrent mieux leur stress que d’autres, ou se trouvent dans des environnements « protégés » plus favorables à la quiétude…

Pendant longtemps, je me suis pris pour un super héros.

Et j’ai fini par me noyer sous ma pile de linge en retard. J’ai du apprendre à déléguer.

Ça peut sembler facile de déléguer : il suffit de trouver quelqu’un pour faire le travail à notre place !C’est vrai quand on n’aime pas ce qu’on fait et qu’on veut s’en débarrasser.

coach, F.Duval-Levesque psychopraticien et hypnothérapeute, TCC, déléguerApprendre à déléguer est particulièrement difficile, parce que ça signifie apprendre à faire confiance.

C’est également difficile, parce qu’une tâche déléguée peut nous bloquer dans notre travail tant qu’elle n’est pas terminée, et que finalement “ça ira plus vite si je le fais moi-même”.

Déléguer nécessite également de bien connaître les gens avec qui on travaille, pour comprendre qui est en mesure de faire quoi.

C’est enfin avoir l’humilité de dire qu’on ne peut pas être partout à la fois.

Et qu’à un moment il faut être capable de demander de l’aide.

 

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Divers médecins et psychopraticiens ont décrits à leur façon les phases du burn-out.

Il en ressort trois phases principales:

Phase 1 du burn-out

Dans la première phase, nous éprouvons un enthousiasme débordant et avons des buts élevés, idéalistes. Nous tendons simultanément à une légère surévaluation et sommes prêts à travailler infatigablement.

Phase 2 du burn-out

Les premiers problèmes et résistances nous freinent. Nous travaillons encore plus pour compenser jusqu’à ce que les obstacles semblent infranchissables. De premières peurs surgissent, que nous n’avions pas remarquées, mais refoulées dans la première phase.

Nous accusons les autres, critiquons le système, perdons la joie de travailler et mettons en question notre propre compétence, le tout en réfléchissant à tout laisser tomber. Des premiers symptômes physiques se manifestent. Notre irritabilité augmente également.

Phase 3 du burn-out

Nous sommes complètement déçus et démotivés. Les dépressions deviennent quotidiennes et la vie semble futile. Maintenant rien ne va plus.

Le psychologue allemand Matthias Burisch a donné une autre description dans son livre paru en 2010 “Das Burnout-Syndrom (Le syndrome de burn-out)”:

1. Symptômes d’alerte dans la phase initiale de burn-out

  • Engagement excessif d’énergie (par exemple hyperactivité, travail volontaire supplémentaire impayé, et déni de ses propres besoins)
  • Epuisement (par exemple manque d’énergie, manque de sommeil)

2. Baisse de l’engagement

  • Envers les clients et patients (par exemple perte de sentiments positifs, plus grande distance envers les clients)
  • Envers les autres en général (par exemple perte de l’empathie, apparition de cynisme)
  • Envers le travail (par exemple désillusion, aversion et lassitude, absences)
  • Exigences accrues (par exemple ressentir un manque de reconnaissance et/ou le sentiment d’être exploité)

3. Réactions émotionnelles

  • Sous forme de dépression (par exemple sentiments de culpabilité, d’échec, autocommisération)
  • Sous forme d’agression (par exemple reproches à autrui, irritabilité, blâmes à autrui, humeur changeante)

4. Dégradation de la performance cognitive (par ex. désorganisation, incapacité à prendre des décisions, manque de concentration)

  • Baisse de motivation (par ex. service minimal, manque d’initiative)
  • Diminution de la créativité (par ex. imagination et flexibilité moindres)
  • Perte de l’acuité de jugement (par ex. pensée rigide (en noir et blanc), résistance à tout changement quelconque)

5. Nivellement par le bas

  • De la vie émotionnelle (par ex. indifférence)
  • De la vie sociale (par ex. éviter tout contact informel, solitude)
  • De la vie spirituelle (par ex. renoncement aux hobbys, désintérêt général)

6. Réactions psychosomatiques (par ex. sous forme de troubles du sommeil, maux de tête, douleurs respiratoires, etc.)

7. Désespoir: sentiment d’impuissance, désespoir allant jusqu’au suicide

Source : swissharmony.ch

Le burn-out ne sera pas reconnu automatiquement comme maladie professionnelle !

La loi sur le dialogue social comprendra simplement « un début de reconnaissance » de l’épuisement professionnel. Le ministre du Travail François Rebsamen estime que cette maladie n’est pas « uniquement liée au travail ».

Le projet de reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle est à moitié-enterré !

Stressed Man Worries About Economy, Paying Bills, RetirementPour rappel, cette reconnaissance de ce syndrome d’épuisement professionnel ne figurait plus lundi 20 juillet dans le texte adopté par le Sénat, mais le gouvernement devrait la réintroduire en partie d’ici à jeudi 23 juillet à l’Assemblée nationale en vue de l’adoption définitive du projet de loi.

Mercredi 22 juillet, le ministre du Travail François Rebsamen a expliqué sur Europe 1 que la loi sur le dialogue social comprendra « un début de reconnaissance » du « burn-out », mais ce syndrome d’épuisement professionnel ne figurera pas « au tableau des maladies professionnelles ».

« Pas uniquement liée au poste de travail »

« Le burn-out, c’est un début de reconnaissance. C’est normal, cela peut exister. Mais ce n’est pas une maladie qui peut figurer au tableau des maladies professionnelles, parce qu’elle n’est pas uniquement liée au poste de travail. […] J’ai renvoyé à des commissions régionales qui pourront, quand il y a des cas très précis, y répondre », a expliqué le ministre du Travail.

Concrètement, la reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle sera décidée au cas par cas, elle ne sera pas automatique.

Près de deux salariés sur dix souffriraient de burn-out

Le phénomène d’épuisement professionnel est très présent dans le monde du travail, si l’on en croit les dernières études publiées.

Près de deux salariés sur dix (17%) avouent être concernés personnellement par le burn-out, selon une enquête de l’Institut Think pour le cabinet de conseil Great Place To Work, rendue publique mercredi 7 janvier.

Les premiers touchés ? Les professions intermédiaires, les cadres ou les managers (56%) ainsi que les femmes (53%) et les salariés âgés entre 45 et 54 ans (53%).

 

Sources : latribune.fr, lemonde.fr, challenges.fr

 

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Cela concerne tout de même

plus de 9 millions d’individus.

Par Guillaume de Fonclare, écrivain.

Dans la nuit du 11 au 12 juin, l’Assemblée nationale votait le projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnance sur la mise en accessibilité des lieux publics et transports aux handicapés.

On le sait, les nuits à l’Assemblée sont rarement le moment de prendre de grandes décisions, et les représentants du peuple ne veillent plus trop pour ce faire; c’est en général plutôt la période pour faire passer les lois qui ennuient tout le monde, ou bien pour tenter de faire en catimini ce que l’on n’assumerait pas à la lumière du jour. Celle-ci est de la dernière espèce, puisqu’elle donne quitus au gouvernement pour faire de la charpie avec une bonne partie des dispositions qui obligeaient à ce qu’en cette année 2015, l’ensemble des édifices recevant des publics (ERP) soit accessible aux personnes handicapées.

Cette loi de 2005 n’était pas une mesurette prise à la va-vite pour contenter une petite frange vitupérante de la population, puisque 9 millions d’individus étaient potentiellement concernés[1], et qu’il s’agissait de mettre en œuvre un véritable projet de société, se donnant une contrainte de fraternité pour que tous les citoyens aient la liberté d’accéder à tous les lieux de manière égale – de manière égale, ce qui revient à dire de façon autonome – sans que ne se pose plus la question pour les handicapés de savoir s’il sera possible d’aller à la Poste, à la Mairie, au restaurant ou au supermarché. Une loi avec un horizon à moyen terme, définissant des objectifs clairs et chiffrés, une loi comme on aimerait que nos politiques en proposent plus souvent.

La vie quotidienne d'un jeune handicape moteur Issy les Moulineaux, FRANCE -     13/10/2005

La vie quotidienne d’un jeune handicape moteur Issy les Moulineaux, FRANCE – 13/10/2005

Mais non, c’était trop simple, et l’argent manquait. Exit donc la liberté, l’égalité et la fraternité, et désormais, le Gouvernement pourra utiliser le système des ordonnances pour décider qui, de ses administrés, sera le bon ou le mauvais élève. On imagine que les lobbies ne sont pas étrangers à l’enterrement sine die de ces résolutions.

Lobbies ? Mais quels lobbies pourraient être à l’œuvre pour retarder la mise en pratique d’une loi permettant l’application de si nobles desseins, en se donnant les moyens de l’efficacité puisqu’elle prévoyait une échelle des sanctions des plus incitatrices ? Qui donc aurait assez de noirceur d’âme pour travailler à laisser au seuil de l’entrée ou au bas d’un escalier les plus démunis d’entre nous ? Qui peut avoir aussi peu de compassion pour ne pas entendre la réclamation soutenue depuis plus de quarante ans par des millions de malades de longues durées et de handicapés, de sourds et de malentendants, d’aveugles et de malvoyants ?

Nos élus, d’abord, pour qui la réfection du pas de porte de la Mairie n’a jamais fait partie des dépenses obligatoires ; c’est vrai, l’invalide est discret et il sort peu de chez lui, et pour cause. Alors, on s’imagine qu’il ne pèse guère dans les urnes. Ce qui n’est pas faux, puisqu’on ne lui en permet pas l’accès en le laissant dehors, ce qui est encore le meilleur moyen de l’empêcher d’exprimer son mécontentement. Les entrepreneurs du BTP ensuite, que toutes ces règles contraignantes ennuient ; un obstacle à la reprise de plus, sans doute. Enfin, l’Etat et les Collectivités territoriales qui sont incapables de mettre en œuvre dans les écoles, collèges, lycées et tous les édifices dont ils ont la charge les normes qu’ils produisent.

Eh oui ! un jour, on s’enflamme, on s’élève, on harangue, on crie à l’indignité nationale et on fait une loi qu’on veut réparatrice de toutes les injustices, et dix ans plus tard, on constate qu’on a été mauvais et on se fait délétère pour les libertés publiques et la libre circulation. Délétère pour les libertés publiques ? Eh bien, comment appeler un vote qui cautionne le fait que 85% des ERP ne soient pas aux normes pour les handicapés en fauteuil roulant, et quatre écoles primaires sur dix interdites aux enfants handicapés moteurs?

Qu’on invoque une certaine souplesse dans le régime des sanctions, pourquoi pas. Qu’on repousse d’une ou deux années, passe encore. Mais qu’on se donne la possibilité de faire du cas par cas pour faire au mieux des intérêts d’on ne sait qui, c’est inacceptable. Certes, on nous promet que dans un délai de trois ans, 80% des établissements ayant une capacité d’accueil d’au moins 200 personnes maximum auront été contraints de réaliser des travaux d’accessibilité. Dans trois ans ? Et c’est neuf ans qu’on accordera aux établissements de plus grandes capacités, et à condition qu’ils ne rencontrent pas, les uns et les autres, de difficultés financières. Mais que le handicap soit relégué au rang des faillites nationales, voilà qui ne gêne personne. Et prendre des engagements sur des engagements qui n’ont pas été tenus, qui les croira ?

Oh bien sûr, ne soyons pas chiches, il y a des avancées. Discrètes tout de même pour qui circule en fauteuil roulant ; nous vivons la folie du pavé décoratif à la rusticité pseudo-médiévale avec une joie très modérée, goûtant peu les après-midi de shopping passer à trébucher pour qui voit mal, ou à se faire déglinguer les vertèbres pour qui use du fauteuil ; de même, nous apprécions les descentes de trottoirs mode précipice avec un allant tout en mesure, et le franchissement des seuils de portes automatiques type herse avec un courage tout à fait déclinant au fil des heures de pratique. Car lorsqu’on fait, qu’on construit, qu’on met aux normes, on se targue d’être dans la règle, sans jamais se réjouir de faire dans le confort. Le confort de l’utilisateur s’entend ; bref, être solidaire de ceux pour qui on aménage (on n’ose dire «fraternels»).

Enfin, force est de constater que voici un vote qui exonère un peu plus la Gauche de son rôle de défenseur du faible et de l’opprimé. De nuit, en catimini, on casse et on ajourne ; cela tient plus du changement de cap vers la rigueur de 1983 que de la Liberté guidant le Peuple de 1848, on me l’accordera (la juxtaposition des deux figures de Messieurs Fabius et Delacroix exprimant tout sur le plan symbolique de ce virage incontrôlé, il faut en convenir).

Je suis un citoyen diminué de corps, mais je ne suis pas dénué de droits, et en premier lieu, celui de m’indigner devant une action inopportune, et qui ne relève pas du mandat qu’en tant que représentant du peuple, j’ai confié aux députés qui portent ma voix. C’est grandiloquent, sans doute, c’est vain, sûrement ; mais c’est tout, sauf inutile. Car s’emporter contre l’iniquité n’est jamais un geste superflu. Et ce vote de l’Assemblée est un acte inique, qu’on se le dise.

Guillaume de Fonclare

[1] Un rapport INSEE indique que «les personnes qui déclarent avoir un problème de santé depuis au moins six mois et rencontrer des difficultés importantes dans leur activité quotidienne ou avoir eu un accident du travail dans l’année, […] définition beaucoup plus large de la population handicapée, ce nombre s’élève à 9,6 millions de personnes.»

Né en 1968 à Pau, Guillaume de Fonclare a dirigé l’Historial de la Grande Guerre, à Péronne, dans la Somme, jusque fin 2010. Lui-même invalide à cause d’une maladie orpheline, cousine des myopathies, il est l’auteur de «Dans ma peau» (2010), «Dans tes pas» (2013) et «Joë» (2014), tous trois parus aux éditions Stock.

 

Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/

Gravement malades, ils écrivent leur vie pour affronter la mort…

Au CH de Chartres, Valeria Milewski, écrivain, mène une expérience aussi profonde qu’originale : elle écrit la biographie des personnes en fin de vie, pour les aider à affronter par le récit l’ultime échéance.

Huguette a 76 ans.

Avec son vernis rose et son sourire, elle ne ressemble pas aux clichés catastrophistes des mourants que véhiculent les documentaires.

D’une voix calme et lente, elle raconte sa vie d’infirmière à Valéria qui prend des notes.

Elles en sont à la deuxième séance. Huguette s’est lancée, dit-elle, parce qu’elle a toujours regretté que ses parents n’aient pas pu lui transmettre leur propre histoire. «Ils sont partis sans que je sache grand-chose d’eux». Elle s’arrête souvent, cherche ses mots. «J’ai eu une belle vie. Ce qui m’effraie le plus, c’est la déchéance, de devenir complètement dépendante», confie-t-elle. «J’ai l’impression d’avoir bien conduit ma vie, j’aimerais bien conduire ma mort», affirme celle qui se sait condamnée. «Ici, c’est pas la science pour la science, il y a un lien de confiance».

Valéria Milewski hoche la tête. Depuis huit ans, dans son petit bureau du service oncologie de l’hôpital Louis Pasteur de Chartres, elle écrit la biographie des personnes en fin de vie.

Avec sa robe multicolore, sa taille menue et ses éclats de rire, elle ne passe pas inaperçue dans les couloirs austères du CH.

«J’ai eu cette intuition: se raconter, se déposer, se ressaisir par l’écriture pouvait alléger les derniers moments, et permettre aux personnes de ne pas perdre le fil de leur humanité» explique celle qui écrivait déjà pour le théâtre avant d’avoir l’idée en 2004, de faire de la biographie hospitalière. En 2007, elle intègre le service cancérologie de l’hôpital Louis Pasteur de Chartres, pour écrire les récits des «personnes gravement malades». Elle préfère cette expression à celle de «fin de vie». «On est tous en fin de vie, je peux sortir dehors et me faire écraser !», lance-t-elle dans un sourire.

Comment la personne en fin de vie peut donner de l'unité, du sens et de la cohérence à sa vie« Qu’ai-je fait de ma vie ?» se demande souvent la personne au seuil de la mort.

La maladie grave disloque, déchire, explose la personne dans sa chair et dans son esprit.

Par son récit, la personne malade peut donner de l’unité, du sens et de la cohérence à sa vie, explique Valéria. Séance après séance (elle a vu un de ses patients pendant trois ans, une cinquantaine de fois, mais parfois la biographie se résumera à un simple entretien), l’écrivain les aide, patiemment, à recoudre les pièces d’un puzzle éparpillé.

«On se relit comme on se relie» résume-t-elle en une formule. C’est à la fois un bilan, une tentative d’explication, et une volonté de transmission. La tâche n’est pas facile. Il faut arriver à ne pas mettre ses mots, se mettre en retrait, trouver une écriture qui «rende la personne».

Être à l’écoute. Retranscrire sans trahir. Reformuler sans devancer. Conduire sans influencer.

Parfois, les personnes n’ont pas le temps de relire leur livre avant leur mort. Elle se trouve alors avec l’immense responsabilité de transmettre une parole posthume. Une fois le livre remis aux proches, après la mort, elle efface scrupuleusement les dossiers de son ordinateur. Elle ne fait «que passer», dit-elle. Honnêteté et humilité.

Valéria a effectué plus de 100 accompagnements en huit ans.

Elle se souvient. De ce jeune père de famille atteint d’un cancer généralisé, qui roulait à 130 à l’heure pour être ponctuel aux rendez-vous. De sa petite fille de 6 ans qui a découvert les mots «je vous aime» de ce papa taiseux, dans le livre de sa vie. De cette dame, qui lui a dit dans un défi «Valéria, je ne mourrai jamais ! Mais non, il y a mon livre !».

Une fois, Valéria a failli tout arrêter. Un monsieur, condamné, se rendait aux urgences avec son livre, déprimé. Sa vie était finie. «J’avais mis un point final à son histoire» se rappelle-t-elle, visiblement émue. «J’ai eu envie de tout arrêter. Finalement, on a décidé de rajouter des pages blanches à la fin du livre. La vie continue, ce n’est pas à nous de dire quand elle s’arrête.»

La biographie n’aide pas seulement les malades, mais aussi les proches. C’est un aspect de la fin de vie dont on parle peu: ceux qui restent.

Cédric a perdu sa mère Marie-France, il y a deux ans et demi. Ces pages blanches l’ont laissé frustré. Et puis il a compris:  «Et la suite ? La suite, c’est nous», lâche-t-il dans un sourire. Sur le livre relié, qu’il tient entre ses mains, on peut lire ces mots «Je crois qu’il y a un Dieu, mais qu’est-ce qu’il va se faire engueuler, quand je vais arriver !». C’était elle, son phrasé, sa voix, qu’il retrouve. À l’époque de la tarification à l’activité, de la médecine froide, institutionnalisée, technoscientifique, la parole humaine peut avoir un pouvoir de guérison: «Le patient n’est plus un numéro, une maladie, mais redevient une personne.», résume-t-il.

Avec son association «Passeurs de mots», Valéria forme également d’autres biographes, donne des conférences aux quatre coins du monde pour répandre la méthode Milewski.

Elle est désormais rémunérée en partie par l’administration, même si elle se doit de trouver d’autres financements pour pouvoir continuer.

Pour Frédéric Duriez, médecin dans le même service que Valéria, sa démarche constitue un «soin thérapeutique» à part entière. «Le propre du cancer, c’est que non seulement il tue, mais il donne envie de mourir. Nous sommes là aussi pour guérir cette envie de mourir» confie-t-il. «Le champ médical est impuissant à répondre à la question de l’«à quoi bon» qu’on se pose en fin de vie».

Il raconte l’histoire de cette dame, condamnée, qui attendait la mort sur son lit d’hôpital depuis un an. Un an sans aucune visite, sans aucun courrier. La seule lettre qu’elle a reçue, c’est les vœux du maire de son village, dactylographiés et anonymes. Elle a accroché cette lettre au-dessus de son lit. Témoignage infernal d’une solitude absolue. «Quand elle me demande: «Est-ce que ça ne pourrait pas aller un peu plus vite? Qu’est-ce que je peux lui répondre?» dit-il, impuissant. «On se pose la question de savoir si oui ou non il faut répondre au désir de mourir. Sans jamais se demander pourquoi les gens ont ce désir. Qu’est-ce qui fait que la société laisse des gens avoir cette envie-là? La morphine ne soigne pas le sentiment d’abandon.»

Beaucoup de personnes, qui souhaitaient en finir, renoncent à l’euthanasie après avoir commencé le travail de biographie avec Valéria. «Je crois à la mort apaisée, mais je ne crois pas à la belle mort. Les gens qui meurent comme des chandelles, ça existe, mais c’est rare. La mort fait violence et sera toujours une épreuve.» affirme celle qui la côtoie tous les jours. «On est en construction jusqu’au bout, jusqu’au dernier moment. Qui sommes-nous pour couper les gens de cette ultime compréhension d’eux-mêmes, de leur vie, à l’approche de la mort? Si on les endort, ils n’auront pas le temps de cheminer», ose-t-elle.

«On contient sa mort comme le fruit son noyau»: l’écrivain cite volontiers ces mots de Rilke pour expliquer la philosophie de sa démarche. Et de conclure: «La mort, chez nous, ce n’est pas obscène.».

 

Sources : lefigaro.fr, association «Passeurs de mots»

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