cancer


Faire de l’exercice est conseillé pour prévenir le cancer en général et empêcher sa progression.

Le yoga est une bonne activité pour le cancer du sein, et en particulier les 4 exercices que nous détaillons ici.

L’activité physique permet de réduire le risque de cancer mais il diminue aussi le taux de certaines hormones (insuline et estrogènes notamment) qui sont associées au développement du cancer du sein.

Faire de l’exercice physique peut permettre ainsi de potentialiser les traitements ou de prévenir les récidives. Le yoga est une activité particulièrement recommandée, car il est doux pour le corps tout en étant efficace contre la fatigue, le sommeil et la qualité de vie en général selon de nombreuses études.

S’il peut être pratiqué avant, pendant et après la radiothérapie, la chimiothérapie ou l’hormonothérapie, il est toutefois bon de demander l’avis de son médecin avant de se lancer dans une nouvelle routine d’exercice, en particulier après une chirurgie. C’est encore mieux si votre médecin est ouvert d’esprit et connait le yoga…

Voici 4 exercices particulièrement adaptés en cas de cancer du sein, ou pour prévenir une récidive.

Exercice 1 : posture chat-vache

Ce mouvement renforce le bas du dos et accroît la mobilité de la colonne ainsi que la circulation du liquide cérébro-spinal. Il représente un bon moyen de retrouver une bonne mobilité du torse, du cou, et d’évacuer les tensions qui ne manquent pas de s’y accumuler.

Un tapis de yoga est le seul équipement nécessaire, mais l’exercice peut se faire directement sur le sol.

Attention, pour cette posture, attachez-vous au descriptif du mouvement pas aux photos, qui sont proches de cette posture mais sans lui correspondre complètement, et qui peuvent induire en erreur.  Elles sont plus indicatives qu’autre chose.

Position de départ : à quatre pattes, le dos droit, les pieds détendus, les épaules à l’aplomb des poignets, les hanches au-dessus des genoux.

Mouvement :

  • En inspirant profondément, recourbez les orteils, relâchez le ventre et regardez vers le haut : c’est la posture de

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Le sorafenib (Nevaxar), un inhibiteur de tyrosine kinase (TKI), est la seule thérapeutique agréée dans les hépatocarcinomes (HCC) avancés.

Il a été agréé en 2008 sur la base d’une étude pivot mettant en évidence un taux de réponse partielles de 2-4 % – absence de réponse totale – avec une survie totale de 11 mois, rappelle le Pr Olivier Rosmorduc (CHU Saint-Antoine, Paris).

Depuis aucune thérapeutique n’a fait mieux y compris les autres anti-angiogéniques testés.

Or en 2017, pour la première fois depuis 10 ans, deux avancées majeures ont eu lieu.

Dans les HCC avancés naïfs de tout traitement, un nouveau TKI, le lenvatinib (agréé depuis quelques mois dans les cancers thyroïdiens médullaires) a fait la une à l’ASCO…

Nouveaux TKI en première ligne et seconde ligne

Dans une étude internationale de phase III versus sorafénib menée sur près de 500 patients, le lenvatinib est associé à 13,6 mois versus 12,3 mois de survie totale sous sorafénib (1). Et ceci avec un profil de sécurité superposable à celui du sorafénib.

Cette étude de non-infériorité, réussie, lui ouvre donc la voie à une autorisation de mise sur le marché (AMM) en première ligne malgré l’absence de bénéfice en toxicité.

Un autre TKI, le régorafenib, déjà agréé dans le cancer colorectal même s’il est toujours en attente de prix, devrait être bientôt agréé en seconde ligne dans les HCC. En effet dans une vaste étude de phase III menée chez des sujets progressant sous sorafénib, il a permis d’obtenir 10 % de réponse et une augmentation de près de 40 % de la survie totale. A 10,6 mois, on est à 7,4 mois avec les simples soins palliatifs.

Ainsi, une AMM est aussi en cours d’examen à l’agence européenne de médicaments et à la Food and Drug Administartion (FDA) mais en seconde ligne.

Arrivée de l’immunothérapie

Une autre grande avancée en 2017 est la confirmation du potentiel de l’immunothérapie. Présentée elle aussi à l’ASCO, une étude de phase I-II testant l’anti-PD1 nivolumab chez plus de 200 patients en échec au sorafénib ou naïfs, a mis en évidence un bénéfice en seconde ligne dans les HCC avancés liés ou pas à une hépatite virale. Dans cette étude princeps on est à 18 % de réponses : 16 % de partielles plus 2 % de réponses totales.

Chez ces répondeurs la maladie est stable dans 45 % des cas et contrôlée dans 80 % des cas. Et ceci que l’on soit chez des patients naïfs ou en échec après sorafénib. Actuellement la survie totale n’est pas atteinte sachant qu’on est en phase I-II avec escalade de doses, donc à plus de 15 mois de suivi et pour certains à 18 mois.

Une phase II a été immédiatement lancée versus sorafénib. Ses résultats sont attendus à l’ASCO 2018.

Par ailleurs une autre immunothérapie, un anti-PDL1, le durvalumab, a donné de bonnes réponses en phase II versus sorafénib. Il semble avoir un profil de sécurité moins bon que celui du nivolumab dont notamment 20 % de toxicités de grade II-III.

À l’avenir il est donc fort probable que l’on va combiner ces deux types d’immunothérapies, anti-PD1 plus anti-PDL1. Une phase I-II associant trémalilulmab plus durvalumab a démarré.

 

 

Sources : Lequotidiendumedecin.fr, (1) Chen Ann Li . ASCO 2017
(2) Bruix J et al. Regorafenib for patients with hepatocellular carcinoma who progressed on sorafenib treatment (RESORCE): a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial. Lancet. 2017;389:56-66
(3) AB El-Khoueiry et al. Nivolumab in patients with advanced hepatocellular carcinoma (CheckMate 040): an open-label, non-comparative, phase 1/2 dose escalation and expansion trial; Lancet 2017;389:2492-2502

 

« Non, jamais dans la balance de la connaissance,

le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant

qu’une étincelle de sympathie humaine »

___
Aimé Césaire

Une psy à l’écoute des malades, de leurs familles et des soignants !

Ils ne pensaient pas que c’était possible et pourtant, le gars en blouse blanche s’est agité tel un sémaphore tout en prononçant les mots tant redoutés : « c’est un cancer ».

Cette première consultation a marqué le début des pérégrinations de Marie, Sophie, Roland, Pierre, et tant d’autres au cours de ce trek sur le chemin de la guérison tant espérée.

Valérie Sugg raconte la période des bilans qui précède l’annonce, le choc des mots et le poids des radios, les angoisses qui prospèrent, les doutes que l’on pourchasse, les questionnements qui tournent en boucle comme un vieux vinyl rayé. Après il y a les traitements proposés analogues à un catalogue de voyage… pour le pays du cancer.

Cancer, sans tabou et trompette, psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien, hypnothérapeute, coach, Toulouse, TCC, hypnose, mal-êtreOn est loin des Bahamas ou des Maldives pour la destination de rêve, et la plongée sera moins touristique. Le cancer ne donne pas vraiment le choix, se soigner est la priorité.

Heureusement, ce chemin est aussi ponctué de rires, de rencontres, de joies, de victoires aussi. Les équipes soignantes sont là, telles des poissons-sherpas tentant de faciliter la progression de chacun avec finesse… ou pas !

Il y a aussi toutes ces choses vécues mais non dites, certains sujets niés ou pas toujours entendus tels que la sexualité, la peur de l’avenir, les douleurs et leurs seuils d’acceptation ou non, l’inquiétude de redevenir ou pas comme avant, ces émotions extrêmes que chacun ressent et qui ne se résume pas à l’organe touché.

Valérie explore aussi la relation aux proches, aux soignants et la fin des traitements, l’angoisse de la récidive, et parfois la fin de vie.

Ce livre est un hommage à tous ceux qui traversent ou ont traversé cette épreuve, un hymne à leur vie, à la vie.

A lire !

Regardez l’interview de Valérie Sugg en cliquant ici.

Qui est l’auteur ?

Valérie Sugg, psycho-oncologue, accompagne depuis près de vingt ans, au sein d’un service de cancérologie hospitalier, les personnes atteintes de cancers ainsi que leurs proches. C’est aussi une passionnée de voyages au bout du monde à la rencontre d’autres cultures, mais aussi de photographies mettant en exergue la beauté du monde.

Source: « Cancer, sans tabou et trompette« , de Valérie Sugg, éditions Kawa

Face au constat d’une très faible part des chimiothérapies réalisées à ce jour à domicile, la Fédération des prestataires de santé à domicile (FédéPSAD), dans le cadre de sa plateforme de propositions présidentielles, « Osons le domicile » et en association avec la Fédération nationale des infirmiers (FNI), avait proposé que soient examinés les conditions d’une mise en œuvre plus volontaire de protocoles de traitements anticancéreux injectables à domicile.

Une première réunion de travail s’est tenue le 19 avril, sous l’égide de la Direction générale de l’offre de soins, avec l’ensemble des parties prenantes : INCA, UNICANCER, FHP, FEHAP, FNEHAD, Assurance maladie, prestataires de santé à domicile (PSAD) et infirmiers libéraux (IDEL) pour examiner les propositions formulées et entendre les positions de chacun.

Les prestataires de santé à domicile et infirmiers libéraux ont rappelé qu’ils étaient déjà fortement impliqués dans la mise en œuvre des chimiothérapies injectables à domicile que ce soit directement, dans le cadre des réseaux de soins ou en sous-traitance de structures de HAD. Le cadre réglementaire de coopération avec les établissements de santé, la nouvelle facturation à la LPP « PERFADOM » et la nomenclature des actes infirmiers permettent cette mise en œuvre.

Celle-ci ne concerne cependant que quelques protocoles parmi tous ceux qui seraient possibles à domicile

Les infirmiers libéraux et les prestataires de santé à domicile partagent donc largement le constat fait par le ministère de la santé et par la haute autorité de santé sur la trop faible part de chimiothérapies injectables à domicile, alors qu’elles représentent un indéniable bénéfice pour les patients et qu’elles contribueraient à une meilleure allocation des ressources, dans la droite ligne du « virage ambulatoire » prévu dans la stratégie nationale de santé.

A leurs yeux, l’offre complémentaire constituée de l’HAD d’une part et du binôme infirmiers libéraux et prestataires de santé à domicile d’autre part doit pouvoir être davantage mobilisée dans cet objectif.

Les prestataires de santé à domicile et infirmiers libéraux ont ainsi réaffirmé leur totale disponibilité pour travailler sur les conditions d’un plus fort développement des chimiothérapies à domicile. Cela passe à leurs yeux par les actions suivantes :

  • Affirmer une volonté politique claire de développer la chimiothérapie à domicile en s’appuyant d’une part sur l’HAD si la situation l’exige et d’autre part sur les offreurs de soins complémentaires que sont les IDEL avec les PSAD.
  • Bien préciser les protocoles qui pourraient être mis en œuvre intégralement à domicile en définissant clairement et de manière concertée les indicateurs d’une bonne orientation des patients.
  • Compléter le cadre de la mise en œuvre et notamment les conditions du transport des médicaments et de la récupération des déchets (DASRI et médicaments)

Les échanges au ministère ont conclu sur la nécessité de travailler sur les protocoles ; la DGOS a demandé à cette fin à l’INCA de faire le point sur ces sujets.

De prochaines réunions sont prévues qui en associant tous les acteurs peuvent permettre d’avancer de manière constructive dans un sens positif pour les patients et pour le système dans son ensemble.

La FNI et la Fédé PSAD se félicitent de ces premières avancées et renouvellent leur engagement dans ces travaux.

L’étude ProtecT du NEJM a comparé les effets de la prostatectomie, de la radiothérapie et de la surveillance active sur la qualité de vie, les résultats déclarés par les patients, et surtout la mortalité à 10 ans chez des hommes souffrant de cancer localisé de la prostate.

Autant de critères indispensables pour décider du choix thérapeutique avec un patient éclairé.

Pronostic à 10 ans du cancer localisé de la prostate pris en charge par chirurgie, radiothérapie ou surveillance rapprochée, risques d’effets indésirables, vécu et qualité de vie des patients.
10-Year Outcomes after Monitoring, Surgery, or Radiotherapy for Localized Prostate Cancer. Patient-Reported Outcomes after Monitoring, Surgery, or Radiotherapy for Prostate Cancer. The ProtecT Study Group. N Engl J Med 2 016 ; 375 : 1 415-24
& 2 016 ; 375 : 1 425-37.

 

CONTEXTE

L’efficacité comparative des différentes alternatives thérapeutiques du cancer localisé de la prostate (CLIP) est controversée.

Ces cancers évoluent souvent sur une très longue période et les patients décèdent d’autres causes.

Par ailleurs, les différents traitements proposés ont des conséquences urinaires, sexuelles et intestinales délétères susceptibles d’altérer sérieusement la qualité de vie des patients.

⇒ Deux essais avaient comparé la prostatectomie radicale à l’absence d’intervention. Le premier a montré une réduction de la mortalité spécifique à 6 ans (sans réduction de la mortalité totale) (1), puis une réduction de la mortalité totale à 18 ans (2). Le second n’a montré aucune différence de mortalité après 12 ans de suivi (3). Cependant, ces essais n’avaient pas utilisé les techniques thérapeutiques les plus modernes, ni évalué la radiothérapie, ni les conséquences des différentes interventions, ni la qualité de vie des patients (1-3).

OBJECTIFS

⇒ Comparer l’efficacité de la chirurgie, de la radiothérapie associée à une hormonothérapie adjuvante et de la surveillance rapprochée sans traitement chez les patients atteints d’un CLIP formellement diagnostiqué à la suite d’un dosage du PSA.

⇒ Comparer les conséquences post-traitement de ces trois stratégies selon les patients « Patient reported outcomes » (PRO) et leur qualité de vie.

 

MÉTHODE

⇒ Essai randomisé en ouvert comparant la prostatectomie radicale, la radiothérapie externe (+ hormonothérapie adjuvante) et l’absence de traitement sous couvert d’une surveillance rapprochée fondée sur le taux de PSA. Le critère de jugement principal était la mortalité spécifique au cancer de la prostate ou à son traitement à 10 ans. Les critères secondaires étaient la progression de la maladie, l’apparition de métastases et la mortalité totale. L’analyse statistique a été faite en intention de traiter à l’aide d’un modèle de Cox proportionnel.

⇒ Pour les PRO et l’évaluation de la qualité de vie, les patients ont rempli des questionnaires avant la randomisation, puis à 6 mois, 1 an, puis tous les ans, pendant 6 ans, après la fin du traitement assigné. Ces questionnaires validés portaient sur les fonctions urinaires, sexuelles et intestinales (questionnaire EPIC4), sur l’anxiété et la dépression (échelles HADS), et enfin sur la qualité de vie globale (SF-12) et spécifique au cancer de la prostate (EORTC QLQ-C30).

RÉSULTATS

⇒ Parmi 2 664 patients éligibles atteints d’un CLIP formellement diagnostiqué à la suite d’un dosage du PSA, 1 643 ont accepté d’être randomisés (prostatectomie = 553, radiothérapie = 545, surveillance = 545). Le taux de perdus de vue a été de 1 % (n = 14), mais le statut vital était connu pour tous les patients à la fin du suivi. À l’inclusion, les caractéristiques des 3 groupes étaient similaires : âge = 62 ans, caucasiens = 99 %, PSA = 4,8 ng/ml, score de Gleason = 6 ou 7 pour 97 % des patients.

⇒ Au cours de l’essai, 71 % des patients assignés à la chirurgie ont effectivement été opérés, 74 % de ceux assignés à la radiothérapie l’ont reçue, et 88 % de ceux assignés à la surveillance le sont restés.
Sur le critère principal, la mortalité liée au cancer de la prostate à 10 ans a été de 0,9 % dans le groupe prostatectomie, 0,7 % dans le groupe radiothérapie, et 1,5 % dans le groupe surveillance : p = 0,48. Il n’y a pas eu de différence sur la mortalité totale (entre 10,1 % et 10,9 % selon les groupes, p = 0,87).

Un peu plus de 8 % des patients ont eu une progression de leur cancer dans les groupes prostatectomie et radiothérapie versus 20,6 % dans le groupe surveillance : p = 0,001. Enfin, 2,3 % et 2,9 % des patients ont développé des métastases dans les groupes chirurgie et radiothérapie respectivement, versus 6 % dans le groupe surveillance : p = 0,004.
Pour les PRO et de la qualité de vie, plus de 85 % des patients ont rempli la majorité des questionnaires pendant 6 ans dans les 3 groupes.

Sur l’incontinence urinaire, la prostatectomie avait l’effet négatif le plus important comparativement aux deux autres groupes. Par exemple, le taux d’utilisation d’un nombre de couches ≥ 1/jour à 6 mois était de 46 % dans le groupe prostatectomie, versus 4 à 5 % dans les deux autres groupes
(p < 0,001). À 6 ans, il était de 17 % dans ce groupe, versus 4 % dans le groupe radiothérapie et 8 % dans le groupe surveillance (p < 0,001).

Sur la fonction sexuelle, la prostatectomie a également été le traitement le plus délétère versus les deux autres groupes. Par exemple, à la randomisation, 61 % des patients de chaque groupe déclaraient avoir une érection suffisamment ferme pour avoir une relation sexuelle « normale ». À six mois, ce taux est passé à 52 % dans le groupe surveillance, 22 % dans le groupe radiothérapie et 12 % dans le groupe prostatectomie : p < 0,001. Cette différence significative a diminué mais a persisté pendant 6 ans, accompagnée d’une altération significative de la qualité de vie sexuelle spécifique.

⇒ Sur les troubles intestinaux (incontinence, rectorragies), la radiothérapie a été significativement plus délétère que la prostatectomie ou la surveillance pendant 6 ans : p < 0,001.

⇒ Enfin, en termes de qualité de vie globale (SF-12 physique et mentale), d’anxiété et de dépression (échelles HADS), il n’y a pas eu de différence significative entre les trois groupes.

COMMENTAIRES

Financé par le système de santé britannique, le programme ProtecT est pertinent et très original.

Pertinent, car il répond à la question du traitement du cancer localisé de la prostate le plus efficace en termes de mortalité.

Original, car il a couplé l’éventuel bénéfice en termes de mortalité aux conséquences des traitements et à la qualité de vie des patients dans un essai randomisé comparatif direct, ce qui est très rare. Ses résultats sont fondés sur une méthode et une analyse statistique rigoureuses et solides malgré les difficultés à suivre plus de 1 600 patients pendant 10 ans.

⇒ Côté cancer, ProtecT montre qu’il n’y a pas de différence entre prostatectomie, radiothérapie et surveillance rapprochée sans traitement en termes de mortalité liée au CLIP et de mortalité totale. Au passage, la mortalité à 10 ans du CLIP dans le groupe « témoin » sans traitement n’a été que de 1,5 %. En revanche, il y a eu une augmentation significative de la progression de la maladie (20,6 % vs 8 %, NNT = 8) et de l’apparition de métastases dans le groupe surveillance (6 % vs 3 %, NNT = 34).

Côté patients, la prostatectomie radicale a multiplié par 10 (NNH = 3) le risque d’incontinence urinaire à 6 mois et par 2 à 6 ans (NNH = 12). Elle a divisé par 4 (NNH = 3) la possibilité à 6 mois d’avoir une érection suffisante pour un rapport sexuel « normal » et par 2 à 6 ans (NNH = 8). Par ailleurs, la radiothérapie a significativement augmenté le risque d’incontinence fécale (NNT = 240) et de rectorragies à 6 ans (NNH = 24).

⇒ Malgré tous ces inconvénients désagréables dans la vie quotidienne, il n’y a pas eu davantage d’anxiété et de dépression dans les groupes traités, ni d’altération de la qualité de vie globale, ce qui témoigne de l’extraordinaire capacité d’adaptation des patients.

⇒ Le fidèle lecteur généraliste de cette rubrique peut légitimement s’interroger sur l’intérêt du programme ProtecT pour sa pratique quotidienne. Il a raison car, dans la majorité des cas, ce n’est pas lui qui assume la présentation du ratio bénéfice/risque des stratégies thérapeutiques disponibles pour un patient atteint de CLIP (c’est plutôt l’urologue qui devrait le faire). Cependant, le patient pourrait poser des questions à son médecin traitant.

⇒ Le rédacteur habituel de cette rubrique a choisi ProtecT, car ses résultats argumentent idéalement et scientifiquement le concept de la décision médicale partagée avec le patient.

Le discours loyal et honnête à l’égard du patient pourrait être le suivant :

« Cher monsieur K., vous avez un cancer localisé de la prostate, mais ce n’est pas si grave. Quel que soit le traitement que vous choisirez, y compris aucun avec une surveillance assidue, cela ne changera pas votre risque de mourir dans les
dix ans à venir. Cela étant, si vous choisissez de ne pas vous traiter, le risque (en valeurs absolues) d’évolution de votre cancer et celui de métastases passe de 8 % à 20 % pour le premier et de 2 % à 6 % pour l’autre. Parallèlement, si vous vous faites opérer, le risque que vous soyez incontinent urinaire pendant 6 ans passe de 8 % à 17 %, et celui que vous soyez impuissant de 16 % à 30 %. Si vous choisissez la radiothérapie, le risque que vous soyez incontinent pour vos selles pendant 6 ans passe de 13 % à 15 % et celui que vous ayez régulièrement du sang dans vos selles de 1 % à 6 %. Tout cela sans diminuer votre risque de mourir, ni altérer votre qualité de vie. Qu’en pensez-vous ? ».

⇒ Devant ce tableau factuel, QUI doit prendre la décision :

le médecin selon son opinion et ses valeurs,

ou le patient

selon son projet de vie et ses préférences ?

BIBLIOGRAPHIE

1- Holmberg L, Bill-Axelson A, Helgesen F, & al. A randomized trial comparing radical prostatectomy with watchful waiting in early prostate cancer. N Engl J Med 2002;347:781-9.
2- Bill-Axelson A, Holmberg L, Garmo H, & al. Radical prostatectomy or watchful waiting in early prostate cancer. N Engl J Med 2014;370:932-42.
3- Wilt TJ, Brawer MK, Jones KM, & al. Radical prostatectomy versus observation for localized prostate cancer. N Engl J Med 2012;367:203-13.
4- Wei JT, Dunn RL, Litwin MS, Sandler HM, Sanda MG. Development and validation of the Expanded Prostate Cancer Index Composite (EPIC) for comprehensive assessment of health-related quality of life in men with prostate cancer. Urology 2000;56:899-905.

 

Source : Le Généraliste n°2784

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« Parler tout le temps des problèmes physiques ce n’est pas une solution. Faire partie pleinement de la vie sociale, ça c’est important »

Depuis plusieurs années, Philippe Bataille et Sandrine Bretonnière animent des groupes de réflexion rassemblant des personnes atteintes du cancer.

Du premier diagnostic à la guérison, chaque étape du parcours de soin apporte son faisceau de questionnements et de relations bouleversées.

Comment le cancer modifie-t-il chaque contexte du quotidien ?

Comment nous rend-il paradoxalement plus forts ?

Faisant la part belle aux innovations médicales et au développement des nouvelles structures d’accompagnement, cette enquête vivante et cathartique s’adresse à tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par la maladie.

Ce livre-témoignage est très intéressant et il permet aux lecteurs non touchés pas cette maladie de voir mieux la façon de vivre des victimes. Il est tellement bien documenté qu’il permet aux malades et à leurs proches de voir le bon côté (si c’est possible) de cette maladie et de parfois trouver l’espoir d’y croire.

Le lecteur se trouve embarqué dans une réunion (comme celle des alcooliques anonymes) avec des malades et leurs entourages.

Chacun prend la parole.

Nous commençons par écouter chaque malade et sa façon d »avoir découvert son cancer. Nous poursuivons en faisant connaissance avec les différents traitements possibles, puis la façon de « bien vivre » son cancer.

Les patients nous aident ensuite à comprendre comment croire en un avenir, pour finir par donner envie à chacun de nous d’y croire et d’espérer une guérison de plus en plus possible année après année…

Bien sûr, chaque cas est différent, certains découvrent leur cancer bien trop tard, d’autres au tout début de la maladie… Mais les témoignages sont tous emprunts d’espoir.

Un récit documentaire bien fait, rapporté après des années de travail et de suivi des patients…

Une vraie note d’espoir!

Philippe Bataille a notamment publié « Un cancer et la vie » aux Editions Balland (2003) et « A la vie à la mort » aux Editions Autrement (2012). Sandrine Bretonnière est membre du Centre d’éthique clinique (Hôpital Cochin-AP-HP, Paris). Préface d’Axel Kahn, Président du Comité Ethique et cancer.

Source: « Vivre et vaincre le cancer« , de Philippe Bataille et Sandrinne Bretonnière, édition Autrement

L‘opération « Moi(s) sans tabac » organisée par le ministère de la Santé, vise à inciter 16 millions de Français fumeurs à arrêter la cigarette en novembre.

Voici donc cinq choses à savoir sur le tabac :

– Combien de fumeurs en France ?

La France compte environ 16 millions de fumeurs réguliers ou occasionnels. 28,2% de la population de 15 à 75 ans fume de manière quotidienne ou régulière, soit 13,6 millions de personnes. 5,9% (2,8 millions) sont des fumeurs occasionnels.

D’après ces chiffres tirés du baromètre santé 2014 de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, devenu Santé publique France), la proportion de fumeurs est restée globalement stable entre 2010 et 2014 après une hausse entre 2005 et 2010.

L’arrivée de la cigarette électronique ne semble pas avoir bouleversé ce paysage: une enquête menée en 2015 évalue à 3% les vapoteurs quotidiens chez les 15-75 ans pour encore 28,8% de fumeurs quotidiens (BEH).

– Qui fume, combien de cigarettes ?

La cigarette séduit d’abord les hommes jeunes : selon le baromètre Inpes 2014, 44% des 20/34 ans sont des fumeurs réguliers et ce chiffre est stable. En revanche, la tabagie a baissé « significativement » chez les jeunes femmes (30% des 20/34 en 2014).

Par profil socio-professionnel, la cigarette recrute préférentiellement chez les ouvriers et personnes faiblement qualifiées : 37,8% des ouvriers fument quotidiennement et 38,3% de ceux qui n’ont aucun diplôme.

Les fumeurs grillent en moyenne 11 cigarettes par jour. La grande majorité des fumeurs a déjà essayé d’arrêter : 70,7% reconnaissent avoir stoppé volontairement pendant une semaine minimum avant de reprendre.

– Combien de morts ?

Le nombre de morts annuel à cause du tabac est estimé en France à 78.000, selon un travail des épidémiologiste Catherine Hill et Laureen Ribassin-Majed (Institut Gustave Roussy/Inserm) basé sur l’année 2010.

1817bd8e-1064-11e1-ad21-110a06cfeeb6Ces décès interviennent généralement par cancer : 47.000 des 78.000 décès sont causés par cette maladie, dont 28.000 cancers du poumon. 58% des décès par cancer chez les hommes de 35 à 69 ans sont imputables au tabac.

Les maladies cardiovasculaires et maladies respiratoires sont les deux autres grandes causes de décès anticipés imputables au tabac, faisant respectivement 20.000 et 11.000 morts.

Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) souligne que le tabac tue autant que l’alcool, les accidents de la route, les suicides, les homicides et les drogues illicites réunis.

– Combien coûte de fumer ?

La tabagie est une addiction coûteuse: la consommation d’un paquet de 20 cigarettes par jour au prix moyen de 7 euros fait dépenser plus de 2.500 euros par an.

Jusqu’à présent meilleur marché et produit d’appel pour les jeunes, le tabac à rouler sera bientôt aligné, en matière de tarif, sur les cigarettes après un vote en ce sens des députés en octobre.

– Combien rapporte/coûte le tabac à l’Etat ?

Le tabac est un produit lourdement taxé, et rapporte entre 10 et 15 milliards d’euros annuellement à l’Etat.

Mais il coûte bien plus cher à la société qu’il ne rapporte, estime l’universitaire Pierre Kopp dans l’étude « Le coût social des drogues en France » (pour l’Observatoire français des drogues et toxicomanie).

Rien que pour soigner les maladies causées par le tabac, l’Etat a dépensé en 2010 25,9 milliards d’euros. Il faut ajouter à cela le « coût social » du tabac représenté par les pertes en vies humaines, en qualité de vie et par la moindre production de richesse en raison des maladies et décès du tabac, évalué par Kopp à 122 milliards d’euros.

Pour les économistes Julien Gooris et Olivier Sautel du cabinet Microeconomix, l’addition est moins lourde mais la conclusion identique: le tabac coûte bien plus qu’il ne rapporte.

Il faudrait payer 13 euros par paquet pour « couvrir le coût social du tabagisme », selon eux.

 

Sources: sciencesetavenir.fr, Inpes, « Le coût social des drogues en France », mon expérience professionnelle d’hypnothérapeute

 

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