médecin


Face au constat d’une très faible part des chimiothérapies réalisées à ce jour à domicile, la Fédération des prestataires de santé à domicile (FédéPSAD), dans le cadre de sa plateforme de propositions présidentielles, « Osons le domicile » et en association avec la Fédération nationale des infirmiers (FNI), avait proposé que soient examinés les conditions d’une mise en œuvre plus volontaire de protocoles de traitements anticancéreux injectables à domicile.

Une première réunion de travail s’est tenue le 19 avril, sous l’égide de la Direction générale de l’offre de soins, avec l’ensemble des parties prenantes : INCA, UNICANCER, FHP, FEHAP, FNEHAD, Assurance maladie, prestataires de santé à domicile (PSAD) et infirmiers libéraux (IDEL) pour examiner les propositions formulées et entendre les positions de chacun.

Les prestataires de santé à domicile et infirmiers libéraux ont rappelé qu’ils étaient déjà fortement impliqués dans la mise en œuvre des chimiothérapies injectables à domicile que ce soit directement, dans le cadre des réseaux de soins ou en sous-traitance de structures de HAD. Le cadre réglementaire de coopération avec les établissements de santé, la nouvelle facturation à la LPP « PERFADOM » et la nomenclature des actes infirmiers permettent cette mise en œuvre.

Celle-ci ne concerne cependant que quelques protocoles parmi tous ceux qui seraient possibles à domicile

Les infirmiers libéraux et les prestataires de santé à domicile partagent donc largement le constat fait par le ministère de la santé et par la haute autorité de santé sur la trop faible part de chimiothérapies injectables à domicile, alors qu’elles représentent un indéniable bénéfice pour les patients et qu’elles contribueraient à une meilleure allocation des ressources, dans la droite ligne du « virage ambulatoire » prévu dans la stratégie nationale de santé.

A leurs yeux, l’offre complémentaire constituée de l’HAD d’une part et du binôme infirmiers libéraux et prestataires de santé à domicile d’autre part doit pouvoir être davantage mobilisée dans cet objectif.

Les prestataires de santé à domicile et infirmiers libéraux ont ainsi réaffirmé leur totale disponibilité pour travailler sur les conditions d’un plus fort développement des chimiothérapies à domicile. Cela passe à leurs yeux par les actions suivantes :

  • Affirmer une volonté politique claire de développer la chimiothérapie à domicile en s’appuyant d’une part sur l’HAD si la situation l’exige et d’autre part sur les offreurs de soins complémentaires que sont les IDEL avec les PSAD.
  • Bien préciser les protocoles qui pourraient être mis en œuvre intégralement à domicile en définissant clairement et de manière concertée les indicateurs d’une bonne orientation des patients.
  • Compléter le cadre de la mise en œuvre et notamment les conditions du transport des médicaments et de la récupération des déchets (DASRI et médicaments)

Les échanges au ministère ont conclu sur la nécessité de travailler sur les protocoles ; la DGOS a demandé à cette fin à l’INCA de faire le point sur ces sujets.

De prochaines réunions sont prévues qui en associant tous les acteurs peuvent permettre d’avancer de manière constructive dans un sens positif pour les patients et pour le système dans son ensemble.

La FNI et la Fédé PSAD se félicitent de ces premières avancées et renouvellent leur engagement dans ces travaux.

Changement de paradigme nutritionnel

chez les cardiologistes à Davos

 

La conférence de cardiologie à Davos en Suisse le 12 février 2017, en cliquant ici.

Il y aura probablement un avant et un après cette date.

Durant les 22 minutes de l’intervention du Docteur Salim Yusuf, président de la World Heart Federation, on assiste véritablement à un changement de paradigme !

  • Plus l’alimentation est riche en glucides et pauvre en lipides et plus vous augmentez votre risque cardiovasculaire.
  • Les graisses saturées ne sont pas notre ennemi.
  • Le cholestérol n’est pas notre ennemi.
  • Il faudrait plutôt augmenter la consommation de sodium (sel).
  • Mangez des œufs ! c’est bon pour vous !
  • Ancel Keys et l’étude des 7 pays sont une escroquerie !
  • Nina Teicholz avait raison !
Bref, il faut vraiment écouter et voir cette vidéo pour le croire !
Un véritable virage à 180° qui devrait faire grincer des dents tellement la révolution est importante…

Lombalgie et repos:

un duo perdant !

Malgré sa banalité et sa bénignité habituelles, la lombalgie aiguë justifie une prise en charge énergique.

Car la mise au repos excessive favorise le passage à la chronicité.

M. L., 49 ans, est informaticien dans une multinationale spécialisée dans la transition énergétique. Ces derniers temps, il a subi beaucoup de stress car il a dirigé la migration informatique de l’entreprise vers un nouveau modèle numérique. Depuis quelques jours il se plaignait de douleurs inhabituelles du bas du dos, mais ce matin il est « complètement bloqué ». Il appelle son médecin pour une visite à domicile car il ne se sent pas de sortir et, de toute façon, ne supporterait pas la position assise dans la salle d’attente…

L’examen clinique montre que M. L. a pris beaucoup de poids depuis la dernière consultation. Il fume toujours autant, 15 cigarettes par jour. Le rachis lombaire est un peu enraidi avec un indice de Schöeber à 3 et une distance doigts sol à 20 cm. Il n’y a pas de signe radiculaire ni neurologique. En revanche, il y a une contracture des muscles vertébraux qui contraste avec un relâchement complet de la sangle abdominale. Il existe une importante rétraction des ischio-jambiers. Son médecin lui prescrit des antalgiques de niveau 1 et des décontracturants à action périphérique. Le patient insiste pour avoir un arrêt de maladie de trois jours.

La semaine suivante, son médecin le voit revenir, toujours lombalgique et ne souhaitant toujours pas reprendre ses activités. Il a passé son temps sur son canapé, à se morfondre en pensant à tout le travail qui l’attendait de sorte qu’il en a perdu le sommeil. Son médecin lui prescrit un sédatif, lui conseille de débuter des séances de rééducation tout en lui prolongeant son arrêt de 8 jours.

Huit jours plus tard, M. L. revient consulter, manifestement dépressif. Il n’a pas eu le courage d’aller chez le kiné. Il a de plus en plus mal au dos et ne fait plus rien : il ne marche plus à l’extérieur, il ne fait plus les courses et a même des difficultés à s’habiller et à faire sa toilette seul.

Son médecin décide alors, au grand soulagement de l’épouse de M. L., de l’hospitaliser immédiatement en secteur de jour pour rééducation intensive du rachis.

COMMENTAIRES

Cette observation est malheureusement une situation clinique fréquente. Elle montre bien l’évolution rapide vers la chronicisation de la lombalgie aiguë si on laisse le patient s’enfermer (sous prétexte du repos) dans le cercle vicieux de la douleur, de l’inactivité, du désentraînement et, finalement, du handicap.

Il y a en France 7 % des patients atteints de lombalgie aiguë qui passe à la chronicité.

La lombalgie chronique est responsable d’un coût économique direct de 1.4 milliards d’euros et de répercussions personnelles, familiales et socioprofessionnelles majeures. Cet état des lieux inquiétant contraste pourtant avec la bénignité, du moins initiale, de cette pathologie où bien souvent aucune lésion anatomique n’est décelable.

► Les facteurs de risque de passage à la chronicité sont maintenant classiques, ce sont les « yellow flags » des Anglo-Saxons. À côté de ceux qui paraissent évidents comme le port de charges lourdes, les efforts répétitifs ou certaines postures au travail, d’autres sont moins prévisibles. Il s’agit de l’insatisfaction au travail, du catastrophisme, des croyances erronées, de la peur du mouvement ou de facteurs psychologiques.

► Très peu de médicaments sont utiles dans ce cadre. Le rapport bénéfice/risque des AINS est faible. Les antalgiques de niveau 1 ou 2 (contenant du tramadol) et les antidépresseurs tricycliques permettent néanmoins de contrôler, dans la plupart des cas, les phénomènes douloureux.

► L’élément le plus important est le reconditionnement à l’effort. Toute activité (marche, natation, gymnastique) est utile. Le risque essentiel pour le patient est de réduire volontairement son activité physique par peur irraisonnée d’avoir encore plus mal, ce qui aboutit au désentraînement progressif et à une auto-aggravation de la lombalgie.
Il faut éviter de prescrire des arrêts de travail, mais cela est naturellement fonction de l’importance de la symptomatologie et de la profession du patient, comme cela a été bien résumé dans une note de mars 2010 de l’Assurance Maladie.

► Dans les cas plus sévères, des stages de restauration fonctionnelle du rachis peuvent être envisagés en milieu spécialisé. Ces programmes ont démontré leur efficacité même s’il n’existe pas de consensus sur le programme idéal. Après un bilan initial, le programme comporte une réactivation physique, un travail des cognitions et des croyances, une prise en charge psychologique et une préparation à la reprise de l’activité professionnelle.

CONCLUSION

Devant toute lombalgie aiguë qui se pérennise, le médecin traitant doit être attentif à ne pas céder aux demandes d’arrêt de travail. Au contraire, il doit encourager son patient à rester actif. De façon à ne pas entrer dans le cercle vicieux du catastrophisme et de la kinésiophobie, sources de chronicisation de la lombalgie.

Bibliographie

1- Waddell G. 1987 Volvo award in clinical sciences. A new clinical model for the treatment of low-back pain. Spine 1987 ; 12 :632-44
2- Schaafsma F, Whelan K, Schonstein E et al. Physical conditionning programs for improving work outcomes in workers with back pain. Cochrane 2011.CD001822
3- HAS. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de trois mois d’évolution. Février 2000.
4- Tavares-Figueiredo I. Restauration fonctionnelle du rachis. Actualités de la lombalgie commune. Réflexions Rhumatologiques 2014 ;164 :9-11.

Source: legeneraliste.fr

Le diabète de type 2 n’est pas une maladie incurable.

Découvrez le protocole de l’Université de Newcastle et dites adieu en quelques semaines à votre diabète.

Le diabète de type 2, maladie incurable. Vraiment ? Ce n’est pas ce que dit la science ni ce que montre l’expérience vécue par Normand Mousseau.

Quand ce physicien reçoit son diagnostic, il s’en remet d’abord à son médecin qui lui conseille de mieux manger, perdre un peu de poids, faire du sport, et lui prescrit des médicaments pour faire baisser sa glycémie.

Devant des résultats bien maigres, inquiet du risque élevé de complications (maladies rénales et cardio-vasculaires, troubles oculaires, atteintes nerveuses…), Normand Mousseau part à la recherche d’une alternative crédible, basée sur la science.

Il découvre le protocole de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni) : un régime de quelques semaines très pauvre en calories qui a guéri de nombreux patients du diabète. C’est ce protocole qu’il choisit de suivre.

Aujourd’hui il n’est plus diabétique.

Dans ce récit autobiographique passionnant, Normand Mousseau livre une excellente vulgarisation scientifique des causes de la maladie et des moyens de la guérir.

C’est la première fois qu’un livre grand public présente le protocole de l’Université de Newcastle et les étapes à suivre pour l’appliquer avec succès, recettes comprises.

LIRE UN EXTRAIT ICI >>

 

Source: « Comment j’ai vaincu le diabète sans médicaments« , de Normand Mousseau, éditions Thierry Souccard

L’étude ProtecT du NEJM a comparé les effets de la prostatectomie, de la radiothérapie et de la surveillance active sur la qualité de vie, les résultats déclarés par les patients, et surtout la mortalité à 10 ans chez des hommes souffrant de cancer localisé de la prostate.

Autant de critères indispensables pour décider du choix thérapeutique avec un patient éclairé.

Pronostic à 10 ans du cancer localisé de la prostate pris en charge par chirurgie, radiothérapie ou surveillance rapprochée, risques d’effets indésirables, vécu et qualité de vie des patients.
10-Year Outcomes after Monitoring, Surgery, or Radiotherapy for Localized Prostate Cancer. Patient-Reported Outcomes after Monitoring, Surgery, or Radiotherapy for Prostate Cancer. The ProtecT Study Group. N Engl J Med 2 016 ; 375 : 1 415-24
& 2 016 ; 375 : 1 425-37.

 

CONTEXTE

L’efficacité comparative des différentes alternatives thérapeutiques du cancer localisé de la prostate (CLIP) est controversée.

Ces cancers évoluent souvent sur une très longue période et les patients décèdent d’autres causes.

Par ailleurs, les différents traitements proposés ont des conséquences urinaires, sexuelles et intestinales délétères susceptibles d’altérer sérieusement la qualité de vie des patients.

⇒ Deux essais avaient comparé la prostatectomie radicale à l’absence d’intervention. Le premier a montré une réduction de la mortalité spécifique à 6 ans (sans réduction de la mortalité totale) (1), puis une réduction de la mortalité totale à 18 ans (2). Le second n’a montré aucune différence de mortalité après 12 ans de suivi (3). Cependant, ces essais n’avaient pas utilisé les techniques thérapeutiques les plus modernes, ni évalué la radiothérapie, ni les conséquences des différentes interventions, ni la qualité de vie des patients (1-3).

OBJECTIFS

⇒ Comparer l’efficacité de la chirurgie, de la radiothérapie associée à une hormonothérapie adjuvante et de la surveillance rapprochée sans traitement chez les patients atteints d’un CLIP formellement diagnostiqué à la suite d’un dosage du PSA.

⇒ Comparer les conséquences post-traitement de ces trois stratégies selon les patients « Patient reported outcomes » (PRO) et leur qualité de vie.

 

MÉTHODE

⇒ Essai randomisé en ouvert comparant la prostatectomie radicale, la radiothérapie externe (+ hormonothérapie adjuvante) et l’absence de traitement sous couvert d’une surveillance rapprochée fondée sur le taux de PSA. Le critère de jugement principal était la mortalité spécifique au cancer de la prostate ou à son traitement à 10 ans. Les critères secondaires étaient la progression de la maladie, l’apparition de métastases et la mortalité totale. L’analyse statistique a été faite en intention de traiter à l’aide d’un modèle de Cox proportionnel.

⇒ Pour les PRO et l’évaluation de la qualité de vie, les patients ont rempli des questionnaires avant la randomisation, puis à 6 mois, 1 an, puis tous les ans, pendant 6 ans, après la fin du traitement assigné. Ces questionnaires validés portaient sur les fonctions urinaires, sexuelles et intestinales (questionnaire EPIC4), sur l’anxiété et la dépression (échelles HADS), et enfin sur la qualité de vie globale (SF-12) et spécifique au cancer de la prostate (EORTC QLQ-C30).

RÉSULTATS

⇒ Parmi 2 664 patients éligibles atteints d’un CLIP formellement diagnostiqué à la suite d’un dosage du PSA, 1 643 ont accepté d’être randomisés (prostatectomie = 553, radiothérapie = 545, surveillance = 545). Le taux de perdus de vue a été de 1 % (n = 14), mais le statut vital était connu pour tous les patients à la fin du suivi. À l’inclusion, les caractéristiques des 3 groupes étaient similaires : âge = 62 ans, caucasiens = 99 %, PSA = 4,8 ng/ml, score de Gleason = 6 ou 7 pour 97 % des patients.

⇒ Au cours de l’essai, 71 % des patients assignés à la chirurgie ont effectivement été opérés, 74 % de ceux assignés à la radiothérapie l’ont reçue, et 88 % de ceux assignés à la surveillance le sont restés.
Sur le critère principal, la mortalité liée au cancer de la prostate à 10 ans a été de 0,9 % dans le groupe prostatectomie, 0,7 % dans le groupe radiothérapie, et 1,5 % dans le groupe surveillance : p = 0,48. Il n’y a pas eu de différence sur la mortalité totale (entre 10,1 % et 10,9 % selon les groupes, p = 0,87).

Un peu plus de 8 % des patients ont eu une progression de leur cancer dans les groupes prostatectomie et radiothérapie versus 20,6 % dans le groupe surveillance : p = 0,001. Enfin, 2,3 % et 2,9 % des patients ont développé des métastases dans les groupes chirurgie et radiothérapie respectivement, versus 6 % dans le groupe surveillance : p = 0,004.
Pour les PRO et de la qualité de vie, plus de 85 % des patients ont rempli la majorité des questionnaires pendant 6 ans dans les 3 groupes.

Sur l’incontinence urinaire, la prostatectomie avait l’effet négatif le plus important comparativement aux deux autres groupes. Par exemple, le taux d’utilisation d’un nombre de couches ≥ 1/jour à 6 mois était de 46 % dans le groupe prostatectomie, versus 4 à 5 % dans les deux autres groupes
(p < 0,001). À 6 ans, il était de 17 % dans ce groupe, versus 4 % dans le groupe radiothérapie et 8 % dans le groupe surveillance (p < 0,001).

Sur la fonction sexuelle, la prostatectomie a également été le traitement le plus délétère versus les deux autres groupes. Par exemple, à la randomisation, 61 % des patients de chaque groupe déclaraient avoir une érection suffisamment ferme pour avoir une relation sexuelle « normale ». À six mois, ce taux est passé à 52 % dans le groupe surveillance, 22 % dans le groupe radiothérapie et 12 % dans le groupe prostatectomie : p < 0,001. Cette différence significative a diminué mais a persisté pendant 6 ans, accompagnée d’une altération significative de la qualité de vie sexuelle spécifique.

⇒ Sur les troubles intestinaux (incontinence, rectorragies), la radiothérapie a été significativement plus délétère que la prostatectomie ou la surveillance pendant 6 ans : p < 0,001.

⇒ Enfin, en termes de qualité de vie globale (SF-12 physique et mentale), d’anxiété et de dépression (échelles HADS), il n’y a pas eu de différence significative entre les trois groupes.

COMMENTAIRES

Financé par le système de santé britannique, le programme ProtecT est pertinent et très original.

Pertinent, car il répond à la question du traitement du cancer localisé de la prostate le plus efficace en termes de mortalité.

Original, car il a couplé l’éventuel bénéfice en termes de mortalité aux conséquences des traitements et à la qualité de vie des patients dans un essai randomisé comparatif direct, ce qui est très rare. Ses résultats sont fondés sur une méthode et une analyse statistique rigoureuses et solides malgré les difficultés à suivre plus de 1 600 patients pendant 10 ans.

⇒ Côté cancer, ProtecT montre qu’il n’y a pas de différence entre prostatectomie, radiothérapie et surveillance rapprochée sans traitement en termes de mortalité liée au CLIP et de mortalité totale. Au passage, la mortalité à 10 ans du CLIP dans le groupe « témoin » sans traitement n’a été que de 1,5 %. En revanche, il y a eu une augmentation significative de la progression de la maladie (20,6 % vs 8 %, NNT = 8) et de l’apparition de métastases dans le groupe surveillance (6 % vs 3 %, NNT = 34).

Côté patients, la prostatectomie radicale a multiplié par 10 (NNH = 3) le risque d’incontinence urinaire à 6 mois et par 2 à 6 ans (NNH = 12). Elle a divisé par 4 (NNH = 3) la possibilité à 6 mois d’avoir une érection suffisante pour un rapport sexuel « normal » et par 2 à 6 ans (NNH = 8). Par ailleurs, la radiothérapie a significativement augmenté le risque d’incontinence fécale (NNT = 240) et de rectorragies à 6 ans (NNH = 24).

⇒ Malgré tous ces inconvénients désagréables dans la vie quotidienne, il n’y a pas eu davantage d’anxiété et de dépression dans les groupes traités, ni d’altération de la qualité de vie globale, ce qui témoigne de l’extraordinaire capacité d’adaptation des patients.

⇒ Le fidèle lecteur généraliste de cette rubrique peut légitimement s’interroger sur l’intérêt du programme ProtecT pour sa pratique quotidienne. Il a raison car, dans la majorité des cas, ce n’est pas lui qui assume la présentation du ratio bénéfice/risque des stratégies thérapeutiques disponibles pour un patient atteint de CLIP (c’est plutôt l’urologue qui devrait le faire). Cependant, le patient pourrait poser des questions à son médecin traitant.

⇒ Le rédacteur habituel de cette rubrique a choisi ProtecT, car ses résultats argumentent idéalement et scientifiquement le concept de la décision médicale partagée avec le patient.

Le discours loyal et honnête à l’égard du patient pourrait être le suivant :

« Cher monsieur K., vous avez un cancer localisé de la prostate, mais ce n’est pas si grave. Quel que soit le traitement que vous choisirez, y compris aucun avec une surveillance assidue, cela ne changera pas votre risque de mourir dans les
dix ans à venir. Cela étant, si vous choisissez de ne pas vous traiter, le risque (en valeurs absolues) d’évolution de votre cancer et celui de métastases passe de 8 % à 20 % pour le premier et de 2 % à 6 % pour l’autre. Parallèlement, si vous vous faites opérer, le risque que vous soyez incontinent urinaire pendant 6 ans passe de 8 % à 17 %, et celui que vous soyez impuissant de 16 % à 30 %. Si vous choisissez la radiothérapie, le risque que vous soyez incontinent pour vos selles pendant 6 ans passe de 13 % à 15 % et celui que vous ayez régulièrement du sang dans vos selles de 1 % à 6 %. Tout cela sans diminuer votre risque de mourir, ni altérer votre qualité de vie. Qu’en pensez-vous ? ».

⇒ Devant ce tableau factuel, QUI doit prendre la décision :

le médecin selon son opinion et ses valeurs,

ou le patient

selon son projet de vie et ses préférences ?

BIBLIOGRAPHIE

1- Holmberg L, Bill-Axelson A, Helgesen F, & al. A randomized trial comparing radical prostatectomy with watchful waiting in early prostate cancer. N Engl J Med 2002;347:781-9.
2- Bill-Axelson A, Holmberg L, Garmo H, & al. Radical prostatectomy or watchful waiting in early prostate cancer. N Engl J Med 2014;370:932-42.
3- Wilt TJ, Brawer MK, Jones KM, & al. Radical prostatectomy versus observation for localized prostate cancer. N Engl J Med 2012;367:203-13.
4- Wei JT, Dunn RL, Litwin MS, Sandler HM, Sanda MG. Development and validation of the Expanded Prostate Cancer Index Composite (EPIC) for comprehensive assessment of health-related quality of life in men with prostate cancer. Urology 2000;56:899-905.

 

Source : Le Généraliste n°2784

vivre-et-vaincre-le-cancer-un-secret-a-partager-psychotherapie-addiction-sexuelle-dependance-boulimie-f-duval-levesque-psychopraticien-hypnotherapeute-coach-toulouse-tcc-hypnose-mal-etre

« Parler tout le temps des problèmes physiques ce n’est pas une solution. Faire partie pleinement de la vie sociale, ça c’est important »

Depuis plusieurs années, Philippe Bataille et Sandrine Bretonnière animent des groupes de réflexion rassemblant des personnes atteintes du cancer.

Du premier diagnostic à la guérison, chaque étape du parcours de soin apporte son faisceau de questionnements et de relations bouleversées.

Comment le cancer modifie-t-il chaque contexte du quotidien ?

Comment nous rend-il paradoxalement plus forts ?

Faisant la part belle aux innovations médicales et au développement des nouvelles structures d’accompagnement, cette enquête vivante et cathartique s’adresse à tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par la maladie.

Ce livre-témoignage est très intéressant et il permet aux lecteurs non touchés pas cette maladie de voir mieux la façon de vivre des victimes. Il est tellement bien documenté qu’il permet aux malades et à leurs proches de voir le bon côté (si c’est possible) de cette maladie et de parfois trouver l’espoir d’y croire.

Le lecteur se trouve embarqué dans une réunion (comme celle des alcooliques anonymes) avec des malades et leurs entourages.

Chacun prend la parole.

Nous commençons par écouter chaque malade et sa façon d »avoir découvert son cancer. Nous poursuivons en faisant connaissance avec les différents traitements possibles, puis la façon de « bien vivre » son cancer.

Les patients nous aident ensuite à comprendre comment croire en un avenir, pour finir par donner envie à chacun de nous d’y croire et d’espérer une guérison de plus en plus possible année après année…

Bien sûr, chaque cas est différent, certains découvrent leur cancer bien trop tard, d’autres au tout début de la maladie… Mais les témoignages sont tous emprunts d’espoir.

Un récit documentaire bien fait, rapporté après des années de travail et de suivi des patients…

Une vraie note d’espoir!

Philippe Bataille a notamment publié « Un cancer et la vie » aux Editions Balland (2003) et « A la vie à la mort » aux Editions Autrement (2012). Sandrine Bretonnière est membre du Centre d’éthique clinique (Hôpital Cochin-AP-HP, Paris). Préface d’Axel Kahn, Président du Comité Ethique et cancer.

Source: « Vivre et vaincre le cancer« , de Philippe Bataille et Sandrinne Bretonnière, édition Autrement

Page suivante »