traumatisme


Le magazine d’investigation de France 2 s’est intéressé aux méthodes managériales de sociétés qui s’avèrent dangereuses pour les équipes.

Deux cent cinquante colis par heure, soit un toutes les quatorze secondes. L’équivalent de six voitures soulevées par jour !

Des journées de travail que même Charles Dickens n’aurait pas osé dépeindre. Il s’agit pourtant du quotidien des salariés des entrepôts du géant allemand de la distribution, Lidl.

Là où, pour sa rentrée, « Cash investigation » a choisi de mener l’enquête.

Derrière le succès de ces deux entreprises, se cachent parfois des méthodes de management ravageuses.

Images et témoignages décrivent avec précision comment ces enseignes réduisent leurs employés à l’état de « semi-machines ».

Ainsi que dans l’arrière-boutique d’une autre grande entreprise, celle de téléphonie mobile Free.

-> Chez Free, c’est plutôt chacun sa tâche, mais surtout pas de vagues. Au risque de se retrouver sur la liste noire des employés les plus récalcitrants.

Pour le fleuron français de l’Internet et de la téléphonie, un employé récalcitrant, c’est celui qui débraye. Comprenez : qui exerce son droit de grève.

Après trois heures de débrayage cumulées, le salarié risque son poste. Dans un centre d’appels en région parisienne, leur nombre a été divisé par deux en un an. Un chantage à l’emploi que Free exerce aussi au Maroc où elle emploie 1 800 personnes. En avril 2012, un centre d’appels de Casablanca s’est mis en grève pour protester contre ses conditions de travail et pour l’ouverture d’un syndicat. Parmi les contestataires, plusieurs ont été licenciés.

L’enquête chez Free auprès des salariés employés dans les centres d’appels, ceux que Xavier Niel appelle les « ouvriers du XXIe siècle », met en exergue une répression du droit de grève et du droit syndical, notamment au Maroc.

« (…) qu’il a travaillé chez Mobipel en région parisienne, un centre d’appels qui est une filiale à 100% de Free. Fin 2014, des salariés ont fait un débrayage de trois heures. Par la suite, il lui a été demandé de faire une liste de ceux qui avaient débrayé et de les transmettre à la direction. Pour ces derniers, il leur sera quasiment impossible d’évoluer vers des postes à responsabilité. D’autant que la directrice des centres d’appels de Free a envoyé un mail aux représentants syndicaux où elle va leur dire que désormais, le site est considéré comme sensible et qu’ils vont arrêter les recrutements. Pendant quelques mois, les recrutements vont s’arrêter et les effectifs mois après mois vont fondre. Trois ans plus tard, les effectifs ont été divisés par deux », raconte Sophie Le Gall qui a fait une demande d’interview de Xavier Niel auprès du service de presse d’Iliad. « Hélas il n’a pas accepté », déclare-t-elle. C’est donc Maxime Lombardini, le numéro 2 de Free qui a accepté de répondre ce soir aux questions d’Elise Lucet.

-> Lidl et ses 1 530 enseignes en France sont sortis du hard-discount en bouleversant le fonctionnement de leurs magasins comme celui des entrepôts.

« Dans cet univers ultra-concurrentiel de la grande distribution, des entreprises comme Lidl mettent en place des nouvelles façons de travailler pour augmenter la productivité des salariés. Avec le système de caisses à triple scannage, une caissière doit passer 30 articles par minute et la question qu’on doit se poser, c’est à quel prix? Quand vous scannez des produits toute la journée, les risques de contracter des TMS (Troubles musculo-squelettiques) sont très forts. Au début de l’enquête, on a réussi à se procurer un rapport commandé par le comité d’entreprise qui scrute tous les éléments chiffrés chez Lidl. Un chiffre nous a particulièrement frappés : en 5 ans, Lidl a licencié plus de 2.200 salariés pour inaptitude au travail avec seulement 22 reclassements. Comment est-ce qu’on fait pour arriver à un chiffre aussi élevé et pourquoi Lidl ne reclasse pas ses salariés ? Or, une partie d’entre eux sont devenus inaptes au travail. Des caissières nous ont raconté la difficulté de retrouver du travail quand on a le poignet qui lâche ou les cervicales totalement abîmées. Qu’est-ce qu’on fait après ? Qu’est-ce qu’on fait de ces salariés qui ont été usés par le travail ? »

« O.K., 2-3, répétez », tel est le dialogue qui revient en boucle, par une oreillette, entre un préparateur de commandes Lidl et… le logiciel informatique. Celui-ci, considéré par l’entreprise comme un GPS permettant des gains de productivité, est plutôt vu par les salariés comme un enfer. Il faut dire que c’est leur seule interaction de la journée, pour éviter de les détourner de la cadence qui leur est imposée.

L’équipe de Cash Investigation a infiltré un journaliste dans un entrepôt qui a travaillé pendant cinq semaines au rythme du management Lidl.

« L’idée, c’était vraiment de pouvoir comprendre ce qu’était ce métier de préparateur de commandes. Ce sont principalement des hommes qui toute la journée portent les colis qui vont être acheminés dans les magasins. Ce qui nous a permis de vraiment comprendre ce métier. Chez Lidl, les préparateurs travaillent avec une commande vocale. Sept heures par jour, vous avez un casque sur la tête qui vous dicte ce que vous devez porter, dans quel rayon vous devez aller et toute la journée, vous échangez avec cette machine, répétant jusqu’à 3.600 fois le mot « ok », sachant que le salarié n’a le droit qu’à 47 mots pour répondre à cette commande vocale. Nous, ce qu’on voulait, c’était vivre de manière subjective ce travail. On a vu des études menées par des chercheurs qui s’inquiètent de ces méthodes de travail, qui certes augmentent la productivité dans les entrepôts, mais il y a un effet de robotisation sur les salariés, une déshumanisation du travail. Lidl nous avait assuré qu’il n’y avait pas d’objectifs de cadence à tenir et on découvre une toute autre réalité quand on se fait embaucher chez Lidl. Il y a une forme d’isolement du salarié qui est toute la journée en contact avec cette commande vocale, sans pouvoir échanger avec ses collègues ».

Ce système a été mis place en 2012, lorsque l’enseigne est sortie de son modèle hard discount en France, un positionnement qui ne rapportait plus assez de parts de marché après vingt ans de croissance ininterrompue. Il fallait alors impérativement réagir. Et de quelle manière…

Déjà connue pour la polyvalence à outrance de ses caissiers, qui entre deux clients enfilent le costume de magasinier pour faire de la mise en rayons, Lidl semble aller encore plus loin pour gagner en productivité. Poussant même certains de ses salariés au suicide. Comme Yannick. Cet agent de maîtrise de 33 ans s’est donné la mort en juin 2015 dans son entrepôt, près d’Aix-en-Provence, alors qu’il assumait seul depuis plusieurs semaines le travail de trois personnes.

-> Selon l’enquête « Parlons travail », réalisée par la CFDT auprès de plus de 200 000 travailleurs, les chiffres sont alarmants :

  • un quart des salariés vont travailler avec la boule au ventre, plus d’un tiers affirment avoir fait un burn-out, et 43 % ressentent des douleurs à cause de leur métier.

Ce numéro de « Cash investigation » met subtilement en lumière les abus du lean management, qui vise à la participation de l’ensemble des employés d’une entreprise à la lutte contre le gaspillage, en chassant tout ce qui produit de la « non-valeur ajoutée » (méthode née au sein des usines Toyota dans les années 1970).

On regrette cependant le trop-plein de mise en scène qui, sur un tel sujet, dénature parfois la gravité du propos.

Travail, ton univers impitoyable, de Sophie Le Gall (Fr., 2017, 120 min). France 2, mardi 26 septembre à 21 heures

Sources: lemonde.fr, challenges.fr

 

« Non, jamais dans la balance de la connaissance,

le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant

qu’une étincelle de sympathie humaine »

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Aimé Césaire

Une psy à l’écoute des malades, de leurs familles et des soignants !

Ils ne pensaient pas que c’était possible et pourtant, le gars en blouse blanche s’est agité tel un sémaphore tout en prononçant les mots tant redoutés : « c’est un cancer ».

Cette première consultation a marqué le début des pérégrinations de Marie, Sophie, Roland, Pierre, et tant d’autres au cours de ce trek sur le chemin de la guérison tant espérée.

Valérie Sugg raconte la période des bilans qui précède l’annonce, le choc des mots et le poids des radios, les angoisses qui prospèrent, les doutes que l’on pourchasse, les questionnements qui tournent en boucle comme un vieux vinyl rayé. Après il y a les traitements proposés analogues à un catalogue de voyage… pour le pays du cancer.

Cancer, sans tabou et trompette, psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien, hypnothérapeute, coach, Toulouse, TCC, hypnose, mal-êtreOn est loin des Bahamas ou des Maldives pour la destination de rêve, et la plongée sera moins touristique. Le cancer ne donne pas vraiment le choix, se soigner est la priorité.

Heureusement, ce chemin est aussi ponctué de rires, de rencontres, de joies, de victoires aussi. Les équipes soignantes sont là, telles des poissons-sherpas tentant de faciliter la progression de chacun avec finesse… ou pas !

Il y a aussi toutes ces choses vécues mais non dites, certains sujets niés ou pas toujours entendus tels que la sexualité, la peur de l’avenir, les douleurs et leurs seuils d’acceptation ou non, l’inquiétude de redevenir ou pas comme avant, ces émotions extrêmes que chacun ressent et qui ne se résume pas à l’organe touché.

Valérie explore aussi la relation aux proches, aux soignants et la fin des traitements, l’angoisse de la récidive, et parfois la fin de vie.

Ce livre est un hommage à tous ceux qui traversent ou ont traversé cette épreuve, un hymne à leur vie, à la vie.

A lire !

Regardez l’interview de Valérie Sugg en cliquant ici.

Qui est l’auteur ?

Valérie Sugg, psycho-oncologue, accompagne depuis près de vingt ans, au sein d’un service de cancérologie hospitalier, les personnes atteintes de cancers ainsi que leurs proches. C’est aussi une passionnée de voyages au bout du monde à la rencontre d’autres cultures, mais aussi de photographies mettant en exergue la beauté du monde.

Source: « Cancer, sans tabou et trompette« , de Valérie Sugg, éditions Kawa

Ecoutez Luc vous parler:

« Ce livre est d’abord destiné à tous ceux qui ne veulent pas aller voir les thérapeutes.

Les personnes « allergiques aux psy », qui souhaitent se débrouiller par elles-mêmes sans devoir raconter leur vie à un inconnu. C’est ce dont j’aurais rêvé à l’époque où j’étais terriblement timide.

Je me trouvais alors dans l’incapacité non seulement d’aller consulter mais d’oser faire la démarche.

Je suis un homme, et, en tant que tel, comme les autres de ma génération, j’ai été éduqué selon l’idée qu’un homme ne pouvait pas demander de l’aide. En tout cas, c’était ma façon d’être auparavant.

C’est pourquoi j’aurais adoré avoir un livre comme celui-ci, qui explique comment se libérer soi-même de ses hyper-réactivités et notamment, en ce qui me concerne, de ma timidité maladive.

J’aurais rêvé d’un livre qui m’aurait libéré de mes émotions étouffantes, qui m’aurait aidé à vivre en harmonie avec les autres afin de pouvoir enfin être heureux et aider les autres à mon tour.

Je vais donc développer dans ce livre Auto-NERTI, la technique NERTI :  (entendez Nettoyage Émotionnel Rapide des Traumatismes Inconscients) ; technique dont je délivre ici la synthèse, et grâce à laquelle vous allez pouvoir, vous aussi, vous débarrasser de toutes vos réactivités anormales (phobies des araignées, de conduire, de l’eau, des changements, des gens, etc.). Vous apprendrez aussi à vaincre la timidité, la peur de l’autre.

Vous pourrez sortir de votre isolement social qui vous empêche d’avoir une vie normale et équilibrée.

Vous vous libérerez de vos attaques de panique et de toutes autres réactions émotionnelles anormales et exagérées. Toutes ces réactions que vous n’arrivez pas à contrôler, celles que vous essayez plus ou moins de gérer, parfois depuis de trop nombreuses années !

Et souvent, ce n’est pas faute d’avoir essayé, avec tous les moyens à votre disposition, mais vous sentez bien que vous ne vous en sortez pas vraiment ! ».

Quelques aspects pratiques: tout d’abord, pour nettoyer la méthode traumatique il faut laisser ses sensations s’exprimer.

Il ne s’agit ni d’émotions, ni de pensées mais de ressentis du corps régis par le cerveau reptilien. Celui-ci a enregistré au cours de votre vie des traumatismes et les a assimilé à des situations de dangers (de mort). La méthode Nerti s’appuie sur l’instinct du cerveau humain. L’idéal est de pratiquer à chaud cette méthode, en direct face à votre angoisse, là où l’on réagit de manière disproportionnée.

La première question à se poser est : « qu’est-ce que cela fait dans mon corps ». Il ne s’agit pas de rationaliser les sensations, juste de les vivre pleinement en les acceptant. Ne luttez pas contre votre corps, laissez votre coeur battre à tout rompre, vos mains trembler etc. Pour se débarrasser de ses peurs, il faut lâcher-prise et accepter les sensations désagréables car elles s’atténueront naturellement. Il faut aller jusqu’à ce fameux « verrou », là où se niche la clé qui vous délivrera de votre problème. Il est nécessaire de permettre à la mémoire traumatique de se dérouler…

Qui est l’auteur ?

Luc GEIGER est psychothérapeute, coach anti-stress, formateur en sophrologie, en cohérence cardiaque et en Techniques de Nettoyage émotionnel. Il est aussi le concepteur de la méthode NERTI (Nettoyage Émotionnel Rapide de Traumatismes Inconscients), auteur du livre du même nom. Certifié master Coach, maitre praticien en PNL (Programmation Neuro Linguistique), en Sophrologie, en Hypnose Ericksonnienne (thérapeutique), en EFT (Emotionnal Freedom Technique), IMO (Intégration par les Mouvements Oculaires), CNV (Communication Non Violente),  en TIPI (Technique d’intégration des peurs inconscientes),  EMDR

Pour aller plus loin: www.nerti.fr

Source: « avec NERTI, c’est fini !« , de Luc Geiger, éditions Serene

accompagner-en-justice-lenfant-victimeUn enfant a été maltraité, ou l’a peut-être été.

Certains adultes n’ont rien vu ou auraient préféré ne rien voir.

Mais, le plus souvent, chacun s’émeut, s’active, s’agite, s’énerve parfois, pour bien faire, pour mieux faire, pour trouver sa place et jouer son rôle au plus près de cette jeune victime.

Et, très vite, tout devient compliqué.

L’enfant victime peut chercher, par exemple, à se montrer fidèlement attaché aux modes de relation qu’il a éprouvés et acquis avec ses parents ou avec les autres adultes, voire avec les autres enfants, qui l’ont maltraité.

Violences, rapports de force, provocations, position de victime, auto-dépréciations sont devenus pour lui des normes de communication qu’il va peut-être tenter de reproduire avec ceux qui se proposent de l’aider.

Tout professionnel dont l’idéal est de soigner, de protéger, de réparer peut dès lors craindre d’être inconsciemment ou irrationnellement amené à agir à l’inverse de cet idéal, en particulier en institution éducative ou soignante.

Autant dire qu’accompagner un enfant victime est une mission complexe, et ceci à chacune des phases de cet accompagnement.

Elle suppose tout d’abord de renoncer à l’angélisme d’une éducation ou d’un soin eux mêmes expurgés de toute violence, et ne devrait jamais perdre de vue la personne de l’enfant, derrière son statut de victime.

Drames, catastrophes et violences n’épargnent pas les enfants. Ils les ressentent avec d’autant plus de violence qu’ils n’ont pas les ressources des adultes pour comprendre ce qu’ils subissent.

Trop souvent les adultes censés les rassurer et les protéger font défaut. L’expérience du judiciaire pour l’enfant victime est souvent douloureuse et dans certains cas, désastreuse.

Il apparaît donc essentiel que les acteurs de la protection de l’enfance puissent comprendre les enjeux auxquels l’enfant victime se trouve exposé afin de le soutenir au mieux tout au long des procédures.

C’est de ce constat, relayé par les professionnels de terrain, qu’est venu le projet de ce livre afin de permettre à tout professionnel travaillant auprès d’enfants victimes, d’avoir les repères nécessaires pour les accompagner de façon adaptée et respectueuse.

Sommaire

Présentation des auteurs.

Repères juridiques

La protection de l’enfant par ses parents

Les mesures de protection

L’enfant victime

L’audition de l’enfant victime

Les expertises. L’accompagnement de l’enfant victimes

Les « orphelins »

Des professionnels exposés

Croire en un devenir possible

Bibliographie. Coordonnées et ressources.

Biographie des auteurs
Hélène Romano – Docteur en psychopathologie clinique, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme. Elle coordonne la Cellule d’urgence médico-psychologique du 94 et la consultation de psycho traumatisme au CHU Henri Mondor à Créteil, dans le service du Pr Marty. Depuis de nombreuses années elle intervient en milieu scolaire suite à des événements traumatiques et plus particulièrement sur des formations sur les pratiques dangereuses.

Publics
Cet ouvrage s’ adresse en première intention aux professionnels de l’enfance : éducateurs spécialisés, assistants-sociaux, médecins, psychologues, enseignants, conseillers-principaux d’ éducation magistrats, avocats, policiers et gendarmes.
Il concerne donc des intervenants de différentes institutions : scolaire, hospitalière, judiciaire et sociale.

 

Source: « Accompagner en justice l’enfant victime« , sous la direction du dr Romano, éditions Dunod

​Ce soir! Mardi 03 janvier 2017, 20:45 | France 5

Harcèlement sexuel, le fléau silencieux 

C’est un fléau silencieux qu’on réduit souvent à des blagues salaces. 

Pourtant, les psychiatres s’accordent à dire que les traumatismes du harcèlement sexuel peuvent être aussi violents que ceux d’un viol. 

Laury et Gwenaëlle, terrifiées par le patron d’une PME, ont déménagé pour ne plus le croiser et fondent en larmes à l’idée de passer devant leur ancienne entreprise. Cristina tombe en syncope le jour du procès de son ancien directeur, Catherine, qui a subi 11 ans de mains baladeuses et d’humiliations par un ancien maire, ne peut plus rentrer dans une mairie. 

Pendant un an et demi, ce film a suivi la lutte de quatre femmes qui ont dû se battre pour que la justice ne classe pas leur dossier sans suite. 

En France, 20% des femmes sont harcelées sexuellement au travail. Vous aussi ? 

Une étude publiée vendredi par l’association Unafam dénonce l’isolement des familles qui ont des proches victimes de troubles psychiques.

L’association Unafam réunit 12.000 familles de malades psychiatriques.

Pour la première fois, elle publie une étude sur leur perception du système de prise en charge français.

Et le résultat n’est pas glorieux.

Délais de prise en charge trop longs, faible éventail de solutions proposées, manque de formation du personnel médical, d’informations etc. Les griefs remontés par les familles sont nombreux.

Des familles encore trop isolées. L’étude a porté sur 2.800 familles s’occupant de patients victimes de pathologies psychiques sévères, comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires.

Premier constat : seul un tiers des familles a connaissance des instances de défense des intérêts des patients (la Commission départementale des usagers ou la Commission départementales des soins psychiatrique par exemple). Or, dans 75% des familles, l’accompagnement quotidien des malades est effectué par les proches, et pas par une structure médicale. Et dans 30% des cas, les proches cohabitent même avec le malade. Preuve qu’elles se sentent souvent bien seules, 19% des familles se disent « inquiètes » pour l’avenir de leur proche malade et pour leur propre vie, et 16% d’autres se disent « impuissantes ».

En cause notamment : des hôpitaux psychiatriques débordés, notamment parce qu’ils accueillent un grand nombre de malades aux troubles jugés moins « sévères » (la dépression par exemple). L’Unafam réclame le développement de l’habitat partagé, des logements en ville qui accueilleraient des malades et dans lesquels se mettrait en place un accompagnement médical, et social. « C’est un problème invraisemblable, un réel scandale », abonde Jean-Charles Pascal, président d’honneur de la Société de l’information psychiatrique, contacté par Europe 1. « En France, nous ne disposons pas assez de structures. Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, département qui dispose du PIB du Luxembourg, je connais des gens qui vont se faire suivre en Belgique », déplore ce professionnel.

Des délais de prise en charge trop longs. L’enquête révèle aussi que le délai de prise en charge des malades est largement perçu comme « trop long », par 61% des familles. Entre les premiers signes de la maladie et la prise en charge médicale, s’écoule un délai supérieur à un an pour 57% des familles, et supérieur à cinq ans pour un cinquième d’entre-elles. Et pour cause : la plupart des malades (73%) attendent d’être hospitalisés avant d’être pris en charge. L’Unafam souligne notamment le manque de disponibilité (ou de formation) des psychiatres ou des médecins généralistes, qui sont à l’origine d’une prise en charge dans seulement 9 et 3% des cas.

« Les délais d’attente en psychiatrie sont encore très longs, malgré le fait que nous soyons le pays qui dispose le plus de professionnels en Europe », confirme Jean-Charles Pascal. « Les psychiatres sont très mal répartis sur le territoire. En outre, il y a un problème à plusieurs niveaux. Le généraliste, par exemple, n’a quasiment aucune heure de formation en psychiatrie, alors que cela va peut-être représenter 1/6e de sa patientèle », poursuit Jean-Charles Pascal.

Une fois la prise en charge actée, l’Unafam regrette encore que « le suivi s’arrête trop souvent aux médicaments », c’est-à-dire dans 50% des cas. Mais pour Jean-Charles Pascal, sur ce point, « les familles ne se rendent pas toujours compte ». « Nous parlons-là de problèmes psychiatriques très lourds. Le médicament est nécessaire dans neuf cas sur dix. Et je n’ai jamais vu de traitement exclusif aux médicaments. En France, la dimension psychothérapique est très importante », assure le professionnel.

Autre grief remonté par les familles : le jour de la première hospitalisation, seuls 21% des proches rencontrent un service social, alors que celui-ci apporte des « solutions concrètes » pour 61% des familles qui en ont rencontré un. 31% des familles déplorent, également, l’absence de personnel qualifié (psychiatres, psychologues) dans les centres hospitaliers non spécialisés. « On pourrait ajouter la mauvaise réponse aux situations d’urgence. Souvent, lorsque les familles appellent, le Samu ne veut pas se déplacer, les pompiers ne le font que pour des troubles somatiques. Parfois, c’est la police qui intervient… La psychiatrie dispose de très très peu d’unités d’interventions », regrette, enfin, Jean-Charles Pascal.

Des mesures prévues en 2017. « On est arrivé à la fin de quelque chose, il y a un encroûtement de la psychiatrie qui n’a pas saisi des moments où elle aurait dû évoluer […] Petit à petit, le secteur n’a plus fait de visite à domicile ou de prévention », dénonce vendredi dans Le Monde Claude Finkelstein, ancienne présidente de la Fnapsy, une association d’usagers, qui regrette également l’absence d’un service d’écoute 24/24 et les horaires limités (13h-20h) d’ouverture des centres médico-psychologiques.

En réaction aux critiques récurrentes du système psychiatrique français, le gouvernement lancera en janvier prochain un comité de pilotage chargé de la question. La loi Santé prévoit aussi de nouvelles instances de coordination des acteurs sociaux et médicaux, baptisées « communautés psychiatriques de territoire » ou encore « conseils locaux de santé mentale ». De nouvelles propositions sur le parcours de soin sont, enfin, attendues au premier trimestre 2017.

Sources: europe1.fr/sante, lemonde.fr

Peur de manquer : nous sommes tous porteurs de l’angoisse du manque, de la perte, qui nous habite dès notre naissance.

Manque de ce que j’aime, de ceux que j’aime, de la vie, tout simplement.

Elle peut engendrer tantôt une désespérance et un état de deuil paralysant, tantôt une hyperactivité, ou une consommation à outrance de biens matériels, quête illusoire de comblement du vide créé par le manque et la séparation. L’absence et le néant.

psychotherapie-addiction-sexuelle-dependance-boulimie-f-duval-levesque-psychopraticien-hypnotherapeute-coach-toulouse-tcc-hypnose-2Tristesse de manquer aujourd’hui, de manquer un jour de tout ce qui s’est enfui. De tout ce que l’on a « laissé derrière soi ».

Peur aussi « d’avoir manqué » l’essentiel.

Dans nos sociétés riches en possibles, un autre rempart s’élève face à la même angoisse, symptôme lui aussi masqué de la peur de manquer et de l’angoisse du vide : travail trépidant et loisir non moins trépidant.

Lieux et activités où ne demeure aucun blanc, où l’individu se remplit de paroles, de bruit, de jeux, de musique et de rythmes.

Mais il est d’autres modes de remplissage : de l’espace cette fois avec tous les objets conservés pour qu’ils ne se perdent pas, ne meurent pas, ne me manquent pas, eux non plus.

Dans ces deux cas, un rempart est élevé contre le risque de manquer, contre la conscience de l’absence absolue, comme de notre finitude et de la mort.

Partie de l’expérience du trop et du trop-plein, le nouveau livre de Nicole Fabre nous mène dans un passionnant cheminement, jalonné des récits de ses patients et de son expérience de clinicienne. Elle nous conduit à un questionnement existentiel, une quête menée par chacun de nous.

Et nous aide à penser ce manque fondamental que nous cherchons toujours à combler.

Prêt pour ce voyage ?

Qui est l’auteur ?

Nicole Fabre est psychanalyste, psychothérapeute d’enfants et enseignante. Son travail, développé dans une vingtaine d’ouvrages, se porte notamment sur la souffrance des enfants et sur l’analyse du « rêve éveillé » qu’elle a pratiqué auprès des plus jeunes. Elle est co-fondatrice du GIREP, Groupe International du Rêve Éveillé en Psychanalyse, et actuellement professeur au Centre de Sèvres. Parmi ses publications : Blessures d’enfance (Albin Michel, 1999) ; Au miroir des rêves (Desclée de Brouwer, 2001) ; L’Inconscient de Descartes (Bayard, 2003). J’aime pas me séparer a été édité une première fois en 2002, chez Albin Michel, à paraître chez In Press.

Source: « Peur de manquer, l’angoisse du manque« , de Nicole Fabre, éditions In Press

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