Le mouvement de libération de la parole des femmes, provoqué par l’affaire Harvey Weinstein, a atteint le monde de la musique, où plusieurs hommes ont été accusés de harcèlement et d’agression sexuelle.

Ce mardi 24 octobre, la chanteuse Alice Glass a témoigné sur son site de nombreux abus commis par son ancien partenaire Ethan Kath. « La première fois qu’il a abusé de moi j’avais environ 15 ans. Il avait dix ans de plus que moi », a-t-elle écrit.

Alice Glass et Ethan Kath ont formé pendant plusieurs années le groupe de musique électronique canadien Crystal Castles, qui a récolté un succès critique et une réputation sur la scène indépendante.

La musicienne a quitté le groupe en 2014, un départ motivé, explique-t-elle désormais, par les violences subies : harcèlement moral et sexuel, viol, agressivité…

« Je n’avais pas le droit d’avoir mon propre téléphone ni ma propre carte de crédit, il décidait qui étaient mes amis et lisait mes e-mails privés, restreignait mon utilisation des réseaux sociaux, et surveillait tout ce que je mangeais. »

Plusieurs concerts du groupe – qui continue d’exister sans Alice Glass – ont été annulés, selon le site spécialisé Pitchfork, et Ethan Katz a nié en bloc les accusations de son ancienne partenaire de scène.

Jeordie White, le bassiste et guitariste du célèbre chanteur de metal Marilyn Manson, a été renvoyé du groupe, à la suite d’accusations de viol portées contre lui, a annoncé le chanteur mercredi.

Dans un long témoignage, la musicienne Jessicka Addams, du groupe Jack Off Jill, a accusé M. White, surnommé « Twiggy Ramirez » au sein du groupe, de viol et de comportements violents et abusifs. Elle explique également qu’à l’époque des faits, son label l’a persuadée de ne pas raconter l’histoire publiquement, sans quoi la carrière de son groupe serait compromise.

Deux autres musiciens, de la scène indépendante, ont été rattrapés par des accusations depuis le début de l’affaire Weinstein.

Le magazine américain SPIN a récemment appris que Matt Mondanile, ancien guitariste du groupe Real Estate, avait quitté le groupe en 2016 en raison d’accusations de « traitement inacceptable des femmes ». Dans le même magazine, plusieurs femmes ont témoigné contre le musicien, relatant des scènes d’agressions sexuelles répétées.

Mercredi, la musicienne indépendante Julia Holter a témoigné publiquement, décrivant Matt Mondanile comme un homme qui « n’a pas de limites ». « Le harcèlement moral était tel que j’ai du faire intervenir un avocat », a-t-elle expliqué.

Après avoir initialement rejeté, en 2016, des accusations similaires, Matt Mondanile s’est récemment excusé pour son « comportement inapproprié ».

Le Canadien Alex Calder, ancien musicien de Mac DeMarco, a été renvoyé de son label, Captured Tracks pour des raisons similaires. « Une accusation d’agression sexuelle contre Alex Calder nous est récemment parvenue (…) nous ne travaillons plus avec lui (…) et nous ne sortirons pas son album, qui était prévu le 20 octobre », a détaillé le label dans un communiqué.

Source: lemonde.fr

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Qui sait que 81 % des victimes de violences sexuelles ont subi les premières violences avant l’âge de 18 ans ?

Qui sait qu’une femme sur 5 et un homme sur 14 ont subi des agressions sexuelles dans leur vie ?

Que plus de 250 000 viols sont commis chaque année en France, essentiellement par des proches, et dans tous les milieux sociaux ?

Qui sait que l’impact des violences sexuelles sur la santé des victimes est majeur à court, moyen et long termes ?

Violences sexuelles…

…stop au déni !

Dénoncer les idées fausses, le déni et la loi du silence, demander que les droits des personnes victimes soient respectés, pour qu’elles soient protégées, reconnues et soignées, donner des outils pour mieux les comprendre et en être solidaires, c’est l’objectif de ce nouveau livre du Dr Salmona qui fournit des réponses claires :

  • aux questions que personne ne devrait plus se poser
  • mais aussi aux questions que tout le monde devrait se poser.

Aujourd’hui encore, très peu de victimes de violences sexuelles sont protégées et prises en charge, rares sont celles qui parviennent à porter plainte.

Et lorsqu’elles y arrivent c’est presque toujours un véritable parcours du combattant pour que soit reconnu ce qu’elles ont subi.

La loi du silence, l’impunité et le manque de solidarité envers les victimes sont la règle.

Un livre qui éclaire d’un jour nouveau

un dossier encore trop souvent tabou.

Une thématique grave abordée de façon simple, pleine d’empathie, qui donne de réels outils pour les lectrices. Et qui peut aider chacune dans son parcours personnel.

Pour aller plus loin, cliquez ici !

Et !

facebook.com/violencessexuellesmurielsalmona

memoiretraumatique.org

stopaudeni.com/

Violences sexuelles 40 questions + réponses incontournables, psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien et hypnothérapeute, TCC

Sommaire

  1. Les questions que tout le monde devrait se poser
  2. Les questions que se posent les victimes de violences sexuelles (le vécu, l’après, les soins, la plainte…)
  3. Les questions que se posent l’entourage (comment savoir, comment protéger, comment soutenir, comment se faire aider…)
  4. Les questions que se pose les professionnels qui les accompagnent (comment se former, comment dépister, comment prendre en charge…)
  5. Comment la société et les pouvoirs publics peuvent lutter (comment lutter contre le déni, comment améliorer la loi, comment améliorer la prise en charge…)
  6. Pour en savoir plus sur la mémoire traumatique et la dissociation.

Biographie l’auteur

Muriel Salmona – Muriel Salmona est psychiatre, psycho-traumatologue, chercheuse et formatrice en psychotraumatologie et en victimologie. Présidente et fondatrice de l’association Mémoire traumatique et Victimologie (www.memoiretraumatique.org), elle a dirigé une grande enquête nationale en 2015 sur l’Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte soutenue par l’UNICEF France. Elle a publié de nombreux articles et en 2013 « Le livre noir des violences sexuelles » (Dunod).

Publics

Toute personne confrontée à cette question: victimes et leur entourage, personnel soignant..

 

Source: « Violences sexuelles: 40 questions-réponses incontournables« , Dr Muriel Salmona, éditions Dunod. Du même auteur: « Le livre noir des violences sexuelles« 

 

Ce nouvel ouvrage entend dénoncer une véritable loi du silence.

Une loi du silence qui empêche les victimes d’être réellement secourues et efficacement traitées.

Un livre document, «Le livre noir des violences sexuelles», qui éclaire, explique et interpelle !

« Dès mes premiers contacts avec l’univers hospitalier, je fus révoltée par l’indifférence et l’insensibilité avec lesquelles beaucoup de médecins traitaient les patients victimes de violences …

Avec cet ouvrage, à la demande et au nom de tous mes patients qui ont participé activement à son élaboration, je vous propose de partager le fruit de toutes ces expériences et de cette recherche, en espérant contribuer à améliorer la prise en charge des victimes de violences, à mieux comprendre les mécanismes psychotraumatiques et leurs conséquences catastrophiques sur la santé et la qualité de vie des victimes, et à prévenir de nouvelles violences » Dr Muriel Salmona (auteur)

Viols, incestes, agressions… La législation française est aujourd’hui très précise et le code pénal particulièrement répressif.

Pourtant, plus de neuf victimes de viol ou de tentative de viol sur dix n’osent pas dénoncer les violences qu’elles ont subies.

Donc seulement 10% des victimes portent plainte et se retrouvent dans le circuit médico-légal (moins de 2% en cas de viols conjugaux).

Par peur de l’agresseur, un proche dans 80 % des cas ; par manque d’accueil médical et social, tant les lésions et les symptômes de ces atteintes profondes à l’intégrité physique et psychique restent méconnus et minimisés. À tel point que moins d’un viol sur trente fait l’objet d’un procès et un sur cent, à peine, d’une condamnation, le plus souvent en correctionnelle, après requalification des faits en ‘simple’ délit d’agression.

Cette minimisation et banalisation du crime de viol, la plus grave des violences sexuelles – reconnue, depuis 2008, comme une arme de guerre par l’ONU – n’est évidemment pas une particularité judiciaire. C’est l’une des traductions du déni général, social et politique, des violences sexuelles, déplore la psychiatre et psychotraumatologue Muriel Salmona. La loi a beau être de plus en plus pointue (définition pénale du crime de viol en décembre 1980 ; jurisprudence du viol conjugal au début des années 90…), le viol reste, en France, comme dans de nombreux pays occidentaux, le « crime presque parfait ».

D’où ce Livre noir, qui, implacablement, renvoie la société française, ses responsables politiques et institutionnels, à leurs dénis. À commencer par le plus terrible : celui des blessures infligées aux victimes de violences sexuelles.

Le viol est un des pires traumas que l’on puisse subir, et qui entraîne le plus d’états de stress post-traumatiques chez les victimes.

Il s’agit d’un exercice de pouvoir et de domination sur autrui, d’une excitation à la haine, d’une volonté de nuire et de détruire qui s’exerce dans le cadre d’une mise en scène où l’autre. Celui qui est violé n’a aucune valeur, ne s’appartient plus, est réduit à un objet, où sa dignité humaine est niée. Le viol s’exerce avant tout sur le lit des inégalités, des discriminations, des dépendances et des plus grandes vulnérabilités.

Chercheuse et clinicienne, le Dr Muriel Salmona expose ainsi avec limpidité et précision les conséquences d’un viol (équivalent, en degré d’atteinte à la personne, à une torture) : même sidération et même nécessité de disjonction cérébrale, face à la peur de mourir, puis même mémoire traumatique, qui faute de soin, fait revivre le calvaire à l’identique, à l’occasion d’un mot, d’un geste, d’une odeur, d’une couleur… liée à l’agression.

Double peine :

L’auteure décrit minutieusement les mécanismes neuro-biologiques, chimiques ainsi que les symptômes physiques et psychiques, toujours douloureux et souvent invalidants, des violences sexuelles : prostration, pertes de mémoire, culpabilisation, sentiment de honte, manque total de confiance, peur…

Autant de témoignages de sa souffrance, qui se retournent le plus souvent contre la victime, qui lui sont reprochés quand ils ne contribuent pas, pour les proches, les médecins, les policiers les procureurs, les avocats, les juges, les médias et, au final, tout un chacun, à douter des faits.

Le livre noir des violences sexuelles existe et c'est bien. Voici pourquoiC’est ce que Muriel Salmona appelle « la double peine », pour les victimes. Les conséquences évidentes de la violence subie, sont en effet institutionnellement et socialement regardées comme autant d’indices de mensonge probable, d’exagération vraisemblable, de déséquilibre personnel, voire de consentement inavoué, sinon de déséquilibre personnel.

En d’autres termes, c’est la victime qui est jugée responsable de ce qui lui arrive.

On invoque sa tenue vestimentaire, ses attitudes, les lieux fréquentés, ses antécédents sexuels ou autres. L’agresseur, lui, se retrouve quasi exonéré de sa violence, habillée de désir provoqué, reconvertie en tentation provoquée, à laquelle il serait, naturellement, difficile de ne pas succomber.

Des soins possibles et efficaces :

Le discours d’excuse et de minimisation est d’autant plus courant que les violences sexuelles, et singulièrement le viol, sont sociologiquement très réparties entre les classes sociales. Si, judiciairement, elles apparaissent comme plutôt ‘populaires’, c’est parce que plus on s’élève socialement, plus on a de moyens financiers et juridiques, plus on a de surface sociale, voire politique, et moins on est menacé.

La dissimulation s’avère par ailleurs plus forte dans les classes aisées, de même que la dénégation, par ‘principe’ social (« ça ne se fait pas »).

Ce déni est efficacement relayé par le tabou de l’intime et l’argument de la ‘sphère privée’, très fréquemment convoqué si une personnalité en vue est mise en cause ou dès qu’il est question de violences commises dans le couple et, plus encore, à l’encontre de mineur-e-s (qui représentent, en France, un peu plus de la moitié des victimes déclarées de viols).

En publiant ce Livre noir, Muriel Salmona espère évidemment contribuer à faire évoluer la prise en compte des victimes qui ont d’abord et surtout besoin d’être sécurisées, entendues, reconnues puis soignées. En plus de 20 ans de pratique, mais aussi de recherche et de travail associatif, la psychiatre et psychotraumatologue en témoigne avec force et conviction.

Mini-interview de l’auteur :

Dès l’introduction de votre Livre noir des violences sexuelles, vous précisez que les violences sexuelles sont en augmentation, et que les victimes sont à 80 % des femmes. Cette situation paraît aberrante dans notre pays, au XXIe siècle…

Dr Muriel Salmona: Malheureusement, les chiffres sont catastrophiques. Toutes les enquêtes le montrent, les victimes sont issues de tous les milieux sociaux et de toutes les catégories professionnelles, et les violences sexuelles sont commises essentiellement par des hommes, par des proches ou quelqu’un de connu par la victime dans 80 % des cas. Malgré le Mouvement de libération des femmes (MLF) et les progrès en matière d’égalité ces quarante dernières années, nous sommes encore loin du compte concernant les violences, les discriminations et les inégalités subies par les femmes en France. Concernant les violences conjugales, 10 % des femmes en ont subi dans l’année écoulée ; pour les viols, les chiffres sont aussi effrayants  : 75 000 femmes sont violées par an, et plus de 150 000 si l’on rajoute les mineures ! Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint en France. Ces chiffres ne se sont pas améliorés, ils ont même augmenté. Nous vivons une réalité absolument impensable dans une société comme la nôtre.

Vous voulez dire que notre société se rend complice de ces violences, en n’écoutant pas assez les victimes et en ne les protégeant pas ?

Dr Muriel Salmona: La réalité des violences sexuelles est l’objet d’un déni massif. Notre société se préoccupe peu des violences subies par les femmes et ne fait rien ou presque pour les dénoncer, poursuivre les agresseurs, ni aider les victimes ! De ce fait, il existe une loi du silence incroyable puisque moins de 8 % des femmes violées osent porter plainte : seuls 2 % des viols conjugaux et des violences sexuelles intrafamiliales font l’objet de plaintes. Et au final, ces plaintes aboutissent à seulement 1,5 à 2 % de condamnations en justice, et la plupart des viols sont transformés en agressions sexuelles ! La gravité de ce crime n’est pas réellement prise en compte dans notre société et l’impunité règne. De plus, les droits essentiels des victimes à la sécurité et aux soins ne sont pas respectés. Les femmes en danger bénéficient rarement d’une protection efficace. Une récente étude montre qu’en Île-de-France 67 % des femmes interrogées ont peur dans les transports en commun, dans leur quartier le soir, ou à leur domicile, contre 34 % des hommes.

Statistiques :

En France, 20,4% des femmes ont subi des violences sexuelles dans leur vie (pour 6,8% d’hommes), 16% des femmes ont subi des viols et des tentatives de viols (pour 5% d’hommes), et 59% d’entre elles étaient mineurs quand elles ont subi ces viols et tentatives de viols (67% pour les hommes) (enquête CSF INSERM, 2008).

Chaque année, les femmes de 18 à 75 ans subissent 83.000 viols ou tentatives de viol (enquête CVS 2010-2012) dont 26.000 au sein du couple (30%). Si on ajoute les filles de moins de 18 ans (puisque 59% étaient mineures au moment des faits), on obtient alors pour les mineures près de 120.000 viols et tentatives de viols par an, soit 203.000 viols en tout.

Qui est l’auteur ?

Dr Muriel Salmona, psychiatre spécialisée dans la prise en charge des victimes, formatrice et chercheuse en psychotraumatologie, présidente de l’association de formation et de recherche Mémoire Traumatique et Victimologie,  elle est également l’auteure de nombreux articles sur les violences conjugales et sexuelles. En 2008 elle a dirigé une étude sur les conséquences psychotraumatiques des violences.

Site  : memoiretraumatique.org 

Blog : stopauxviolences.blogspot.fr

Web : lelivrenoirdesviolencessexuelles.wordpress.com/livre

«Le livre noir des violences sexuelles» de Muriel Salmona, Editions Dunod, 2013