Le sorafenib (Nevaxar), un inhibiteur de tyrosine kinase (TKI), est la seule thérapeutique agréée dans les hépatocarcinomes (HCC) avancés.

Il a été agréé en 2008 sur la base d’une étude pivot mettant en évidence un taux de réponse partielles de 2-4 % – absence de réponse totale – avec une survie totale de 11 mois, rappelle le Pr Olivier Rosmorduc (CHU Saint-Antoine, Paris).

Depuis aucune thérapeutique n’a fait mieux y compris les autres anti-angiogéniques testés.

Or en 2017, pour la première fois depuis 10 ans, deux avancées majeures ont eu lieu.

Dans les HCC avancés naïfs de tout traitement, un nouveau TKI, le lenvatinib (agréé depuis quelques mois dans les cancers thyroïdiens médullaires) a fait la une à l’ASCO…

Nouveaux TKI en première ligne et seconde ligne

Dans une étude internationale de phase III versus sorafénib menée sur près de 500 patients, le lenvatinib est associé à 13,6 mois versus 12,3 mois de survie totale sous sorafénib (1). Et ceci avec un profil de sécurité superposable à celui du sorafénib.

Cette étude de non-infériorité, réussie, lui ouvre donc la voie à une autorisation de mise sur le marché (AMM) en première ligne malgré l’absence de bénéfice en toxicité.

Un autre TKI, le régorafenib, déjà agréé dans le cancer colorectal même s’il est toujours en attente de prix, devrait être bientôt agréé en seconde ligne dans les HCC. En effet dans une vaste étude de phase III menée chez des sujets progressant sous sorafénib, il a permis d’obtenir 10 % de réponse et une augmentation de près de 40 % de la survie totale. A 10,6 mois, on est à 7,4 mois avec les simples soins palliatifs.

Ainsi, une AMM est aussi en cours d’examen à l’agence européenne de médicaments et à la Food and Drug Administartion (FDA) mais en seconde ligne.

Arrivée de l’immunothérapie

Une autre grande avancée en 2017 est la confirmation du potentiel de l’immunothérapie. Présentée elle aussi à l’ASCO, une étude de phase I-II testant l’anti-PD1 nivolumab chez plus de 200 patients en échec au sorafénib ou naïfs, a mis en évidence un bénéfice en seconde ligne dans les HCC avancés liés ou pas à une hépatite virale. Dans cette étude princeps on est à 18 % de réponses : 16 % de partielles plus 2 % de réponses totales.

Chez ces répondeurs la maladie est stable dans 45 % des cas et contrôlée dans 80 % des cas. Et ceci que l’on soit chez des patients naïfs ou en échec après sorafénib. Actuellement la survie totale n’est pas atteinte sachant qu’on est en phase I-II avec escalade de doses, donc à plus de 15 mois de suivi et pour certains à 18 mois.

Une phase II a été immédiatement lancée versus sorafénib. Ses résultats sont attendus à l’ASCO 2018.

Par ailleurs une autre immunothérapie, un anti-PDL1, le durvalumab, a donné de bonnes réponses en phase II versus sorafénib. Il semble avoir un profil de sécurité moins bon que celui du nivolumab dont notamment 20 % de toxicités de grade II-III.

À l’avenir il est donc fort probable que l’on va combiner ces deux types d’immunothérapies, anti-PD1 plus anti-PDL1. Une phase I-II associant trémalilulmab plus durvalumab a démarré.

 

 

Sources : Lequotidiendumedecin.fr, (1) Chen Ann Li . ASCO 2017
(2) Bruix J et al. Regorafenib for patients with hepatocellular carcinoma who progressed on sorafenib treatment (RESORCE): a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial. Lancet. 2017;389:56-66
(3) AB El-Khoueiry et al. Nivolumab in patients with advanced hepatocellular carcinoma (CheckMate 040): an open-label, non-comparative, phase 1/2 dose escalation and expansion trial; Lancet 2017;389:2492-2502

L‘immunothérapie contre le cancer : l’avancée scientifique 2013 selon la revue Science

L’immunothérapie pour le traitement du cancer représente la plus grande avancée scientifique de 2013, selon le palmarès annuel de la revue américaine Science.

joggingAvec les résultats positifs d’essais cliniques publiés cette année, il y a un sentiment de changement de paradigme. L’immunothérapie constitue une manière totalement différente de traiter le cancer en ciblant le système immunitaire, et non la tumeur elle-même. Les oncologues (…) estiment qu’un tournant a été pris et qu’il n’y aura pas de retour en arrière, indique l’éditorial de la revue.

L’immunothérapie agit sur le système immunitaire, dont notamment les lymphocytes T, pour qu’ils s’attaquent aux tumeurs.

À la fin des années 80 par des chercheurs français ont identifié un récepteur sur les cellules T qui les empêchent d’attaquer les tumeurs cancéreuses. Des expériences sur des souris avaient alors montré qu’en neutralisant ce récepteur, ces cellules réduisaient considérablement les tumeurs cancéreuses.

Un premier traitement, l’anticorps monoclonal Yervoy (ipilimumab) de Bristol-Myers Squibb, a été autorisé en 2011 aux États-Unis pour le traitement du mélanome. Dans des essais menés avec 300 personnes dont les résultats ont été publiés en 2013,les tumeurs ont diminué de moitié chez 31% des personnes traitées pour un mélanome, 29% de celles traitées pour un cancer des reins et 17% pour le cancer du poumon.

Le coût de ce médicament est toutefois très élevé : 120 000 dollars américains pour la durée d’un traitement.

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques investissent désormais dans cette nouvelle approche de traitement contre le cancer.

Sources: Psychomédia.qc.ca, Science