souffrance


Les pensées automatiques sont les paroles spontanées que l’on se dit à soi-même sur ce que l’on vit. Ce sont des pensées observables, que l’on peut saisir au vol. Mais qui passent souvent inaperçues.

Dans des états de dépression, d’anxiété ou de colère, les pensées automatiques deviennent typiquement moins objectives et contribuent à maintenir ces états émotifs.

La personne anxieuxe a tendance à voir les choses au pire plutôt qu’à voir le plus probable. Ce qui amplifie l’anxiété et fait voir les choses pire encore !

La personne déprimée a tendance à s’évaluer elle-même, ainsi que son environnement et l’avenir de façon plus négative et pessimiste. Elle se perçoit souvent comme inapte, incapable, indésirable ou indigne. Elle peut percevoir le monde extérieur comme hostile, exigeant ou plein d’obstacles insurmontables et croire que le futur ne réserve que déceptions et difficultés.

La personne en colère a tendance à ne considérer que les éléments qui l’alimentent.

Quelques petits conseils :

L’observation permet d’identifier graduellement ces pensées automatiques. Les mettre par écrit facilite grandement leur évaluation.

Leur évaluation consiste à s’interroger sur leurs véracités, ce qui est plus facile à faire dans un état émotif neutre.

  • Est-ce que des faits objectifs confirment ces pensées ?
  • Est-ce qu’une attention sélective est portée aux seuls faits qui sous-tiennent le point de vue négatif ?
  • Est-ce que des faits objectifs appuieraient un point de vue différent, plus nuancé ou même opposé ?

Dans des états émotifs très intenses, il peut être difficile de développer une pensée plus objective. Le plus aidant peut alors être de se changer les idées afin de briser l’engrenage pensées-émotions.

Se faire aider par un psychotherapeute comportemental et cognitif se révèlera utile. Devinez par qui ? Réponse ici !

L‘association Anorexie-Boulimie Midi-Pyrénées organise une rencontre animée par Daisy Planas (de la clinique Castelviel), le samedi 31 mai 2008, à 15h.

Renseignements : 0561579102 - abmp31@yahoo.fr ou leur site internet : abmp31.canalblog.com

Venez nombreuses !

Les chômeurs boivent, fument et se défoncent plus que les autres. Ce n’est pas une surprise.

C’est, en caricaturant, ce qui ressort du Baromètre santé 2005, présenté hier dans le cadre des Journées de la prévention. Cette enquête indique que plus de 53% des hommes au chômage (39% pour les femmes) fument contre 37,5% chez les actifs (29,6% les actives).

Pour l’alcool et le cannabis, le « sur-risque » serait respectivement de 40% et 80%, selon le fait d’avoir ou pas un emploi. Les résultats diffèrent également en fonction du niveau d’études. Les personnes les plus diplômées, qui ont été il y a quelques années les premières à fumer, sont désormais précurseurs dans l’arrêt de la cigarette. Question de mode et de tendance sociale, selon le Baromètre.

En revanche, les femmes diplômées boivent davantage que les autres, une manière selon l’étude, de se faire mieux accepter dans leur milieu professionnel en adoptant un comportement masculin. Un peu trop simpliste, je pense ! Les vraies raisons sont ailleurs.

Par exemple, ces femmes, souvent brillantes, pourraient s’interroger :

Quand je bois, qu’est-ce que cela m’apporte ?

Quel besoin(s) est comblé ?”

Et identifier les émotions qu’elles ne savent pas gérer, regarder en face leurs sentiments de culpabilité et/ou de honte, etc…

Mettre ensuite à jour les différentes croyances (sur vous, sur vos capacités, sur les causes), mais ceci est un début de thérapie, que l’on peut faire ensemble si vous cliquez ici.

Source : Baromètre santé 2005

Les troubles du comportement alimentaire sont reconnus comme de véritables maladies.

Ce sont des troubles importants : un ensemble de comportements, d’émotions, de pensées et de croyances qui font souffrir la personne malade et son entourage (très souvent, il ne se doute de rien !).

Ces maladies surviennent généralement à la puberté. Elles se développent le plus souvent chez les jeunes filles. Saviez-vous que les garçons sont aussi concernés ?

Vous connaissez les deux formes les plus connus : l’anorexie et la boulimie.

Mais il existe aussi des “troubles atypiques” (hyperphagie, orthorexie) ou “syndrome partiel” du comportement alimentaire. Il faut s’en inquiéter lorsque la préoccupation pour la nourriture et le poids prend une place excessive et entraine des répercussions sur le quotidien.

Et vous devez savoir que 30 à 40 % des syndromes partiels évoluent en anorexie ou en boulimie.

Ces maladies touchent à des angoisses de séparation, d’isolement affectif et physique. Approcher l’âge adulte, cela veut dire prendre des responsabilités. Avoir un corps d’homme ou de femme et assumer sa sexualité. Assumer aussi sa séparation de sa famille pour créer la sienne, etc…

feu intérieur, anorexie, brulure, danger

Tout ceci peut créer d’importantes angoisses pour ces adolescents : ils martyrisent leur corps pour éviter tout cela.

Voici quelques pistes à explorer sur le pourquoi du comment…

  • le manque de confiance. C’est un des grands cercles vicieux, le patient doute de l’amour de l’autre, de ses propres capacités…
  • le perfectionnisme. Il faut que tout soit parfait, immuable sinon on pourrait mal vous juger,
  • le besoin de tout maitriser et la peur de lâcher prise. Cela vient de la peur de se laisser aller à des émotions ou des des désirs incontrôlables, à tort,
  • la perte de l’image de soi,
  • le rejet du désir associé à un sentiment de culpabilité,
  • le rejet de l’image de la femme, de la séduction,
  • la difficulté d’expression verbale et émotionnelle,
  • la tendance à la dissimulation et à la méfiance vis-à-vis de l’autre,
  • l’attachement excessif ou la dépendance à l’un des parents,
  • la peur de ne pas y arriver : à guérir, à vivre…
  • et vous ?

Cher lecteur, tout cela vous est-il étranger ou bien… ? Cliquez ici pour en savoir plus.

Pour connaître l’orthorexie, cliquez .

Le Pr Didier Sicard, président du comité consultatif national d’éthique (CCNE), a rendu les conclusions du groupe de travail sur la situation en France des 350000 à 600000 personnes, enfants et adultes, atteintes de syndromes autistiques.

Le Comité avait été saisi en juillet 2005 par plusieurs associations de familles qui s’élevaient avec force contre les conceptions actuelles de prise en charge en France des enfants et des personnes souffrant d’autisme et contre l’absence ou le défaut de prise en charge éducative des enfants et des adolescents.

“La France connaît, par rapport à de nombreux pays, en particulier anglosaxons et d’Europe du Nord, un déficit majeur”, affirme le rapport.

“Les personnes, enfants et adultes, atteintes de syndromes autistiques et leurs proches sont aujourd’hui encore victimes en France d’une errance diagnostique, conduisant à un diagnostic souvent tardif, de grandes difficultés d’accès à un accompagnement éducatif précoce et adapté, d’un manque de place dans des structures d’accueil adaptées, de l’impossibilité pour les familles de choisir les modalités de prise en charge des enfants, de la carence de soutien aux familles, et de la carence d’accompagnement, de soins, et d’insertion sociale des personnes adultes et âgées atteintes de ce handicap.”

“La France a été condamnée par le Conseil de l’Europe en 2004 pour non respect de ses obligations d’accès à l’éducation à l’égard des enfants souffrant d’autisme, mais cela n’a pas encore entraîné de changement significatif dans la prise en charge éducative de ces enfants”, relève le rapport.

Depuis la loi du 11 février 2005, leur inscription à l’école est devenue obligatoire. “Mais il s’agit souvent d’une scolarisation fictive, réduite à une simple inscription” critique le Comité.

Le rapport s’attarde notamment sur le tort qu’a causé (et continue de causer) l’approche psychanalytique dans cette cause.

“Le drame de l’autisme représente un exemple particulièrement douloureux des conséquences que peuvent avoir des théories sur les causes d’un handicap ou d’une maladie en termes de souffrance humaine et de respect de la personne. Les théories psychanalytiques de l’autisme – les théories psychodynamiques, dont le concept de « forteresse vide (1) » – proposées durant les années 1950 pour décrire et expliquer le monde intérieur des enfants souffrant d’autisme, ont conduit à une mise en cause du comportement des parents, et en particulier des mères, décrites comme des « mères frigidaires », « mères mortifères » dans le développement du handicap”.

“Depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme “troubles envahissants du développement” a conduit à l’abandon de la théorie psychodynamique de l’autisme et de la notion de “psychose autistique” dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine (…)”.

“A cette opposition ancienne et marquée, dans notre pays, entre des conceptions et des approches de nature essentiellement psychanalytique par une grande proportion de psychiatres, et la demande pressante, de la part des associations de familles d’un accès aux approches éducatives et thérapeutiques développées au niveau international, commencent à se substituer, de manière encore trop minoritaire, des formes intéressantes de participation de psychanalystes à des modalités d’accompagnements et de prises en charge multidisciplinaires fondées sur les approches éducatives recommandées au niveau international – un changement dont on ne peut que souhaiter le développement.”

Pour l’heure, les familles sont confrontées à une absence de choix avec des listes d’attente de deux à quatre années.

“En France on a tendance à proposer des solutions d’enfermement, résume le Pr Jean Claude Ameisen, rapporteur de cet avis. “Pourtant ce qui est éthique et humain, ne coûte pas plus cher, comme l’a montré l’expérience de la Suède”, où les grands centres pour autistes ont été fermés, et remplacés par de petites structures plus humaines.”

Le rapport souligne aussi l’importance de soutenir la personne autiste tout au long de la vie. “L’enfant atteint de syndrome autistique deviendra un(e) adolescent(e), puis un(e) adulte, puis une personne vieillissante. Ces évolutions ne doivent pas constituer des périodes de rupture et d’abandon, et l’accompagnement, les apprentissages, le logement, l’insertion sociale et professionnelle doivent être adaptés aux différents âges de la vie.”

(1) Bruno Bettelheim. The Empty Fortress : Infantile Autism and the Birth of the Self. Free Press, 1967

Source: Comité consultatif national d’éthique (CCNE)

Dans son petit classeur rouge, des images de jouets, d’objets en tous genres, de situations symbolisant les toilettes, le coucher, le repas…

Florian, 6 ans et demi, se saisit de l’image de la main (“Je veux”) et l’associe à celle du ressort, en les collant toutes deux sur une bande scratch. Sa phrase ainsi constituée, il la tend à Blandine Bardey, orthophoniste, qui lui donne en retour l’objet désiré. “Florian ne parle pas, mais il arrive à communiquer avec nous grâce à la méthode PECS (Picture Exchange Communication System), un système de communication par échange d’images, explique la jeune femme. Avec cette technique éducative, d’inspiration comportementaliste, il a déjà fait beaucoup de progrès.”

Atteint d’une forme grave d’autisme, Florian est aujourd’hui un garçon calme, serein, qui commence à oser regarder les autres dans les yeux. Rien à voir avec “l’enfant lunaire” arrivé en 2004 à l’hôpital de jour Mosaïques de Lille, un centre spécialisé dans la prise en charge des troubles envahissants du développement. “A l’époque, Florian ne dormait pas, il ne jouait pas et ne mangeait pas, se souvient le docteur Anne-Yvonne Lenfant, pédopsychiatre, responsable du centre. Il restait allongé dans le couloir, blême, comme liquéfié. C’était terrible, car quand vous vous approchiez de lui et croisiez son regard, il s’auto-agressait.”

Pour sortir Florian de la terreur et le “ramener dans la vie”, l’équipe de Mosaïques, qui réunit des médecins, des éducateurs, des enseignants spécialisés, des orthophonistes, a développé une stratégie tous azimuts. Ignorant le dogmatisme qui prévaut souvent dans le monde de l’autisme, où le conflit entre approche psychanalytique et partisans du tout-éducatif est féroce, le centre Mosaïques emprunte sans complexe à tous les courants. “Pour chaque enfant, nous proposons une prise en charge alliant à la fois les outils thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques, explique le docteur Lenfant. Notre conviction, c’est qu’aucune méthode en soi n’est miraculeuse pour faire face à un processus aussi complexe que l’autisme.

Cette approche multidisciplinaire, encore pionnière en France, doit beaucoup au professeur Pierre Delion, chef de service de pédopsychiatrie au Centre hospitalier régional universitaire, qui chapeaute le centre Mosaïques. De formation psychanalytique, le professeur Delion s’occupe d’enfants autistes depuis près de trente ans et a très tôt intégré l’apport des neurosciences. “L’autisme se développe pour des raisons génétiques, comportementales et environnementales qu’on ne connaît pas encore précisément, explique-t-il. Les deux jambes, celle de la psychopathologie et celle de la science, sont donc nécessaires pour le prendre en charge.”

De tout le Nord - Pas-de-Calais, des enfants de 3 ans, parfois moins, viennent avec leurs parents, pour une série de bilans destinés à cerner leur niveau psychomoteur et de langage, leur capacité d’imitation ou de symbolisation. Il s’agit d’évaluer les difficultés et les potentialités de chacun. “Le temps nous est compté car on peut influer sur le processus du développement autistique, principalement avant 7 ans, explique le docteur Lenfant.

“PREMIERS MOTS”

Pour Emma et Lucas (ce prénom a été changé), l’accueil en hôpital de jour a engendré un véritable renouveau. Ces deux enfants ont été pris en charge entre 3 et 6 ans par le docteur Lenfant, en liaison constante avec leurs parents. Des séances de packing” leur ont été proposées, une technique d’enveloppement dans un drap mouillé, très appréciée des enfants et qui leur permet de prendre conscience de l’unité de leur propre corps.

“Emma aimait beaucoup le “packing”, elle se sentait très bien et demandait à y retourner, se souvient sa maman, Bérangère. Cela lui a donné comme une nouvelle impulsion.” “Beaucoup de soins visent à ce que l’enfant puisse apprivoiser son propre corps, explique Pierre, le papa de Lucas. C’est plus tard, en grandissant, qu’ils s’apparentent de plus en plus à l’éducation.”

L’introduction à la méthode PECS, quand ils ont eu 5 ans, a été déterminante pour les deux enfants. “Jusqu’alors, Emma ne parlait pas ou très peu, raconte sa maman. La méthode n’a finalement pas été utilisée car elle a tout de suite déclenché le langage.” “Le premier soir d’apprentissage de la méthode, Lucas est revenu avec son classeur à la maison, et il nous a dit, en utilisant les images : “Je veux des chatouilles, se souvient son père. Ça a été une énorme surprise, un très grand bonheur. Deux ou trois jours après, il disait ses premiers mots.”

Merci à Mme Cécile Prieur, journaliste au journal Le Monde, pour la valeur de ses articles sur la situation del’autisme en France

Définition : L’autisme et les troubles envahissants du développement (TED) se caractérisent par un déficit des capacités de communication et d’interaction. Les autistes présentent des troubles du comportement avec des intérêts restreints, stéréotypés et une peur de l’inconnu et de l’imprévu.

En 2003, l’Inserm estimait à 180 000 le nombre de personnes souffrant de TED. Les garçons sont quatre fois plus touchés que les filles. Le diagnostic est souvent posé à l’âge de 3 ans.

Objectif affiché du prochain plan autisme, annoncé par le gouvernement le 16 mai :

- diversifier les prises en charge et “prendre du recul par rapport à l’approche psychiatrique et psychanalytique” de l’autisme.

Ce programme d’action devrait notamment inciter les directions départementales d’action sanitaire et sociale (Ddass) à financer l’ouverture de structures plus clairement éducatives : “Jusqu’ici, on avait une prise en charge qui n’était quasiment inspirée que par la psychiatrie, affirme Mme Létard (secrétaire d’Etat à la solidarité). Nous souhaitons aujourd’hui qu’il y ait une plus grande diversité de l’offre dans l’intérêt des personnes autistes et de leurs familles.”

Alors que les querelles de chapelle sont toujours vives dans le monde de l’autisme, le gouvernement a réuni, entre novembre et mars 2008, un comité national de suivi, avec toutes les sensibilités, des plus anciennes aux méthodes éducatives plus comportementalistes. Ces nouvelles thérapies ont fait leurs preuves aux USA, Canada et en Europe.

autisme, bulle

“On était arrivé à un point de blocage, il fallait que chacun prenne conscience qu’il faut maintenant avancer”, explique Mme Létard. A l’issue de ces réunions, le gouvernement a clairement pris l’option de favoriser l’expérimentation de structures éducatives : “Il n’y a pas de méthodes supérieures à d’autres et chaque expérience sera évaluée”, affirme toutefois Mme Létard, qui souhaite parvenir “à un consensus sur un socle commun de connaissances et de bonnes pratiques”.

En matière de capacité d’accueil, le gouvernement fera un effort “au moins aussi important” que pour le premier plan autisme (2005-2007), avec la création de 2 800 places. Le fonctionnement des vingt-cinq centres de ressource autisme, créés au niveau régional, sera amélioré : une consultation spécifique d’annonce du diagnostic avec présentation d’un parcours d’aide des familles sera rendue obligatoire. C’est la moindre des choses !

Rappelons qu’en décembre dernier, le comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui avait été saisi en juillet 2005 par plusieurs associations de familles, a rendu un rapport selon lequel “la France connaît, par rapport à de nombreux pays, en particulier anglosaxons et d’Europe du Nord, un déficit majeur.

Les autistes et leurs familles “sont aujourd’hui encore victimes en France d’une errance diagnostique, conduisant à un diagnostic souvent tardif, de grandes difficultés d’accès à un accompagnement éducatif précoce et adapté, d’un manque de place dans des structures d’accueil adaptées, de l’impossibilité pour les familles de choisir les modalités de prise en charge des enfants, de la carence de soutien aux familles, et de la carence d’accompagnement, de soins, et d’insertion sociale des personnes adultes et âgées atteintes de ce handicap”, affirmait le rapport.

Ce dernier s’attardait notamment sur le tort causé (et qui continue d’être causé) par l’approche psychanalytique de l’autisme et sur “la demande pressante, de la part des associations de familles d’un accès aux approches éducatives et thérapeutiques développées au niveau international”.

Et quid de l’accompagnement des parents ? Qui les aidera à mieux supporter leur anxiété, la culpabilité infondée, l’angoisse face à l’avenir de leurs enfants ?

 

Face à un traumatisme quel qu’il soit, vous avez trois façons de réagir :

1) Le travail psychique intervient en premier. Vous essayez de gérer le problème.

2) Si cela ne suffit pas, cela va s’exprimer par votre comportement (colère, rage, etc…).

3) Et enfin, si le traumatisme est trop important par rapport à votre capacité à analyser ou à extérioriser, votre corps peut somatiser et le traumatisme se transformer en maladie.

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Le seuil de tolérance psychique et comportemental varie d’une personne à l’autre. Mais aussi selon les périodes de la vie. Ce qui explique que certaines soient particulièrement sensibles à la somatisation.

 

Bon dimanche à tous mes patients et à mes nombreux lecteurs…

Je suis à Lyon, en consultation, du 4 au 11 février. Auprès de patients atteints de cancer, afin de leur apprendre ce qu’ils peuvent faire de plus pour augmenter leurs chances de rémission / guérison.

Je ne serai joignable qu’au 06 23 39 07 07.

Retour à Toulouse : mardi 12 février 08.

Merci et bonne semaine….

 

Frédéric Duval-Lévesque

 

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Cette nuit, par - 2 degrés, 140 femmes ont dormi sur le trottoir de la rue de la Banque, à Paris, juste en face de la Bourse.

Cela fait cinquante nuits qu’elles dorment là, sous des bâches.

Comment ces femmes en sont-elles arrivées là ?

En regardant le journal télévisé, je me suis posé la question, et je suis allée les voir. J’ai été frappée que, avant même d’engager la discussion, la première chose qu’elles ont faite ait été de me montrer leurs papiers : chacune a intégré l’idée que sa parole n’a aucun poids. Que seules des preuves administratives ont une valeur.

Toutes portaient sur elles ces dossiers vitaux soigneusement compilés : passeports français, cartes et titres de séjour, fiches de paie - elles travaillent -, factures d’hôtel, récépissés du règlement de ces hôtels. Pourquoi dormez-vous dehors plutôt qu’à l’hôtel, leur ai-je demandé ? C’est alors qu’elles m’ont raconté leur sordide quotidien dans des chambres tenues par ce qu’on appelle des “marchands de sommeil”.

Le récit de leurs conditions de vie était inimaginable. Guidée par Jean-Baptiste Eyraud, qui représente l’association Droit au logement (DAL), je suis allée voir ces lieux. Au coeur de Paris, j’ai visité un premier hôtel : 46 chambres, presque autant de familles. Un bouge qui n’a d’hôtel que le nom. On grimpe par des escaliers de bois pourri, les fils électriques affleurent, pendent, les rampes d’escalier sont rafistolées, des ascenseurs ont été volontairement condamnés, des issues de secours sont factices, réduites à leur signalétique… On comprend instantanément pourquoi, quand ces hôtels flambent, il y a peu de chances d’échapper à la mort.

Vingt-cinq personnes, dont onze enfants, ont péri en avril 2005 dans l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra.

Une chambre parmi les autres : 10 m2, où, à touche-touche, on trouve : un lit superposé, un petit matelas à deux places, un lit de bébé. S’y entassent pour vivre - faire les devoirs, manger et dormir - trois enfants de 3, 6 et 8 ans et leurs parents.

Cinquante centimètres entre le mur et le lit, à peine de quoi ouvrir la porte, pour accéder à un lavabo minable équipé d’une pomme de douche. Murs et sols recouverts de carrelage maculé. L’unique prise de courant tient par du Scotch. La fenêtre, minuscule, donne sur un mur qui ne laisse passer aucune lumière, et pas d’air. Comme il n’y a pas de placards, on a bricolé dans l’embrasure de la fenêtre des étagères de fortune, où s’entassent bagages, chaussures, nourriture…

Cette famille vit là depuis un an. Après une errance de six ans d’”hôtels” en “hôtels”.

Il faut imaginer l’enfer de leur quotidien : depuis sept ans ils sont privés de toute intimité. De lumière. D’air. D’hygiène. Les enfants tombent malades, enchaînent les maladies pulmonaires. Trois pneumopathies en six mois pour le petit garçon de 3 ans : des poumons de vieillard, nous dit le médecin qui nous accompagne en regardant ses radios. La chaîne déraille, la cellule familiale menace d’éclater. L’homme ne répond plus à sa femme, la femme à son enfant, l’enfant à l’école.

Toutes les autres chambres sont semblables ou pires. Il y règne souvent une entêtante odeur de souris morte. Vu l’exiguïté des lieux, il arrive qu’une famille soit contrainte de louer une chambre supplémentaire pour improviser un coin cuisine. Les prix varient : deux chambres (soit 19 m2), 3 100 euros par mois ; quatre chambres (soit 30 m2), 7 500 euros.

Ces établissements sont agréés par le ministère du tourisme et la direction générale de la consommation et de la répression des… fraudes ! Et ce sont les services sociaux eux-mêmes qui y aiguillent les familles, en leur donnant une liste de ces bouges, et qui conditionnent le versement des aides à la présentation d’une facture d’hôtel.

Car une grande partie de ces loyers est payée par les aides publiques (aide au logement, aide sociale à l’enfance), tandis que les familles y consacrent la quasi-totalité de leur salaire. A Paris, presque toutes leurs ressources y passent, puisqu’on ne leur laisse que 5 euros par personne et par jour. Ces familles ne mendient pas, les parents gagnent leur vie et paient leurs impôts. Ils sont intégrés dans la vie économique, industrielle, sociale, fiscale. Mais pas dans nos immeubles.

Il est révoltant de découvrir que l’argent public - c’est-à-dire celui de nos impôts - et les modestes salaires de ces familles servent à enrichir les Thénardier du monde moderne, à dégrader la dignité de ces travailleurs et de leurs enfants.

Est-il acceptable que les pouvoirs publics versent chaque année, sans scrupule, plus de 100 millions d’euros à des escrocs cyniques, et maintiennent pendant des années des familles dans des vies d’errance et d’humiliation ?

Et lorsque ces citoyens, collectivement, sortent de leurs ghettos pour réclamer une vie digne, le gouvernement envoie un déploiement spectaculaire de CRS et de gendarmes déloger ces personnes on ne peut plus vulnérables. La porte-voix du gouvernement, la ministre du logement, envoie les CRS en guise de réponse, et exige qu’ils lèvent le campement de la rue de la Banque et cessent d’exhiber cette souffrance dérangeante. “Cachez cette misère que nous ne saurions voir”, ordonnent les Tartuffe d’aujourd’hui.

Quand les pouvoirs publics vont-ils se mettre autour de la table, sérieusement, pour trouver des solutions décentes ?

Qu’attendent-ils pour considérer que le droit au logement est un droit fondamental, aussi précieux que l’éducation et la santé ?

Ce que j’ai vu m’a convaincue de m’engager jusqu’au bout dans ce combat, qui touche 3,2 millions de personnes mal ou non logées. Car des millions d’êtres survivent dans des foyers d’urgence, campent dans des caravanes, vivent dans des bidonvilles, dorment dans des voitures - parfois avec des bébés - ou sont à la rue.

Je salue le courage, l’engagement corps et âme de ces citoyens qui se battent pour ce droit. Au moment où je quittais la rue de la Banque hier soir, une femme me disait : “Je resterai sur ce trottoir, quitte à ce qu’il soit ma tombe.”

 

Emmanuelle Béart

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